(La responsable de ce blog, ayant beaucoup de respect pour la Suède, a décidé de ne pas faire de titre, lequel aurait forcément été à base d’un jeu de mot foireux.)

En ce moment, avec le festival, toute cette pression, et ma vie à moi que j’ai et que je passe surtout dans des trains, où il n’y a même pas de wifi rapport au fait que je voyage toujours dans des TER plus merdiques les uns que les autres, quand je n’échoue pas dans des tortillards à locomotive à charbon corails, il m’arrive encore d’aller au cinéma voir autre chose que Star Trek.
Il m’arrive aussi d’entendre des horreurs, comme cette journaliste qui semble s’étonner que Quentin Tarantino va voir tous les films projetés à Cannes. C’est çà, maitriser son sujet.

Ne voulant pas avoir passé ma journée à chantonner « Fernando » pour rien, je me dois de vous faire profiter de « Millenium », ne serait-ce qu’un tout petit moment pendant lequel, promis, j’éviterai toute allusion à des meubles en kit, des biscottes, l’Eurovision ou les expéditions varègues.

« Millénium », c’est l’histoire du livre que je n’ai pas lu, le premier tome s’étant échappé vers Brest, dans les valises d’une poulette buveuse de thé. Un rendez-vous manqué, mais qui possédait heureusement sa séance de rattrapage sous forme d’adaptation visiblement assez fidèle (Typhenn à l’appui).

« Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes », s’il ne brille pas franchement par la réalisation, assez classique, avec ses couleurs crasseuses, ses lumières tamisées, impose à travers ce formalisme seyant au final bien au genre, un polar palpitant, aussi sombre et glauque que fondamentalement teinté d’espoir, et surtout dépourvu de tout glamour.
La longue enquête de Mickael Blomkvist suit un fil conducteur décrit par le titre, jusqu’à croiser la route de Lisbeth Salander, dont le personnage, servi par une interprète remarquable, possède une force d’ange vengeur, apportant au spectateur une forme de libération en fin de parcours, d’autant plus cathartique qu’elle sort des clous.

La radicalité du personnage est un écho au film lui-même, ne s’embarrassant guère de pudeur, de faux-semblants, ou de chemins détournés pour mettre le spectateur face à la vérité.
Je comprends mieux à voir ce film les frissons d’horreur ayant parcouru les lecteurs lorsque la rumeur avait couru que l’adaptation serait américaine.
« Millenium » appartient bien à la Suède, à la littérature et au cinéma scandinave, à cette expression décomplexée et efficace, s’inscrit dans un langage percutant, capable de suivre le fil d’une enquête sans perdre de vue le sujet titre, ces hommes qui n’aiment pas les femmes, au cœur du récit.

Ne souhaitant pas trop spoiler, ayant moi-même apprécié d’y aller sans en savoir grand-chose, je vais m’arrêter ici, en vous recommandant chaudement ce film qui se hisse d’emblée dans le top cinq des bonnes surprises de cette année.
Bon film et surtout, bon courage.

Note : ***

PS : peut-on espérer voir d’autres productions scandinaves se couler chez nous derrière « Millenium » ? Parce qu’on en parle, on en parle, mais on n’en voit jamais beaucoup. Sur que les films avec Pierre Arditi dedans, c’est mieux. Je vais aller en télécharger, tiens.

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