Belgium, one point.

Au contraire de l’Eurovision, je ne saurais être aussi indulgente avec la Belgique. Ou plutôt avec la Belge qu’est Amélie Nothomb, la faute à un énième livre trop loin du niveau de ce qu’elle est capable de produire.

« Le Voyage d’Hiver » est un genre d’insupportable caricature de son style : des noms à coucher dehors, un amour transcendant mais impossible, une passion destructrice et une quête d’absolu.
Pas que la miss est déjà fait vingt fois le tour de ces questions, ah oui, çà pour sûr, on avait vraiment besoin d’un nouveau livre sur le sujet.

Prenez Zoïle, le héros, qui porte son nom comme une croix tout simplement parce que son unique homonyme était un grec qui avait eu le front de critiquer Homère, travaille chez EDF. Au hasard de ses missions, il rencontre deux femmes vivant dans un appartement sans isolation ni chauffage. L’une des deux est une attardée mentale, et çà, il n’aime pas du tout le Zoïle, parce que c’est beurk. Par contre, l’autre semble nettement plus accorte.
Ni une ni deux, le voilà qui se lance dans une cour effrénée au terme de laquelle il apprendra deux choses : son aimée a, oh surprise, un nom à coucher dehors, et leur amour impossible est de ceux qui mènent à des passions destructrices

Vous voyez le topo…

Le plus grave reste sans doute dans le vide sidéral que constitue le reste du roman, entre deux considérations sur les amours transcendantaux et les parents inconscients. Je vais passer sur le twist unbelievable du début de roman « Queuh ? C’est pas la bonnasse qui écrit les livres, c’est la moche ? », emblématique du récit qui se prend les pieds dans le tapi à tout bout de champ, pour passer directement sur le passage aux champignons.

Zoïle est un petit canaillou. Il bosse chez EDF et au lieu de prendre de la cocaïne comme tout le monde, il se fait régulièrement de petits trips à coup de champi boliviens.
Wahou.
Et que je te colle une scène de délire complet sans intérêt, et que je te brasse clichés sur clichés, et que je t’en fasse le point de départ des délires du héros.
Parce que c’est Nothomb, je n’ose même pas dire que ce n’est pas très bien écrit. Parce que c’est elle, et que justement, sa plume, elle sait par quel bout la tenir. Ceci étant dit, son style s’encroute et çà, je le clame, haut et fort : LE STYLE DE NOTHOMB EST TOUT ENCROUTE.
Quel gâchis. Mais je me lamenterai plus tard.

Parce qu’au bout de cette aventure rocambolesque dans un appartement parisien, il y a un attentat suicide, perpétré à coup de bouteille de champagne, dans le but de détourner un avion sur la Tour Eiffel.
Ce ne serait pas Amélie Nothomb, je dirais presque que çà ressemble à une mission de l’Al Quaida des bobos : Al Boboida.
Oh et puis tenez, je le dis quand même : c’est juste idiot. Complètement idiot. Dans le fond et dans la forme.

Tant qu’on y est, je vais aussi tailler un peu plus large, çà ne coute rien. Rien de dire qu’Amélie Nothomb se la joue feignasse depuis quelques temps.
Dans « Journal d’Hirondelle » le héros mourrait sans que l’on sache jamais pourquoi les écrits de la fille qu’il avait assassiné étaient important (et il se suicidait en mangeant du papier, je tiens à le rappeler).
Dans «Le Fait du Prince », le ressort de l’intrigue n’était jamais révélé, sans doute parce que la cave à champagne de Sigrid Liv Olafsdottir était carrément plus intéressante.
Ici, pareil. Il se trouve que c’est très commode pour l’auteur de faire raconter l’histoire par le type qui va commettre l’attentat et par conséquent, ne pourra continuer sa rédaction une fois dans l’avion.
Le résultat, un début de commencement de prémices de tension qui fait pshitt sur la dernière page.

Alors je te le dis, Amélie, bouge toi, secoue un peu tes méninges. Tu sais en faire des intrigues avec dénouements et explications. Tu sais en inventer, des personnages riches avec des motivations un tant soit peu défendables. Même dans gens attachants tu sais faire.

Moi qui m’échine à lire chacune de ses sorties, je sens que cette fois, la coupe est pleine. Il y a des chances pour que l’année prochaine, je fasse l’impasse.

Note : 0 (de qui se moque-t-on ?)

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