Ite Missa Est.

Oui, ce fut un week-end aussi éclectique que chargé, en alcool mais pas que, vu que j’ai aussi réussi à atteindre le top de la carrière « cuisine » aux Sim’s.
Et que j’ai vu la même après midi « Anges et Démons » et « Millenium ».

Deux best sellers, deux adaptations attendues, pas toujours pour les même bonnes et mauvaises raisons, deux films radicalement différents, et pour ce billet, une seule critique, laquelle ? La réponse est dans le titre bande de gros malins.

Voici donc Robert Langdon qui nous est revenu, toujours aussi bizarrement coiffé, toujours aussi bouffi, toujours aussi trouillard, toujours aussi passionné par des trucs et des machins secrets qu’il est souvent le seul à connaître, et quand on voit le bordel qu’il est capable de générer, on se dit que c’est tant mieux finalement.
« Anges et Démons », dans sa version papier, précédait « Da Vinci Code » de quelques mois. Sur pellicule, il semblerait bien que l’on soit quelques années après, faudrait pas trop embrouiller le spectateur avec des notions telles que « prequel » ou « paradoxe temporel », c’est vrai quoi, çà fatigue à la fin…

Donc, nous sommes avant, mais avant en fait, c’est après, du coup, le Langdon se retrouve embauché par le Vatican pour enquêter sur le kidnapping de quatre cardinaux pendant le conclave, le pape étant décédé dans d’atroces souffrances, étouffé par sa langue.

Robert se trouve donc à manipuler des symboles ancestraux, à expliquer à des tas de gens pas très érudits des choses historiquement totalement bidon complexes très rapidement parce que le temps tourne, hein.

Cette fois, point de duel acharné à coup de fouet entre Opus Dei et Mérovingiens descendants de Jésus, mais la résurrection des Illuminati, des gars à la base très gentils, mais devenus très méchants après une sombre histoire de merguez party.
Langdon doit donc retrouver toutes les heures un cardinal, sous peine de voir celui-ci mourir selon un rituel fun et cabalistique, dont l’apothéose, se situe, aux alentours de minuit, sanctionnée par un Big Bang sous la chapelle Sixtine.

Alors oui, présenté comme çà, je sais, çà ne fait pas très envie. Honnêtement, payez vos huit euros pour « Millenium », si vous avez le choix.
Cela dit, rien n’interdit non plus de se faire sereinement ces « Anges et de Démons », qui sans casser des briques, possèdent nettement plus de rythme que « Da Vinci Code » n’en avait eu en son temps, et offrent un divertissement plus que correct, qu’on apprécierait bien un dimanche soir, mais qui se laisse regarder sur grand écran.
Robert Langdon court beaucoup, d’une église à l’autre, il court dans les bibliothèques, il court dans les musées, il court dans les clochers, il court devant les balles, bref, il réinvente le concept de sport universitaire.
Clairement face à Indiana Jones, il passe pour un branquignole. D’autant qu’il est un peu impuissant, cette fois, le Langdon, face au règlement impeccable des meurtres.
Du coup, on sent bien que Tom Hanks n’est pas follement emballé par ce qu’il fait. D’autant que coiffé comme il est, moi aussi je crois que j’aurais besoin de boire pour oublier.
Il faut dire aussi qu’il n’a doublement pas de chance : non seulement il a un look que même Ron Perlman on n’ose pas sur lui, mais en plus, alors que dans les livres, Robert Langdon tombe de la gonzesse, dans les films, à chaque fois, tintin.
Remarquez, avec la tête de pilier de bar que Tom Hanks se traine ces temps-ci, je les comprends Audrey Tautou et Ayelet Zurer.

Bref, même pas de compensation à cachetonner à mort, c’est triste la vie tout de même.
D’autant que je ne veux pas dire, mais monsieur « Deux Oscars » se fait damer le pion par Ewan Mac Gregor « J’ai peut être pas d’Oscars mais j’ai joué Obiwan Kenobi », qui n’est évidemment pas là pour faire joli (enfin, pas que).

Si l’on met de côté le jeu de piste sans temps mort, heureusement sinon vue la pauvreté du contenu de celui-ci c’est nous qui serions morts d’ennui, « Anges et Démons » a un certaine classe.
Une classe américaine, un peu comme Hubert Bonnisseur de la Bath, les rires gras en moins, laquelle confère à la pompe catholique un lustre qu’on ne lui connaissant guère plus.

Sans rire, quand Benoit XVI tente de remettre au gout du jour les flonflons d’autrefois, tout le monde lui rit au nez.
Quand c’est Ron Howard qui filme, tout de suite, le conclave, la pompe pontificale, toutes ces choses si surannées et que d’aucuns considèrent comme du decorum inutile tout juste bon à étaler le pognon de l’Eglise, çà prend tout de suite une autre dimension.
Que voulez-vous, pendant la projection, je le sentais drôlement le patrimoine, les siècles d’histoire, la pesanteur et la profondeur d’une institution séculaire qui fut, est et sera là encore longtemps.
Dommage que l’on n’ait pas confié à Howard la réalisation des funérailles de Jean Paul II.

A côté d’une ambiance bien fichue et d’une intrigue sinon prenante au moins existante (c’est vrai que je connaissais déjà la fin, çà perd de son charme), « Anges et Démons » brasse tranquillou, au détour de quelques dialogues, quelques références culturelles judéo-chrétiennes (enfin, plutôt chrétiennes en l’espèce), que je n’ai plus en tête là maintenant tout de suite, mais qui sur le coup, si elles sont la base de certains dialogues, ont du rendre une portion, minime certes, des échanges un peu opaques à ceux qui n’ont pas le début d’un commencement de culture religieuse.
C’est là que je me suis dit deux choses : soit Ron Howard considère que les américains, cible première de son film (d’où le côté exotique, mais classe, du Vatican) sont rudement plus cultivés que les Européens en la matière (et je suis prête à parier que oui), soit il ne prend pas ses spectateurs pour des chèvres, chose si rare dans le divertissement aujourd’hui.

Note : **

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