« So say we all ».

Honnêtement, après le coup de bambou de la saison 3 « on sait plus où on va, mais on sait d’où on vient, ah zut, non plus en fait », ou « comment j’ai sabordé ma série en faisant n’importe quoi », je n’étais pas super motivée à l’idée de regarder « Razor », le téléfilm/épisode indépendant à insérer entre la saison 3 et la saison 4, entre Bob Dylan et l’arrivée sur Terre donc, où il y a Bob Dylan. Il attend les Cylons, Bob, en chantant « All along the Watchtower », avec le Final One. Et ensemble, ils écrivent le plan.
Donc c’est çà le plan des Cylons : trouver la Terre pour trouver le plan pour avoir l’air moins con.

Non, je suis méchante. Vraiment trop.
Alors comme je me disais l’autre jour que j’avais tellement adoré les deux premières saisons que je devais bien çà à Ron D. Moore, j’y suis allée.
En plus, je croyais que qu’on y verrait ni Lee, ni Starbuck.
Zut alors…

La malédiction de Pegasus.

« Razor » se déroule non pas sur le Galactica, mais sur le vaisseau maudit, le Pegasus, apparut au début de la saison 2, filé à Lee à la fin de la même saison, et démoli par Demis Roussos au début de la suivante.

On le savait, il s’était passé des trucs à bord du Pegasus. On savait aussi que l’admiral (j’aime bien l’appeler comme çà, moi. Au diable la traduction !) Cain était un peu louche, ou complètement barrée, suivant le point du vue. Nous retrouvons donc ce Titanic galactique sous le commandement de Lee, le jour de sa prise de pouvoir.
Et en plus, Starbuck est là. Ooch.

Bon, à part l’impression que toute cette affaire partait mal, quel plaisir de retrouver la flotte d’avant New Caprica et de s’immerger dans les fondamentaux de la série : des combats, des Cylons, des personnages forts et des révélations, des vraies, pas les Final Four.

Le scénario suit ici la route de Kendra Shaw, qui sur le Pegasus fait le même boulot que Gaeta, et dont le premier jour de service sous les ordres de l’admiral Cain est aussi celui de l’attaque des Cylons.
Shaw est comme le reste de l’éqUipage, dévouée à Cain, corps et âme, comme si l’espoir de survie de tous se cristallisait sur cette femme de tête, un brin psychotique.

Vous le savez, je suis une fan inconditionnelle du vieux Bill. S’il me dit « va sur Bételgeuse », je vais sur Bételgeuse. S’il me dit « mon fils est un petit con », je réponds « çà c’est bien vrai, pauvre vieux Bill ». S’il me dit « obéis à ta présidente-dictatrice à vie, t’en fais pas, çà ne sera pas très long », je suis dis « longue vie à madame la présidente »…
Alors du coup, dans la saison 2, quand la méchante admiral Cain a débarqué sur le vaisseau de Bill avec ses yeux de serpent et son « Welcome back in the Colonial Fleet, Galactica », j’avais décidé de la détester. En plus, c’était elle qui donnait les ordres.

Et bien vous me croyez si vous voulez, mais quand tout le pont s’est mis à clamer « So say we all » en chœur après le discours de l’admiral, d’un coup, là comme çà, tout en regardant Pegasus Six lever son petit poing pour faire genre, j’ai retrouvé ma série que j’aime et que j’adore et à partir de ce moment là, je me suis dis que vraiment, la saison 3 était un beau gâchis.

Kendra 1-Kara 0.

« Razor », ce n’est pas que l’admiral Cain. C’est aussi Kendra Shaw. Avec son prénom de strip teaseuse et sa rigidité mentale, elle fait un beau paradoxe, dont on devine rapidement la fin tragique, mais lors de ses confrontations avec Starbuck, elle écrase littéralement la malheureuse Kara Thrace sous sa botte.
En gros, elle fait le même effet que Starbuck à ses débuts, avec le mérite insigne de partir d’un personnage nettement moins sympathique de prime abord.

Kendra, c’est l’âme damnée de l’admiral Cain, qui ira jusqu’à la suivre dans sa tragique dérive. Un peu exécutrice des basses œuvres, Kendra est semble t’il la seule qui obéisse à Cain non pas par peur ou par simple discipline, mais bien celle qui pèse le mieux le poids des décisions de son commandant.
Kendra comprend que les décisions de Cain sont lourdes de conséquences, qu’elle prend sans doute le mauvais chemin, mais que par égard du au fardeau la position de l’admiral, elle se doit d’appliquer les ordres.
Au risque de se condamner elle-même.

« You’re not my type. »

Mis à part l’inattendue rencontre avec Kendra Shaw, « Razor » réserve bien des surprises, la première concernant Pegasus Six.
Souvenez-vous de ce numéro Six détenu sur le Pegasus que Baltar est chargé d’interroger. Lui et sa Six perso s’étaient étonnés de la dureté des traitements qui lui avaient été infligés.

Tout prend ici sens.

Y compris les extrémités dans lesquelles se plonge Cain.

Ce qui, une fois la trahison révélée, explique assez bien comment Cain a pu adopter une attitude aussi radicale par la suite.

