Up the Irons.

J’ai réalisé hier soir être plus sur la pente fatale que OSS 117. J’adresse donc mes excuses les plus plates à Hubert Bonisseur de la Bath.

Tout a commencé dans un autoradio de voiture. Après, çà s’est infiltré dans la chaine hifi. Ensuite, il y en a eu dans les ordinateurs.

Et puis il y a eu des T Shirt et des calendriers.

Dernièrement, on m’a même proposé le concert, mais genre « je ne suis pas atteinte, non, non, non », j’ai vaillamment résisté. Coûte cher en plus, eh.

Méfiez-vous.

Parce que vous aurez beau vous dire que c’est trop tard pour vous y mettre, qu’en plus, le groupe sera bientôt mort, on est finalement jamais à l’abri de se découvrir une vocation capillaire pour le head bang. Voilà comme je me suis retrouvée devant « Flight 666 ».

Je sais, vous n’avez jamais entendu parler de ce documentaire. Rassurez-vous, c’est normal, lundi, moi non plus je ne connaissais pas son existence.
Consolez-vous par contre, car désormais, c’est trop tard pour voir ce film consacré à la première partie de la tournée 2008 « Somewhere Back in Time » d’Iron Maiden.
Oui, ceux du fond qui s’étonnent, ils ne sont pas morts. Où alors il faut reconsidérer vos idées sur la non vie.

Le prologue le rappelle bien, Iron Maiden c’est le plus grand groupe de rock de la planète. Non, c’est n’est pas Cold Play. Quand ils auront vendu 70 millions d’albums, on en reparlera.
Le tout, sans passer à la radio, sans faire de publicité, sans coller d’affiche.
Formé dans les années 70, groupe star dans les années 80, mal en point dans les années 90, ressucité par le fisc en 1998 et toujours au top depuis , Iron Maiden s’impose une sortie d’album tous les deux ou trois ans, album qui forcement s’arrache, se retrouve épuisé dans vos points de vente dès le premier jour de la sortie, sans que vous ne remarquiez rien.

Je ne vous parle même pas de leurs concerts. Comme tous les groupes de metal légendaires, Iron Maiden remplit des stades à craquer, partout sur la planète, et se démarque de toutes les stars actuelles par sa capacité à réunir un public de 7 à 77 ans.

En cela, « Flight 666 » est assez terrifiant pour toutes les pop stars actuelles, qui lorsqu’elles auront atteint l’âge de Bruce Dickinson seront déjà en train de soupirer sur les succès passés.
Car le documentaire est sans appel : la musique est excellente, et le public d’une fidélité et d’une dévotion absolue.
Les concerts en Inde ou en Amérique Latine sont d’autant plus incroyables qu’ils réunissent une jeunesse fan, qui a grandi bercée par « The Number of the Beast » et qui voit plus le passage du groupe dans leur pays comme l’occasion d’accomplir un pèlerinage à la gloire des dieux du metal qu’un prétexte à dire « j’ai vu Iron Maiden en concert, lol ».
Le tout, et çà, c’est vraiment le meilleur, dans une ambiance bon enfant, entretenue par un groupe foncièrement cool et respectueux d’un public auquel il offre littéralement cette tournée fondée sur d’anciens titres (la tournée 85-87 pour être exacte) qu’ils n’ont jamais eu la chance de voir en live.

Iron Maiden fait des albums pour faire de la scène. Inutile de dire que leurs chansons s’adaptent mieux au live qu’au studio. La voix de Dickinson surtout. Le chat écorché s’est certes adouci avec le temps, mais bon, j’ai toujours eu du mal à écouter un album d’une traite à cause de lui. Mea culpa, hein…
Par contre l’énergie déployée sur scène par ce gobelin aux yeux pétillants de malice, sa voix qui au terme de 23 concerts tout autour du monde, reste aussi solide que lors de la première date, forcent le respect.
Même chose pour le reste de ce groupe de quinquagénaires, escorté par une équipe technique à peine plus jeune.
Ils ont beau boire de la bière et charger les soutes de l’avion de caisses de vin, il faut bien le reconnaître, malgré la légende tenace du heavy metal, c’est leur hygiène de vie qui les fait tenir debout.
La moitié de cette tournée aurait tué Steven Tyler (ok, ce n’est pas du heavy. Mais quand je dis Steven Tyler, tout le monde saisi le concept).

21 concerts en 3 semaines. Des chiffres qui donnent le tourni, surtout si l’on sait que la tournée emporte le groupe de Bombay à Toronto, passant par l’Australie, le Japon, l’Amérique du Nord et du Sud.
Un sacré défi logistique relevé grâce à une idée de génie nommée Ed Force One.

Puisque Bruce Dickinson a tout ses brevets, qu’il est un pilote de ligne commerciale pendant son temps libre, alors autant en profiter.
Iron Maiden affrète un Boeing 757, du jamais vu, le décore aux couleurs de la tournée (Ed est la mascotte du groupe), en fait modifier l’intérieur et parvient ainsi à y caser tout le matériel et l’équipe (très drôle de voir Bruce Dickinson piloter avec ses galons d’ailleurs. Un sacré décalage. C’est çà le rock).

