Der klein Klaus.

J’espère que vous avez remarqué les efforts démesurés pour me faire comprendre dans la langue de Goethe, sans doute avec d’énormes fautes de grammaire dedans, mais c’est l’intention qui compte en fait.
L’intention, c’est un peu comme l’occasion, elle fait parfois le larron.
Alors dans la vague de revival du « c’était mieux avant » concrétisée mais pas initiée il y a quelques années par « Les Choristes », il fallait qu’un jour quelqu’un s’attaque à ce national et imputrescible monument qu’est le Petit Nicolas.

Le moins que je puisse en dire ne tiendra pas à grand-chose. Le film m’aura laissée un drôle de gout dans la bouche et l’incapacité de dire si je l’ai ou non aimé.
Le gros soucis du « Petit Nicolas » se sont sans aucun doute les enfants. Un sacré paradoxe me direz vous mais moi, non, non, non et encore non, je ne peux pas. Des gosses qui récitent leur texte sans spontanéité aucune, çà fait presque regretter les singes savants à la Dakota Fanning.
Même Jake Lloyd trouverait grâce à mes yeux après un truc pareil.

Pas qu’ils soient fondamentalement nuls, mais ils surjouent, ils n’interprètent rien, « ce sont des enfants, c’est normal », oui, mais non, justement.

Non parce que autant dans « Les Choristes », les gamins pouvaient mal jouer ce n’était pas trop grave parce que le personnage principal, c’était Gérard « Nous sommes tous frères, mdr », Jugnot, et qu’il faisait en quelque sorte écran.

Ici, le casting a presque intégralement moins de douze ans, et ce ne sont pas les quelques adultes qui trainent dans le tableau qui vont relever le niveau. Pas qu’ils soient mauvais, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, mais bref, niveau interprétation, « Le Petit Nicolas », çà suxx grave (parlons jeune, parlons bien).

Et s’il n’y avait que çà… Tiens, je parlais des « Choristes ». Inutile de dire que j’ai apprécié le coup de l’autoréférence du cinéma français au cinéma français, celui d’antan, qui fleure bon les tableaux de craie et l’huile de foie de morue. Dans le genre aveu de tourner en rond, je crois que l’on ne fait pas mieux.
Idem avec l’hommage à Astérix tellement téléphoné que l’on n’y croira pas une seconde, même si on a huit ans.

« Le Petit Nicolas » a un goût d’asceptie trop prononcé pour être honnête. Sans parler des gags qui tombent à l’eau la faute à des acteurs moyens et une réalisation molle du genou, on pourrait revenir sur ces enfants trop beaux pour être vrais, qui ne font que des bêtises tellement énormes qu’elles tombent automatiquement dans le domaine de la fiction pure et dure (le nettoyage de la maison, Nicolas qui s’enferme dans la voiture, l’affaire de l’enlèvement…) au détriment de ce qui faisait le charme du Petit Nicolas version papier : les bastons, les bêtises classiques… bref…, tout ce qui faisait de cette bande un ramassis de gamins normaux et proches du lecteur.
Ici, question proximité on repassera.

Donc si je résume, les enfants passent leur temps à faire des choses « bigger than life » ce qui ne les empêche pas d’être très sages en cours.
Oui, sages.
Dans « Le Petit Nicolas ».
Zut alors. J’avais un souvenir de foire d’empoigne moi dans cette classe, pas d’une bande de parfaits petits écoliers bien sous tout rapport, et qui ne se tabassent même dans un peu dans la cours de récré.

Je suis sortie de la salle avec l’impression d’avoir visionné une relecture maladroite d’une œuvre sur laquelle on n’aura su que projeter des valeurs empruntes de nostalgie, de façon à brosser un portrait en négatif des enfants d’aujourd’hui.
Décidément, adapter, c’est trahir…

Note : *

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