Bon, elle a aussi tiré une balle dans la tête de son XO un peu avant, juste parce qu’il refusait d’obéir à son ordre d’attaque suicide…

Au sujet de Numéro Six d’ailleurs, merci la grosse ficelle scénaristique consistant à faire apparaître un clone pendant l’abordage des Cylons sur le Pegasus. D’après ce que l’on a pourtant toujours vu, les groupes d’assauts sont composés de centurions, pas de blondasses en petite tenue. M’enfin bon…

Cain n’est donc pas aussi folle à lié qu’elle le semblait, et ses actes se justifient en grand partie par l’isolement du Pegasus. Comme le dit si bien le vieux Bill, Cain n’avait pas de présidente pour lui rappeler des choses sur les droits de l’homme, la démocratie et la liberté de pensée, tout çà…
Bon, sans vouloir jouer les rabats joie, on a vu ce que çà a donné dans la flotte coloniale, toute cette liberté : Baltar président et New Caprica. Heureusement qu’on a une bonne vieille oligarchie en place maintenant, çà va peut être commencé à tourner rond…

Bref, Cain a beau demeurer impardonnable, en particulier lors de la mise à sac des vaisseaux civils, mais au moins maintenant, peut-on comprendre sa position, aussi extrémiste soit-elle.

Les Cylons de Neanderthal.

BSG est, vous le savez une réadaptation d’une série des années 70, dans laquelle on trouvait en vrac, des Cylons emmaillotés dans du papier alu, des pilotes déguisés en pharaons, un chien robot du plus bel effet, docteur Quinn femme médecin, et Tom Zareck, qui à l’époque n’était pas du tout un terroriste, mais un capitaine nommé Apollo.
Donc, BSG n’en est plus, avec le réemploi de cet acteur dans la nouvelle version, à un caméo près.
Cela commençait même dès le pilote, lorsque l’on découvrait au détour d’un plan dans le musée du Galactica, un ancien modèle de cylon, identique à ceux de la série originale.

« Razor » reprend à son compte cet élément mythologique (à savoir l’existence d’une autre série, dont les codes visuels ont été repris et intégrés par la nouvelle) pour nous pondre une chose vraiment sympa, et tellement plus amusante que les Final Five : les proto-cylons.

Comprenez, les modèles d’avant ceux d’aujourd’hui, les toasters moisis qui parlent dans leurs vaisseaux où ils embarquent par groupe de trois (c’était le temps où les raiders n’existaient pas), ce qui nous permet dans le même temps d’introduire aussi l’épineuse question des premiers modèles humanoïdes.

Entre hybrides et test cradingues, à l’aide de flash back mettant en scène un fringant Bill « Husker » Adama en pleine première guerre cylon, « Razor » ajoute un sacré contenu.
C’était tellement bien que je m’en suis presque roulée par terre de bonheur.

La confrontation finale, entre Kendra et l’hybride, achève cet épisode d’une heure trente riche, avec un « Kara Thrace will lead the Human race to its end, they must not follow her », qui surprend à peine (qui suivrait Starbuck les yeux fermés ? Pas moi toujours…) et qui éclaire aussi d’un jour nouveau les dernières scènes de la saison 3, sans les rendre forcément plus digestes, mais en leur conférant un petit plus non négligeable.
Cela dit, après les conneries ésotériques de Leoben, un vieux cylon qui prophétise du fond de son jacuzzi, j’ai presque envie de dire « de quoi j’me mêle !  »

Bon, reste à savoir ce que cette gourde de Kara va faire à la flotte… En tout cas, ces pseudos indices semblent nous orienter vers une Starbuck en Final One… Je trouve cela douteux. A la limite, « Razor » aura achevé de me convaincre que ce n’est pas elle.
Je ne sais pas ce que Starbuck est au juste, à part une source d’emmerdements, mais elle n’est pas un Cylon, c’est déjà çà de pris.

A vous les studios.

Au terme de cet épisode spécial, après lequel je vais m’enquiller les websodes, n’ayez crainte, je vous en parlerai aussi, j’ai presque réussi à me réconcilier avec BSG.
Bon, ce n’est pas exact, jamais je ne pardonnerai la saison 3. Ni les Final Four.

Cependant, « Razor » est un brillant retour aux fondamentaux avec ses personnages forts, ses combats spatiaux, ses jeux de pouvoir, sa mythologie, et des séquences dans l’espace totalement silencieuses.

On y gagne un admiral qui en impose (je parle de Cain. Tout le monde sait déjà qu’ Adama est fabuleux), un nouveau héros de la flotte en la personne de Kendra Shaw.

Par contre, pourquoi Lee décide t’il de désigner Starbuck volontaire au suicide (et il y tient en plus le bougre) alors que dans le fond, tout le monde sait bien qu’il l’aime…
D’ailleurs, elle finit par s’enfuir de son vaisseau maudit de merde, et elle a bien raison, Kara…

Au final, l’hybride, avec son salmigondis « again, again, again », m’aura livré, clé en main, un gros élément de réponse concernant la saison 4.
Je ne sais pas vous, mais moi, hein (limite je serais déçue si mon intuition se révélait mauvaise)…

Bon bref…

L’autre info, c’est que Kara Thrace est spéciale. Comme disait le sage gallois : « Et dire qu’on a failli gâcher un destin pareil à boire des canons à la taverne ».

Note : ***

PS : suis-je la seule à avoir tiqué sur le nom du vaisseau des prisonniers dans la base pendant la première guerre cylon ? Diana ? D’Anna ? Hein ? Oui ? Ok…
Suis-je la seule à trouver étrange que le vaisseau vienne de Gemenon, planète d’où prétend venir Pegasus Six ? Ce n’est pas hyper louche tout çà ?
Je suis folle ?
Ah…

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