« Bernadette, répondez-moi franchement : comment trouvez-vous mes pyjamas ? »

Histoire de paraphraser et de rendre un hommage discret et appuyé à Eric Banane, l’acteur économe jusqu’au point d’avoir une seule expression faciale, « the wait is over ».
Tant mieux, je me sens moins stressée. Toute cette tension libérée d’un coup, Dieu que çà fait du bien, je vais enfin pouvoir m’installer tranquillement dans un fauteuil pour dire du mal de « Star Trek XI ».
Ou pas.

Autant commencer tout de suite par ce qui fâche : J.J. Abrams.
J.J., chéri, c’est à toi que je m’adresse. Arrête de réaliser des films. Contente toi d’écrire et d’avoir de bonnes idées, se sera déjà pas mal. A certains moments, l’image était tellement découpée que je me croyais en train de regarder « Domino » de Tony Scott, la version dans l’espace.
Je suis sortie de la salle avec les yeux qui avaient du mal à faire le point.
C’est d’autant plus dommage que franchement, le vaisseau romulien, je crois que je suis jalouse de lui. Limite je suis en train de me demander si je ne vais pas mettre de grandes épines sur l’avant de la Twingo.
Encore plus dommage sur certains plans spatiaux dont on perçoit pourtant bien le potentiel mais qui s’avèrent gâchés par ce fichu découpage et une caméra gigotant à l’excès.

J’en profite pour rebondir sur J.J. Abrams, que je remercie du fond du cœur, non pas pour avoir réalisé ce film, mais pour avoir eu l’idée de le réaliser, et l’envie d’écrire ce scénario.
Un scénario aux ficelles éculées jusqu’à la corde, dont les tenants et les aboutissants sont expliqués à la vitesse du son, empêchant un peu la compréhension immédiate d’une histoire plutôt riche, et surtout à fort potentiel dramatique. Potentiel qui se retrouve parfois sacrifié par l’ablation de scènes que l’on retrouvera sans aucun doute sur le DvD version longue qui ne manquera pas de sortir dans six mois. Et que je vais acheter.
Un scénario qui sait aussi surprendre avec une romance qui m’a presque fait crier « wtf ? » dans la salle (comme la moitié des gens présents en fait) mais qui fonctionne au-delà de ce que je pouvais attendre (quoi que, j’émettrai des critiques plus tard, et sans spoiler, si possible), et qui finalement emporte les réticences par la dynamique de groupe s’instaurant petit à petit à bord de l’Enterprise.

Là viennent les personnages (et les interprètes, qui ont du craindre légitimement des lapidations à coup de figues molles pendant quelques mois), qui assurent en grande partie (pour ne pas dire en totalité), l’intérêt du film.

La bonne nouvelle c’est que Chris Pine est à l’aise dans le costard de Kirk. La mauvaise c’est que j’ai toujours envie de lui taper dessus.

Ensuite, Zachary Quinto me fait un peu moins peur, mais çà, c’est sans doute parce qu’il n’a pas les super pouvoirs de Sylar (« Heroes »), même si j’ai eu des sueurs froides au moment du pincement vulcain (parce que çà ressemble drôlement à un super pouvoir ce truc. J’ai essayé sur mon petit cousin, çà marche très bien).
Sinon, il s’approprie son personnage en douceur, profitant d’un intéressant passage de relais avec Leonard Nimoy, lequel vient transmettre le flambeau à la nouvelle équipe sans que l’on se voit infliger un clin d’œil moisi.
Une présence cohérente donc, et une performance plus que satisfaisante pour Quinto.
Mon seul petit reproche serait sur le grillage manifeste de cartouches de la part de J.J. Abrams concernant Spock (on le sait qu’il y aura deux autres films, c’est bon), au risque de nous le rendre trop humain trop vite. Reste à voir comme cela sera maîtrisé, sachant que Abrams c’est pas hyper doué pour la maîtrise (« Lost », « Alias »… Je m’arrête là, c’est assez éloquent).

Relégué en second couteau et c’est bien dommage, Mac Coy bénéficie d’un avantage certain lui permettant d’exister face à Kirk et Spock en surexposition, à savoir d’un interprète résolument solide et venu sur le plateau pour se faire plaisir.
Ce n’est pas pour dire, mais Karl Urban roxx, comme on dit. On en vient presque à regretter que son Bones ne soit pas plus présent pour asticoter Spock, mais les deux films à venir devraient pallier à ce manque.

Ayant passé en revue le trio infernal (car la campagne presse autour du film a eu tendance à occulter le fait que « Star Trek » cela n’a jamais été Spock et Kirk, mais bien Spock, Kirk et Mac Coy, qui à eux trois formaient une entité cohérente à la tête de l’Enterprise), je vais donc glisser sur le reste d’une distribution qui assure sa part de travail sans souci majeur (sauf pour l’accent de Tchekov en VF. J’avais envie de prendre Chris Pine pour taper dessus à la fin), avec tout de même une mention spéciale à Simon Pegg, que çà fait bien plaisir de voir dans une grosse production, d’autant plus dans celle-là (gros geek, va). Son enthousiasme est clairement aussi communicatif que celui de Karl Urban (gros geek aussi, va), mais malheureusement, Scotty apparaît un peu tard dans le film.


L’homme qui s’était gourré de vaisseau. Eh, petit ! L’Octobre Rouge c’est par là.

Pas forcement l’élément le plus Roddenberridien (çà va, j’avais envie de faire un néologisme) de la série, l’humour est ici bien présent, accélérant l’empathie avec les personnages et définissant mieux que la réalisation déficiente, les caractères de ceux-ci.

« Star Trek XI » n’arrive cependant pas à dépasser vraiment ce que l’on en voit à l’écran. Truffé de références trekkies mais ne présentant pas le délire visuel ni le souffle que l’on était en droit d’attendre d’un space opera, il réussit cependant parfaitement là où il ne fallait pas se planter, à savoir dans la présentation de l’équipe connue de tous, tout en sachant prendre ses distances avec la série originale par un habile jeu sur les réalités parallèles, permettant de faire désormais évoluer tout ce petit monde dans un univers qui lui est propre.
Cette logique du « et si ? » est commode, au point d’autoriser ce reloaded dans l’esprit assez audacieux, mais pour l’instant guère affolant sur le fond ou la forme.

Sans être la grande aventure spatiale promise, « Star Trek XI » nous invite pour un nouveau voyage aux allures de retour chez soi (incroyable comme la passerelle de l’Enterprise peut être familière), en compagnie de vieux amis.

Finalement, que demander de plus ?

Note : ***

PS : j’ai habilement esquivé le spoil, je trouve :p
PPS : depuis Battlestar Galactica, j’avais quelques doute, mais là c’est sûr : je crois que je suis née pour piloter un vaisseau spatial.
PPSS : Cadeau.

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