Guess what’s coming for dinner ?

Voilà enfin celui que l’on attendait plus, l’épisode où il se passe des choses, mais des choses vraiment bien.
Un épisode où on frôle l’accident, un épisode où Starbuck manque encore de mourir mais finalement ne meurt pas, un épisode où Roslin remet sa perruque et prend enfin le taureau par les cornes. Un épisode avec une exécution sommaire, un vol de bébé, et un gros morceau de mythologie…

Miam.

Dans les épisodes précédents, le vieux Bill avait décidé de donner un vaisseau à Starbuck quand soudain, what the frak, celle-ci avait tout fait foiré avec ses gamineries habituelles. Pendant qu’Anders s’amusait à défoncer la jambe de Gaeta à coups de bastos, Kara faisait aveuglément confiance à Leoben le Menteur et décidait de se rendre maitresse d’un vaisseau mère cylon afin de pouvoir y causer tranquillement avec l’hybride.
Pendant ce temps là, sur le Galactica, personne ne faisait rien.

Un come back de Starbuck, çà a toujours un petit côté fracassant. Il faut dire qu’elle a toujours su soigner ses entrées, à défauts de ses sorties.
Kara revient donc à la flotte coloniale, telle l’enfant prodigue, avec un gros basestar cylon en remorque.
Une riche idée car enfin, il va se passer quelque chose dans cette saison, puisque faire la paix avec des cylons rebelles n’est pas une décision politique sans conséquences. Tout le monde semble prendre conscience que l’avenir de l’humanité ne pourra s’envisager sans eux, et cela ne plait pas à la majorité.

Alors que politiquement, on retrouve du pur, du vrai Battlestar Galactica, côté cylons, merci pour ce retour aux fondamentaux. Enfin un peu de substance pour eux, au moment où les rebelles se posent enfin la question de la mortalité et de la richesse que recèle cette condition. Ainsi, la mort de Gina était-elle particulièrement touchante.
Les voir pour la première fois réellement devenir humains pose de nombreuses questions. Eux même doivent composer avec ce qui deviendra leur nature, mais les humains, eux, ont un peu de mal à suivre.
Comment instaurer une relation de confiance avec des créatures ayant perpétré un génocide contre vous, puis tenter de cohabiter pour finalement instaurer un régime de terreur et qui finalement vous annonce qu’ils sont entrés en guerre civile contre les leurs ?

J’ai même aimé Roslin dans cet épisode, alors que je croyais la rupture consommée entre elle et moi.
Finis les atermoiements sur sa condition de mourante, enfin un peu de Laura comme à la grande époque, du temps où elle était toujours malade mais carrément moins idiote.
C’est fou, l’autre jour, en regardant un épisode de la saison 5 de Desperate Housewives, j’ai eu une grande révélation sur Laura Roslin.
Laura, c’est Bree. Toutes les deux ont accédé au pouvoir à la responsabilité (ok, Bree est traiteur, elle a la responsabilité de cuire les œufs), et cela les a rendu égoïstes, autoritaires et intolérantes. Jusqu’à considérer que tous les autres, sauf elles, sont des crétins finis.
Je dois vraiment avoir le cerveau fatigué pour avoir besoin de me faire expliquer par Mark Cherry que le pouvoir corrompt tout, et que le pouvoir absolu corrompt absolument tout.

Je tiens aussi à saluer Lee, un jeune homme très reposant. Parce qu’en toute occasion, Lee restera fidèle à son idéal. La rectitude incarnée, le sens de la justice chevillé au corps. Personne d’autre que lui ne pouvait remettre Roslin à sa place avec autant d’aplomb et une telle certitude du bon droit.
Cela faisait bien longtemps que Lee ne m’était pas apparu sous l’étoffe de quelque chose.
Quand il était pilote, c’était à Starbuck que revenait l’étoffe du héros, puis Lee avait endossé celle de Demis Roussos pendant sa période Grappolo, et enfin il s’était totalement décrédibilisé lors de la regrettable affaire de l’aventure extraconjugale à la noix.
Et bien maintenant, Lee ressemble à quelque chose. Je ne sais pas encore à quoi, mais il acquière peu à peu une stature équivalente à celle de son père, dans un registre assez différent. S’il ne fiche pas tout en l’air à cause de Starbuck, peut être même qu’il pourrait finir président.

Et la mythologie alors ? Elle se présente sous la forme d’un fameux rêve prophétique, celui de l’opéra, déjà vu dans la saison 3.
L’opéra est une forme récurrente, un vestige de Kobol. Bon, je crois surtout qu’il ne faut pas chercher midi à quatorze heures avec cette affaire. BSG est une série, il n’y a pas non plus de quoi faire des décors à l’infinie. Donc le bon vieil opéra de la saison 1, autant l’utiliser pour toutes les visions, çà, c’est fait.
Quant à la symbolique cachée, bah disons que les personnages qui apparaissent ont tout bêtement un rôle à jouer dans le destin de l’humanité et des cylons.

Là où çà devient bigrement intéressant, c’est lorsque l’on se penche sur le cas de Baltar. Dans la saison 1 et 2, Ship Six lui envoyait des visions de l’opéra et du berceau d’Hera.
Et le revoici dans cette mise en scène. Ship Six n’est elle pas qu’une création de son esprit ? Peut-elle influencer les autres ? Emane-t-elle d’une entité non encore révélée ?
Ou plutôt, comme elle l’avait dit dans la saison 2, est-elle bien un ange, un envoyé de Dieu ?
Sur le coup, j’avais pris çà à la rigolade. Elle en raconte de ces bêtises, Ship Six…
Là, je commence à trouver tout cela franchement louche…
En tout cas, si on nous sort en fin de saison qu’il s’agit de sa vraie nature, j’en serais, comment dire… perplexe…

Mais il n’en demeure pas moins que Six, Baltar et Hera disparaissent derrière la porte, en pleine lumière, laissant Athena et Laura de l’autre côté. Voilà qui fait écho au : « This is our child. The shape of the face of things to come » de la saison 1.
Et là, je sens que l’on touche à une clé plus qu’importante pour la suite.

La preuve, Roslin, d’un geste rageur, fait valser son cathéter, enfile sa perruque et part, son Gaius Baltar sous le bras, affronter l’hybride.
Laquelle ne trouve rien de mieux à dire que « Jump ».
Là, c’était juste fantastique, inattendu, angoissant et tout ce que vous voulez. Merci, merci, merci…

Pendant ce temps là, personne ne rêve du bébé mi-humain mi-cylon du Chief.
What the frak ?

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