Un gain de temps incroyable, une souplesse de déplacement inédite, qui permettent à Iron Maiden d’accomplir ce qui est aujourd’hui la plus grande tournée jamais réalisée par un groupe (en terme de dates, de distance, et de nombre de places vendues). Ainsi s’enchaine les concerts de 20 000 personnes et plus, au fil des pays, des divers coutumes des fans, de la fatigue qui s’installe, et des très rock ‘n roll accidents ….. de golf. Quand je vous disais qu’ils sont sages.

Pour Sam Dunn et Scot McFadyen, les réalisateurs (spécialisés dans les docu sur le metal), « Flight 666 » n’était pas gagné d’avance, Iron Maiden ayant une réputation de secret permettant de protéger le groupe, mais qui va créer pendant tout le reportage une certaine distance avec la caméra. Certains membres l’acceptent plus vite que d’autres, mais dans l’ensemble, personne ne livre d’état d’âme, sans doute la faute à vingt ans de discrétion et le manque d’habitude.
Une légère méfiance donc, atténuée par la sympathie de la troupe, qui malgré la fatigue et des conditions parfois un peu dures, surtout pour leur âge (le groupe doit avoir des bouteilles d’oxygène sur scène pendant les concerts en Amérique Latine, sous peine de s’asphyxier entre l’humidité ambiante et la chaleur de la foule, ou ils chopent la tourista en Inde, ce qui rend les concerts qui suivent vraiment difficiles), garde un esprit positif surprenant, et une énergie boostée par la ferveur de leurs fans.

Il reste que « Flight 666 », accumulant les séquences avion-arrivée dans la ville-fans-concert-chanson-repos-avion-…, est parfois redondant, et peu s’avérer un peu long pour qui n’est pas fan d’Iron Maiden. Enfin, pour qui ne connaît pas du tout le groupe en fait. Je ne me prétends pas fan, mais je ne me suis pas vraiment ennuyée non plus. La musique est excellente, et de plus, le film, diffusé en numérique, est visuellement très beau à voir, agrémentant les plans de concert de belles images aériennes.
Je dois aussi dire du mal du traducteur incapable, qui loupe la moitié de certaines phrases, élude des mots, se trompe en traduisant des chiffres… Vraiment dommage.

Ainsi, « Flight 666 » est un objet un peu frustrant, ni livrant guère sur les membres du groupe, mais retranscrivant au final assez bien l’ambiance d’une tournée de folie, et rendant hommage autant aux fans qu’à ce groupe de légende dont la carrière est encore loin d’être finie. Alors c’est quand la prochaine tournée ?

Argh, je suis faite comme un rat…

Note : ** (*) Je note sur ** la qualité du documentaire, assez pauvre en terme de contenu. L’étoile en plus, c’est pour Maiden. Parce que quand même, hein.

7 commentaires Ajoutez les votres
  1. Aaaah ! Iron Maiden ! toute mon enfance !
    Une enfance passée à écouter en boucle « The Number of the Beast » ! J’en garde un souvenir… émouvant.
    A part cet album, j’avoue que reste assez hermétique à ce groupe et au métal en général, d’ailleurs.

    1. Je suis en train de me rendre compte d’un truc de dingue.
      Dans ma catégorie consacrée à la musique, « Ouvrez les écoutilles », il n’y a que deux billets. L’un consacré à Loreena Mc Kennitt et l’autre à Iron Maiden…
      Comment en vient-on de l’un à l’autre, mystère.^^

  2. Aaaaah ! Iron Maiden ! Toute mon adolescence ! Mon meilleur cousin ayant eu sa phase métal, j’ai eu droit à toute la discographie du groupe.

    Encore un point commun ignoré !
    Pour le lien, hmm les mélodies peut-être ? enfin certaines relativement calmes de Maiden.

  3. En fait en lisant ceci me viens l’envie de partager un truc. Quand j’avais 15 ans , peut être 17/18, j’écoutais du Maiden a fond, c’était à l’époque la musique qui incarnait le mieux mes aspirations d’adolescent… bref, je me suis souvent demandé quelle musique j’écouterai quand je serai vieux, vers 40 ans quoi… Ce matin dans le RER, j’écoutais Slipknot en allant au boulot…., je vais bientôt avoir 41 ans…..

    1. Et bien moi c’est l’inverse, je viens au Metal sur le tard.

      D’ailleurs, je profite de ce nouveau commentaire sur ce vieux billet pour annoncer la parution, le 27 juin précisément, d’un autre billet consacré à la Vierge de Fer, sa vie, son œuvre. Des mois de travail, des heures d’écoute, de vidéos, d’interview, la vache, mais je bosse comme une pro ! ^^

      Le programme :

      • des biographies (mais que du line up actuel, je rappelle que dans « comme une pro », le mot clé, c’est « comme »).
      • des critiques de tous les albums (sauf les lives toujours rapport au « comme »).
        avec un peu de chance, des analyses.
      • des vidéos (si Dotclear me permet à nouveau d’en incruster).

      bref, de quoi vous occuper dans la nuit du 27 au 28 juin, pendant que je serai à Bercy, avec eux, en vrai. Mouhahahahah !!!

      1. mouaaaa mouaaaaa j’attends avec impatience les joutes sans merci quand tu vas balancer des critiques d’albums

        1. Et soudain, le doute m’étreint….

          Her Doctor… Auriez-vous un quelconque lien avec un tigre répondant au doux nom de Bernatzal ?

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