The Number of the Beast.

Me sentant tenue d’un rendement exigé par une horde de lecteurs en manque de billets, je vais donc tenter de vous rédiger, au débotté, une critique (enfin, ici on fait plus dans la chronique, ou le billet de mauvaise humeur, hein) de « Drag Me To Hell ».

Sérieusement, j’aimerais bien en dire tout un tas de très jolies choses, ne serait-ce que par respect pour Sam Raimi, l’homme quoi fit vivre « Xéna » et qui opéra la plus improbable des réconciliations, à savoir la mienne d’avec les super héros (d’autant plus incroyable qu’elle concernait un type piqué par une araignée mutante, et que moi, je cours en hurlant devant tout ce qui a huit pattes).

Donc « …To Hell », à percevoir comme un retour aux sources après la trilogie de Peter Parker, de la part d’un réalisateur qui aura su maîtriser comme personne l’art de l’horreur et du grand guignol.

Malgré une parenté certaine, « …To Hell » n’est jamais aussi proche de « Evil Dead » qu’il le semble.
L’héroïne, Christine, contrairement à Ashley et sa bande de jeunes cons décérébrés, n’est touchée par la malédiction que parce qu’elle fait partie du monde et d’un système inhumain, dont elle est autant la victime qu’un exécutant.
Difficile, malgré sa méchanceté cradingue, d’en vouloir complètement à la vieille. Difficile également de condamner Christine, avec son bon fond et ses yeux de cocker triste, poussée par son patron et sa belle famille, à commettre la mauvaise action de trop.

De fait, « Drag Me To Hell » a tendance à se laisser lester par son propos un brin engagé, empêchant un déchainement total dans le grand spectacle absolu que l’on attendait de Raimi.

Raimi qui ne laisse pas sa part au chien. Il n’y a qu’à voir le furieux combat dans la voiture, ou l’invocation du Lamia chez l’exorciste pour se rassurer sur les intentions d’un réalisateur qui n’a pas oublié l’art et la manière de déconner avec la démonologie.
Mine de rien, Sam Raimi est un virtuose. Sa caméra ne se prive d’aucun audace, permet à des scènes de violence déchainée de rester lisibles, totales, aussi absurdes que terrifiantes, le tout en ne se détachant jamais de son message de départ, véritable fil rouge du film. De quoi mettre une sévère peignée à une bonne partie des films de genre sortis ces dernières années.

Le génie de Raimi est aussi d’imposer avec un sadisme jouissif ce long calvaire à son héroïne, laquelle se prend tout un tas de machins dégueulasses dans la tronche à longueur de métrage, mais qui par son caractère et la fine présentation faite de son personnage, devient rapidement un sorte d’alter ego du spectateur (d’autant que Allison Lohman et Justin Long sont de parfaits boy et girl next door), lequel peut dès lors se projeter aisément dans l’histoire en se questionnant sur ses propres choix face à des situations similaires.
Ainsi, la mise en perspective vient de nouveau certainement plomber le métrage, mais lui apporte une dimension supplémentaire, prenant toute sa mesure lors du final implacable.

« Drag Me To Hell » n’a pas les ailes de la série « Evil Dead », s’avère au final plus sombre, et doté d’une complexité qui pourrait presque nuire au genre si Sam Raimi n’était pas un p***** de réalisateur.

Note : ***

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *