« Bonjour, je viens pour visiter le sous-marin ! »

Ah, ils m’avaient manqué, mes visiteurs. Avec leur festival du :

« -C’est un musée ici ?
Bah oui, c’est écrit sur la porte… »

« -Installez-vous dans la salle du film, derrière la porte coulissante.
*Va vers la porte et commence à la secouer dans tous les sens. Se retourne, le regard paniqué*
Madame ! La porte elle est fermée !
Non, elle coulisse… »

« -Et on voit quoi dans votre « musée » alors ?
Un simulateur d’entrainement au sauve… Vous m’écoutez encore ?
Euh, mais non, en fait c’est nul, c’est pas çà que je veux moi ! Je veux voir un sous-marin !
Y’en a pas ici monsieur, je viens de vous le dire… »

« –Et vous voyez donc ici, ce cylindre de douze mètres de haut, c’est le simulateur.
Ah bon ? C’est pas le kiosque du sous-marin ? »

Oui, ils sont épuisants. Et je vous épargne le fait d’avoir à expliquer pour chaque visiteur qui se présente, qu’il ne visite pas les alvéoles de carénage des sous-marins, qu’il n’y a pas de sous-marins à visiter, parce que rien de l’écrire, alors que je repars au charbon dans deux heures à peine, çà me saoule déjà.

Ceci dit, c’est thématique avec le concentré de connerie pure que je me suis vue infligée l’autre soir, parce que je suis trop bonne et que mon cousin sait être persuasif.

« Transformers 2 », pour souffrir deux fois plus…


Ce qui est formidable, c’est que rien qu’avec l’affiche, on sait déjà qu’on ne va rien y comprendre…

Mickael Bay est décidément un homme surprenant. Toujours capable du pire, dégoulinant la beaufitude à longueur de pellicule, inconnu du second degré, n’aimant rien plus que la destruction, les explosions et les gros films qui tâchent.

« Transformers 2 » produit un quota assez impressionnant de dommages collatéraux, nappés d’un mauvais goût aussi hallucinant que totalement assumé.
Sans surprise, le film est débile, de bout en bout, sans fond, sans objet, sans propos. Mis à part peut être le joli catalogue final sur la marine américaine. J’ai tendance à m’adoucir quand on me montre un sous-marin. Même un sous-marin qui coule, torpillé par un robot mutant.
Je ne me risquerais pas à résumer l’histoire. Premièrement parce que j’ai déjà un peu oublié ce dont parle ce film. Je crois que des méchants robots cherchent un truc, puis un autre, pour conquérir le monde, tout çà, tout çà, et puis il y a Megan Fox qui dans ce film est, je cite mon cousin, lycéen et amateur de carrosseries « est trop belle mais ne sert à rien ».


Naturel, classe, distinction. Réalisme.

Voilà. Pareil pour tout le reste en fin de compte. Aller, rendons à César ce qui lui appartient, Mickael Bay ne torche pas ses films comme un cochon. Pas entièrement en tout cas. Le temps qu’il n’investit ni dans la direction d’acteur, ni dans le story board, ni dans une caméra qui ne serait pas « over shaky », ni dans une relecture du scénario, ni dans un peu de cerveau, il le passe à fignoler ses plans, à produire de la belle image avec de belles couleurs, et des cadres remplis à ras bord de trucs et de machins susceptibles d’exploser à tout moment.
L’ensemble fini par ressembler à une pub, systématiquement con et décérébré, mais moi, à la fin de la séance, j’avais envie de m’acheter un porte-avion, et mon cousin Megan Fox.


Notez l’absence du budjet pour les soutien-gorges.

Par contre, j’aurai rarement vu aussi gratuitement vulgaire. Entre les chiens obsédés, les poufiasses de l’université (ou comment synthétiser en quelques plans la quintessence de tous les teen movies de ces dernières années), les plans top class et très naturels de Megan Fox dans toutes les positions possibles, l’hallucinant « même pas tu y crois mais il l’a quand même fait » plan sur les « boules » d’un Decepticon géant, et j’en oublie surement.


Le nom de Shia LaBeouf ne sonne t’il pas comme une note d’intention ?

J’aurai également rarement aussi mal filmé. Sans rire, la base de « Transformers » ce sont bien des robots qui se transforment, non ?
Ah bah non en fait. Il faut sans doute du génie pour réaliser deux films complets sur ce thème sans en montrer vraiment une seule. Du génie pour toujours planquer un robot géant derrière un accessoire plus gros que lui le temps qu’il se change en bonhomme chromé. Ils sont pudiques les Transformers ?

Ceci dit, le phénomène reste thématique avec le style incomparable de Mickael Bay pour réaliser des combats dantesques totalement invisibles. Non, pas illisibles, invisibles. Si vous avez réussi à voir quoi que se soit du combat dans la forêt vous, je vous offre une entrée gratuite au musée.


Notez que l’on n’y voit pas plus clair sur une simple photo. Du génie, c’est du génie.

J’en viens à me demander ce que Mickael Bay a réellement voulu montrer. Impossible qu’il ait cru faire un vrai film. Avec une vraie histoire et tout. Non… J’en viens à pencher vers l’hypothèse suivante : il prend des trucs. Beaucoup et longtemps.
Pour en arriver à un tel degré de n’importe quoi, une aide extérieure est nécessaire. Ceci dit, j’aurais presque de la tendresse pour un pauvre type camé, qui réalise les films les plus crétins de l’histoire du cinéma sans que cela ne le dérange, en assumant totalement un propos dont les dents du fond baignent dans la testostérone et qui ose, ose, ose encore et encore, envoyant bouler le politiquement correct à grands coups d’explosions sans objet, pour flatter les bas instincts d’un spectateur complètement assommé par deux heures et demi de métrage.
Oui, quelque part, il en faut une sacrée paire.

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