Viollet-le-Duc Powa.

Ah c’est beau les sorties de partiels, avec la reprise des cours juste derrière qui s’ouvre sur un cours de compta qui donne mal au crâne. C’est beau aussi parce qu’on peut enfin rattraper son retard en séries et autres trucs hyper important dans la vie genre le ménage et les soldes.
Bref, j’ai enfin pu finir la saison 2 de « Merlin ». Un seul mot : awesome.

Et pourtant Dieu que çà partait mal. La saison 1 ne m’avait qu’assez moyennement convaincue même si prise comme une one shot, elle s’avérait plus que regardable, malgré de très lourds défauts en termes de scénario et de mythologie.
Mais comme je trouve l’accent anglais gravement irrésistible, je m’y suis tout de même remise et finalement, j’ai bien fait.

Bon, qu’on se le dise tout de suite, les défauts de la saison précédente sont toujours là, avec la mission de la semaine alakon, les twists alakon, les incohérences alapelle… Qualitativement, au coup par coup, on n’y a guère gagné, d’autant que les scénarios ont tendance à se répéter de semaine en semaine et que je me surprend très souvent à aller faire autre chose pendant les scènes où je sais que les héros se contenteront de plier le super vilain du moment comme une petite cuillère.

Bon attention, cette saison, tout se paye. Merlin en prend plein sa poire de crétin du début à la fin, ceci n’ayant rien à voir avec les maltraitances d’Arthur. Si la première saison posait les enjeux relationnels entre les personnages, celle-ci est *warning : gros cliché en approche* la saison de la maturité.
Et même si l’on a du mal à croire parfois à certains chemins pris, le faut reconnaître que cela fonctionne, d’autant mieux lorsque le scénario ne touche pas à la mythologie.

Parce que c’est là que la série se révèle souvent la plus faible. Si je devais prendre un exemple marquant, se serait sans doute l’épisode ou Gwen se fait enlever à la place de Morgana, avec l’arrivée chevaleresque, brushing au vent, de Lancelot, suivi d’un roulage de pelle « What the fuck ?!? ». Parce que la série veut à tout prix caser des éléments familiers pour le spectateur, elle se plante parfois en tentant de les imposer au forceps. Le résultat est moche, et sans saveur, et c’est bien dommage considérant les belles réussites qui parsèment cette saison.

Le double épisode « Beauty and the Beast » est un pur bijou d’humour à l’anglaise, bourré de petits moments hilarants et riches en interaction entre les personnages principaux, résolument le tour de force de la série.

Bon, cette saison, il semble que Katie Mac Grath avait mieux à faire que de jouer dans « Merlin », résultat Morgana est très souvent absente et son rôle concentré sur quelques épisodes ma foi bien écrits malgré la forte compression subie par le personnage.
Là, l’adaptation mythologique est justement bonne, parce qu’elle est très libre et qu’elle n’appuie sur des éléments moins emblématiques pour les amateurs du mythe arthurien, et donc sacrifiables.

Nettement plus sombre, cette saison déchire violement les personnages avec lesquels elle se montre sans pitié tout du long : Merlin contraint de commettre un meurtre, Arthur face à son destin, Uther dont l’aura se réduit en peau de chagrin (l’image du roi retranché derrière sa fenêtre comme un pêteux pendant que son prince de fils revient de sa chasse au dragon était le couronnement de cette saison), Morgana emmurée dans ses secrets…
Personne ne sort épargné par ces 13 épisodes qui réservent cependant de très bons moments de comédie.

Par instant, « Merlin » rappelle vraiment « Buffy », et pas seulement à cause d’un acteur que ces deux séries auraient en commun. Les rapports entre Arthur et Merlin évoluent plutôt bien, malgré un début de saison vraiment poussif à ce niveau. Il y a de très amusantes lignes de dialogue entre eux, ainsi qu’avec Morgana, à quelques reprises. Et contre toute attente, le casting tient très bien le choc de la complexification des personnages, de même qu’il s’avère convainquant dans les registres de drame comme de la comédie.
Angel Coulby est sans doute la plus faible du lot, mais sa faible exposition et son rôle plus simple gomment aisément cette légère déficience.
De façon assez surprenante également, j’avais toujours trouvé Colin Morgan (Merlin) au dessus du lot, mais il faut reconnaître que Bradley James (Arthur) est cette saison en tête de peloton, parfois même d’assez loin.

Cette année, le season finale était sans contestation possible supérieur au précédent. Y’a pas à dire, entre la sorcière en carton qui fait pshitt quand on lui crie « Balou Galou » et le dragon manipulateur dont le coup de p*** est une sérieuse atteinte au côté bon enfant que la série se trainait comme un boulet jusque là, il n’y a pas photo. Cerise sur le gâteau, une proto table ronde, mais sans table, assez subtil malgré qu’il s’agisse d’un gros morceau mythologique. J’aimerais tellement voir la série plus souvent sur cette pente, affranchie des codes du genre pour se doter d’un vrai rythme de narration qu’elle n’a pas encore vraiment trouvée, parasitée par ces éléments lourdingues.

L’année prochaine, c’est sûr, j’y serai donc encore, au château du Pierrefonds, même si parfois, quand je regarde cette série, je me dis que Viollet-le-Duc avait prendre des trucs en le restaurant…

Note : ***

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