La série où les gens avaient des noms improbables.

Puisque je suis bloquée chez moi à cause d’un petit malin qui m’a saboté une voie ferrée juste sous les roues de mon train (je sais, c’est pas vraiment des roues sous un train, mais passons, je ne suis pas vraiment critique non plus, hein), je m’en vais vous écrire des tas de trucs pas intéressants mais dont on va causer tout de même, parce que je, vous, nous, avons sans doute un peu de temps à perdre.

Alors je vais vous parler d’une série (vous aurez remarqué que en ce moment, je ne parle presque plus que de çà. La faute à Tolkien et Nicolas Le Floc’h…) que j’aime bien, même si je ne la suis pas toujours très régulièrement, « Bones ».

Pour le titre, je vous laisse juger seuls des Temperance Brennan et Selley Booth. Vous m’avez comprise…

Un petit mot donc sur « Bones », gentille série, énième « Expert like » pondu outre Atlantique, à l’image de l’autre très sympathique aussi « NCIS ».
Le concept est assez simple : comme dans les Experts, une équipe d’enquêteurs scientifiques résout des meurtres tordus et sordides grâce à la technologie et leur flair de limier, dans la joie, et la bonne humeur (ce qui n’est pas trop vrai pour les Experts, mais applicable à « NCIS » et donc, « Bones »).

Ici, les super enquêteurs sont un agent du FBI, Selley Booth (qui gagne haut la main le concours du nom de personnage à la con), et une anthropologue, Temperance Brennan.
Le premier est un grand mec cool et fondamentalement gentil, joué par David Boreanaz, que l’on retrouve avec bonheur dans un registre très différent de celui de son personnage phare, Angel, et qui prouve avec classe qu’il est surtout un bon acteur.
La seconde (interprétée par Emily Deschanel, qui pour vos arbres généalogiques est la sœur de Zooey Deschanel, aperçue l’année dernière dans «Phénomènes») est une scientifique ultra rationnelle, handicapée des émotions et droguée au travail, ne concevant les rapports humains que comme un choc frontal, allant toujours à l’essentiel et dépourvue de tact.
Brennan est en réalité l’alter ego de Kathy Reichs, l’auteur de la série de livre « Bones » modestement consacrée à sa vie son œuvre en tant qu’anthropologue judiciaire (du reste, dans la série, Brennan est elle aussi écrivain à ses heures perdues).

Un duo mal assorti de prime abord, mais qui va rapidement trouver un centre d’équilibre parfois un peu fragile mais largement suffisant pour faire du couple Both Brennan un instrument radical pour traquer les criminels.
Le voisinage de la psychorigide au passé douloureux et du flic au grand cœur fait des étincelles, et renvoie aussi rapidement à un couple étrangement similaire (ben si, une petite rousse très rationnelle et un grand brun gentil et un peu barré… Non vraiment, vous ne voyez pas ?) avec la même dose d’ambigüité dans les relations.

A côté de Booth et Brennan, gravitent un tas de personnages secondaires bien exploités pour la plupart. Hodgins le milliardaire caché, passionné par son boulot, Angela, l’artiste sensible créatrice de l’Angelator, la machine magique qui reconstitue tous les crimes en cascades de paillettes, Zack, le jeune surdoué limite autiste, incapable de finir un doctorat…

Tout ce petit monde travaille donc à résoudre des crimes, pas toujours hyper passionnants d’ailleurs, au Jefferson Institute où officie Brennan, rapidement rebaptisée Bones par Booth (je vous laisse deviner pour quoi…), avec son équipe de tarés, improbable mais efficace (que Booth baptise illico « les fouines »).

L’intérêt de Bones n’est pas réellement dans les enquêtes de toute façon. Nous avons tous vu des « Experts », suivi « NCIS », « X Files » (quoi, j’ai le droit de la citer comme référence, il y avait souvent des autopsies crado dedans, avec Scully les mains dans la rate d’un mutant…), bref, on sait tous comment se passe une reconstruction faciale (enfin, une reconstruction faciale à la télé, s’entend), comment récolter des indices sur un cadavre vieux de dix ans, on a tous entendu du jargon scientifique javanais :
Docteur Brennan ! J’ai trouvé du trichloréthylène polysulfaté sur l’axial du bulbe rachidien de la victime !
Hmm, cela veut donc dire qu’il a été tué par une nuit de nouvelle lune dans une usine de tabourets. C’était pourtant évident ! Bon boulot, machin
Merci Doc’. »

La musique est donc connue, et se sont ici les paroles qui changent. « Bones », comme « NCIS », aborde le criminel par le biais de la comédie, en hésitant pas à remplir les trous entre les indices de saynètes idiotes et sans grand intérêt pour l’intrigue, juste pour le plaisir de voir les personnages s’affronter, se défier, se marrer, ou patauger dans la semoule.

Le résultat est, comme « NCIS », un cocktail réussi entre la série judiciaire et la comédie, allégeant singulièrement l’ambiance volontiers alourdie par la présence de cadavres en décomposition sur les tables d’analyse.

Cependant, « Bones » n’oublie pas de creuser ses intrigues secondaires ni d’exploiter ses fils rouges. On aura suivi avec un plaisir certain les péripéties du couple Angela/Hodgins, les démêlés Booth/Saroyan (qui dans la nouvelle saison a été un peu mise au rencard. Elle disparaitrait de l’écran, on ne le remarquerait même pas), et bien sûr les relations pleines de sous entendus tout çà tout çà entre Booth et Brennan.
Par contre, l’intrigue concernant les parents de cette dernière a tendance à me saouler. Je n’ai jamais été fan de ce genre de rebondissements. Je ne sais pas pourquoi, mais çà me fait trop penser au « Caméléon », sans que je trouve de raison à cette comparaison (allez-y traitez moi de folle).

Nouveauté cette saison (la quatrième), la disparition de Zack, mis au chômage technique et dont on cherche furieusement (oui, c’est le mot), un remplaçant digne de ce nom. Seulement, ce n’est pas facile, d’où un défilé de têtes nouvelles, une par épisode, afin de dénicher la perle rare.
Comme je laisse toujours trainer des oreilles partout, j’ai ouï dire que dans la saison en cours de « Docteur House », on faisait exactement la même chose. Je m’en fiche, je ne suis pas cette dernière série, je n’aime pas les docteurs, ni dans leurs cabinets, encore moins dans les hôpitaux et surtout pas dans mon salon (« Alors pourquoi tu regarde « Bones » ? Elle est docteur, non ? » En anthropologie, premièrement et en plus ses patients sont déjà morts, je ne sais pas si vous me suivez…).

Alors non, on ne peut pas dire que « Bones » brille par son originalité, mais elle a le mérite de fonctionner, d’être divertissante, et de se la péter nettement moins que les « Experts ».
De plus, j’adore Brennan, qui est une sainte femme aimant les animaux, j’ai toujours plaisir à retrouver David Boreanaz, dans n’importe quel rôle que se soit, ce type a un capital sympathie immense, et j’avoue que je suis assez fan du reste de l’équipe.
Alors oui, je ne suis pas accro au point de les regarder toutes les semaines, si j’en rate un, je ne pleure pas (la preuve j’ai complètement ou presque zappé la saison 3), mais je ne saurais que trop conseiller cette série bien menée pour vos longues soirées d’hiver. Çà vous consolera de la saison 3 de BSG.

La ferme, Starbuck.

Note : **

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *