Le black out numérique

Je crois vous avoir déjà dit que les chiffres et moi ne sommes décidément pas copains. Et bien cette affaire va loin, très loin même puisque après m’être faite fumistée par des Cylons, voilà que j’ai été frappée d’amnésie à l’endroit du film « Numéro 9 ».
Alors la voici, la note de derrière les fagots.

L’univers de l’animation est un genre de monde impitoyable où règne presque sans partage l’empire Pixar, talonné péniblement par Dreamworks, clopinant tout de même quelques coudées derrière.

« Numéro 9 » n’étant ni l’un, ni l’autre, il lui fallait bien trouver un petit quelque chose pour s’assurer une plus value. En l’espèce, celle-ci fut prestigieuse puisqu’elle revenait à associer le oh combien célèbre Tim Burton et le moins connu mais pas vraiment mieux dans sa tête Timur (respirez un grand coup) Bekmambetov.

Entendons-nous bien, si j’ai subi un black out à la sortie de la salle, ce n’était pas par hasard. « Numéro 9 » a des parrains aussi prestigieux qu’il s’avère décevant en terme de contenu. Comme quoi, Tim Burton, ce n’est plus ce que c’était. Comme quoi aussi, être producteur ne veut souvent pas dire grand-chose…

Histoire de ne pas passer pour la vieille aigrie que je suis, je vais tout de suite attaquer parce qui ne va pas.
Le scénario donc, est d’une banalité affligeante, ce qui n’est pas si grave que cela lorsque l’on y pense. Il existe des tas de films aux scénarios banals qui sont de vraies réussites. En vrac : Titanic, Beowulf (Zemeckis), Conan, Hellboy, Die Hard, Gladiator… Et je pourrais multiplier la liste.
Ce qui leur donne de la valeur est premièrement l’ambiance que le réalisateur parvient à créer et le développement des personnages.

Autant « Numéro 9 » se porte bien sur ce premier point, j’y reviendrai plus tard, autant sur le second, on plonge la tête la première en plein stéréotype : héros courageux, copain dévoué, gonzesse qui en a, vieux borné, homme de main sans cerveau…
Chacun des personnages est prévisible à 100% et de ce fait, ne devient jamais attachant. Seul Numéro 9, justement, suscite un minimum d’empathie là où les autres se contenteront d’être à peine distrayants.

Tu n’as pas vu « Numéro 9 » ? Tu es tout perdu dans ta tête ? Alors viens, je vais un peu te raconter l’histoire c’est important pour la suite.
Numéro 9 est une petite poupée découpée dans de la toile de jute qui s’éveille dans un laboratoire désert, au sein d’une cité dévastée. Alors qu’il quitte la maison de son créateur, il va peu à peu découvrir son univers, son histoire et les dangers du monde où il vit, grâce à d’autres créatures comme lui, survivant tant bien que mal aux attaques de monstres issus des ruines d’une usine.

Finalement, « Numéro 9 » est une version animée et un peu plus noire encore du Jugement Dernier que ne l’était « Terminator ».
Dans cet univers, aucun humain n’a pu survivre à la guerre des machines et les corps qui jalonnent le parcours des héros donnent très rapidement le ton. Un ton résolument désespéré, fataliste, pour un monde où seuls subsistent les créatures inventées par l’homme.
Le travail d’ambiance est ici remarquable, orienté vers un public mûr. De même, la création des modes de vie des petites poupées est une vraie mine de trouvailles ingénieuses, renforçant la cohérence et l’incarnation de l’univers.
Quand aux ennemis, ils sont également le résultat de recherches au rendu particulièrement agréable à l’œil.

Il est par conséquent d’autant plus dommage que ni l’histoire, ni les personnages ne suivent ce très bel effort. En résulte cet effet « vite vu, vite oublié ». En plus, il y a nettement trop de chiffres…

Note : *(*)

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