Viens voir le Comédien…

J’attaquerai ce billet par un hommage appuyé à Simon & Garfunkel, qui vont bientôt se reformer après des années d’étripages collectifs et de concerts opportunistes « on a une piscine à payer ». Pour des gars qui ont chanté « The Sound of Silence », je trouve que c’est bien vu.

Si je commence par ces deux hippies, ce n’est pas par hasard, ayant passé le week end à chantonner la chanson précitée la faute à « Watchmen » et sa bande son un tantinet improbable.

Les super héros n’ont jamais été ma tasse de thé. Depuis Spiderman et ma réconciliation avec les mecs en collants, j’avais oublié pourquoi je ne les aimais enfin de compte par trop.
C’est tellement facile de faire n’importe quoi avec des super pouvoirs. Sortis des cases d’une BD où l’on peut faire passer à peu près tout et n’importe quoi du moment que l’on ait le talent, la crédibilité est dure à conserver, et le cinéma, quoi qu’on en dise n’est peut être pas forcement le média le mieux adapté pour dépeindre ce genre de fresques bigger than life.
Seulement, aujourd’hui, il semble que tout succès littéraire ne puisse achever son accomplissement qu’au travers d’une adaptation cinématographique.
Or, à mon humble avis, « Watchmen », fallait pas.

Ou alors pas comme cela. Zack Snyder avait déjà appliqué la recette du « case par case » dans « 300 », pour un résultat qui m’avait plutôt emballée, mais çà, c’est sans doute parce que j’ai trouvé amusant ce délire caricatural comme rédigé par une Hérodote sous acides (enfin, à peine).

Sur « Watchmen », l’exercice engonce le métrage de bout en bout, pour finalement ne donner guère de personnalité à un film pourtant saturé de thématiques riches et puissantes, certes abordées, mais jamais exploitées avec l’intensité qu’elles le mériteraient.

Si l’exposition avait le mérite d’être immersive et pleine de promesse, passé le générique, on finit par se laisser gagner par un ennui certain. Les histoires séparées de chaque héros sont certes intéressantes en elles même, mais étrangement dépourvues de substances.

L’histoire, située dans une uchronie où les Etats-Unis ont gagné la guerre du Vietman et ou Nixon entama gaiement son troisième mandat sur font de Guerre plus si Froide que cela, déploie les portraits riches et fascinant de super héros originaux et profondément humains dont malheureusement, on va se fiche rapidement du tiers comme du quart, grâce en autre à un final bâclé, sans doute faute de temps, après les longs développement sans doute nécessaires mais pas indispensables du reste du film.

Dommage que Snyder n’est pas su se détacher du support d’origine pour livrer la moelle de l’œuvre, au lieu de la paraphraser sans jamais y apporter une quelconque patte, ou le début d’un commencement d’adaptation.
Le case par case est davantage un prétexte à plans jolis (ou pas) et à ralentis foireux (ou pas) histoire de donner un style classieux (ou pas) à la forme, en faisant pâtir le fond.

Le résultat donne l’impression de débattre dans un mélange savant mais jamais maîtrisé plombé par des clins d’œil divers et variés lourdingue (« La Chevauchée des Walkyries » totalement ridicule dans les scènes de la guerre du Vietnam. J’attendais presque d’entendre Manhattan dire : « J’aime l’odeur des protons le matin, l’odeur de la victoire… »), et une sélection musical piquée sur la playlist ’70 ’80 d’un cousin Roger (aboutissant à des décalages à la limite du comique comme la scène de l’enterrement du Comédien sur « The Sound of Silence », délicieux hommage posthume à un belliciste un chouia fasco sur les bords. Simon & Garfunkel apprécieront…).

Le résultat apparaît en bout de course bancal (comme le casting, oscillant entre les très bon, et l’archi mauvais. Par pudeur je tairai ce que je pense de l’endive interprétant Ozymandias. Oups, je l’ai dit), produisant un sentiment de gâchis et induisant le regret que l’on n’ait pas confié la dite adaptation à un réalisateur capable d’initiatives et d’analyse.

Note : *(*)

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