3D, second essai.

Dans la série « j’ai testé pour vous », l’année dernière, j’avais poussé l’abnégation professionnelle jusqu’à trainer l’amatrice bénévole que je suis à s’infliger la projection de « Voyage au Centre de la Terre », avec Brendan Fraser dedans, le tout pour une somme hallucinante qui m’autorisait à voir un mauvais film avec de mauvaises lunettes.
Le pied total…

Cette année j’ai été assez folle pour retenter l’expérience, même si je n’étais en fait pas informée à l’avance du côté 3D de la projection. Hasards de la vie, quand vous nous tenez, vous finissez toujours par nous faire raquer.

Bonne nouvelle, la paire de lunette de se loue plus, mais s’achète désormais. Pas moins cher, cela dit, mais au moins, vous avec l’assurance de chausser des verres qui n’auront pas été enduits de saindoux. Sauf si vous faites comme mon cousin et que vous fichez vos doigts dessus avant la séance.

Autre agréable surprise, les lunettes sont presque légères. Je dis presque parce que je suis tout de même ressortie, avec le cousin, nantie d’une barre rouge entre les deux yeux.
Ce qui est déjà çà en moins pour les mots de tête.

Même constat sur la vision périphérique. L’année dernière, j’avais violemment déploré le fait que les verres reflétaient les mouvements des personnes assises à côté et derrière vous. Ce qui peut rapidement donner des envies de meurtre sur le mioche qui bouffe ses pop corn dans le reflet.
Cette fois, je n’ai pas été particulièrement gênée par cette impression.

En vérité, je vous le dis, mes biens chers frères et sœurs aussi, la 3D, çà pourrait presque devenir agréable, à partir du moment où l’on peut oublier que l’on porte des lunettes.

Passons à la couleur. Dans « Voyage au Centre de la Terre », je m’étais plainte des couleurs trop sombres produites par les verres noirs, qui finissaient par rendre presque illisibles certaines scènes.
Je ne pourrais pas jurer que la chose se soit améliorée. Le film que j’ai vu, « L’Age de Glace 3 » se caractérise par un caléidoscope de couleurs criardes ne permettant pas d’évaluer si oui ou non, on se faisait arnaquer sur une partie du spectre.
J’ai tout de même déchaussé un moment les lunettes, et constaté que l’écran était nettement plus chatoyant comme cela.
M’est d’avis que cette affaire là n’est pas gagnée.

Niveau impression ressentie, « L’Age de Glace 3 », contrairement à « Voyage au Centre de la Terre », ne surexploite pas l’effet 3D en ne multipliant pas les scènes « kikoo lol mate mon effet, OMG ».
Le résultat final est alors nettement plus agréable. N’ayant pas eu la désagréable impression que l’on me forçait à regarder un truc qualibré pour en jeter un max dans ce format, je crois que j’ai réussi à ressentir ce que rendra la 3D dans quelques mois, lorsque de vrais réalisateurs nous proposerons leurs créations.

Clairement, c’est une autre expérience, pas totalement révolutionnaire non plus, mais faisant (gaffe, un truisme) gagner l’image en substance.
J’aurais un peu de mal à en dire plus pour l’instant, mais il faut reconnaître que le résultat est sympathique. Mais manque encore la patte d’un vrai faiseur d’images pour en prendre la réelle mesure.

Alors « L’Age de Glace 3 » dans tout çà… Et bien, sans être le film du mois, peut être même pas de la semaine, il se laisse regarder, sans la sensation d’endormissement ressentie dans le second.
Non, sans blague, limite, il y a une vraie histoire cette fois, et peut être même aussi un poil de recherche.

Pour ne pas changer, Sid fiche toute la bande dans la merde en allant voler ses œufs à un dinosaure. Manny, Diego, Elly et les deux crétins d’opossums vont alors se lancer à sa recherche et pénétrer dans un monde perdu peuplé de créatures disparues.

Voilà voilà… Bon, il semblerait que quelqu’un ait compris que Sid était un gros boulet. Il était temps. Alors oui, il faut se taper son quota de crétinerie, mais fort heureusement, il se fait remplacer en cours de route par Buck, un genre de furet largement inspiré par le capitaine Achab.
Là, je pourrais presque dire que le film prend un tour intéressant, du moins un peu moins débilo couillon que le précédent, en offrant un pastiche pas totalement dégueu de « Moby Dick » dans l’affrontement à mort entre Buck et le T-Rex albinos, Rudy.
Lequel offre une scène plutôt jolie au sommet d’un arbre entouré de brumes.

Sorti de cela, le film reste d’un ennui mortel, à l’image des premières minutes où l’on ne fait rien qu’exalter les valeurs de la famille qu’elles sont bien et qu’il faut savoir se ranger dans la vie tout çà, parce que les responsabilités, le travail, l’achat d’une voiture et d’une maison, et les enfants, c’est la clé d’une vie réussie, sinon on est malheureux, trop pas dans les normes de la société et on va mourir tout seul en ayant raté son existence comme un gros imbécile qui n’a rien compris à la vie.

Mise en boite bien moralisante à la limite du vomitif, ce propos confirme bien que la franchise s’enlise lamentablement dans le néant sidéral qui lui sert de fond de commerce.
Même l’ombre de « Moby Dick » ne peut pas faire passer cela…

Prenons donc des nouvelles de Scrath et de sa p***** de noisette à la c**… Ici, on réussit à introduire un brin de nouveauté, et ce n’est pas dommage, car lui aussi commençait à sentir de moisi. Ceci dit, ses petites pastilles fonctionnent toujours aussi bien, si j’étais méchante, je dirais même qu’elles viennent sauver du naufrage total les trois « Age de Glace ». Oups, je l’ai dit…

Note : * (pour les efforts, tout de même…)

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