The IT Theory.

L’autre jour, en cuisinant des courgettes, je me suis demandée pourquoi je n’arrivais pas à accrocher sur la sitcom encensée par tous, « The Bigbang Theory », qui pourtant devrait me plaire, mais sur laquelle je fais un léger blocage.

Je me suis alors demandée, en découpant les dites courgettes, pourquoi j’adorais autant « The IT Crowd » (et je ne te remercierai jamais assez Llu, de m’avoir fait découvrir cette série).

Alors j’ai réfléchi, en mettant les courgettes au four et c’est là que j’ai décidé d’exorciser mes démons en écrivant un billet comparatif.

Let’s go…

Premièrement, pour ceux qui ne connaîtraient ni l’une ni l’autre, « The IT Crowd » et « The Bigbang Theory » sont deux séries mettant en scène des geeks et autres nerds, observés dans leur environnement naturel par une tierce personne que l’on pourrait presque qualifier de normale.

Pitchons un peu.

« The Bigbang Theory » : série américaine.


Leonard et Sheldon sont deux brillants universitaire (Sheldon plus que Leonard visiblement) vivant en collocation et passant leur temps à faire des soirées Halo, à disserter sur les problèmes de la téléportation et à faire des parties de WoW avec leurs amis Raj et Howard. Un beau jour, Penny, serveuse au Cheesecake Factory s’installe dans l’appartement d’en face. Coup de foudre pour Leonard mais problèmes en perspective…

« The IT Crowd » : série britannique.

Après avoir artificiellement gonflé son C.V. sur ses compétences en matière d’ordinateur, Jen se retrouve promue à la tête du département IT de Reynolm Industries. Dans ce service de dépannage informatique, vivent Roy et Moss, relégués à la cave et végétant en n’en fichant pas une rame, étant donné le gaspillage manifeste de talent que constitue ce poste. Dans le fragile écosystème mis en place par ces deux parias, Jen va devoir se faire une place.

Présentont un peu.

The Bigbang Theory :

Leonard est un scientifique, travaillant sur la théorie des cordes et un geek convaincu. D’un naturel aimable, il tente de sociabiliser avec ses semblables mais sa timidité est souvent un frein à sa bonne volonté. Sa vie a changé depuis sa rencontre avec Penny qu’il essaye vainement de séduire sans qu’elle ne se rende compte de rien.
Mais à part cela, la vie de Leonard sera plutôt fun s’il ne devait pas supporter Sheldon.

Sheldon est un nerd, dans le sens le plus pur du terme. Rien n’existe que la science qu’il applique partout et en toute chose. Conscient de sa supériorité intellectuelle, il passe le plus clair de son temps à écraser les autres sous sa sapience et se révèle évidemment un inadapté social chronique, mais qui ne s’en porte pas plus mal pour autant.

Rajesh de son côté est plus proche de Leonard question caractère, à la différence près que sa timidité à lui l’empêche carrement de proférer le moindre son devant une femme.

Howard, troisième geek de la bande, est en matière de filles l’opposé de Raj, mais ses méthodes de drague lourdes et son look ringard au possible en font un looser de compétition.

Penny, jeune fille à l’esprit ouvert, s’attache très vite à la petite bande, même si elle éprouve quelques difficultés à supporter la morgue de Sheldon et le harcèlement de Howard. Voisine idéale, elle est le prototype de la girl next door et l’image de la personne « normale » qui préfère avoir une vie en dehors de son appartement.

The IT Crowd :

Jen est une jeune femme dynamique et ambitieuse. Son échouage au département IT la laisse perplexe mais rapidement elle apprend à trouver ses marques, devenant l’interface indispensable entre Roy, Moss, et le reste du monde. Totalement barrée, désespérément célibataire, elle collectionne les dingues sans réaliser qu’elle-même n’est pas toujours un exemple d’équilibre mental.

Roy, l’irlandais de service est un genre de loche paresseuse dont les journées se passent entre les comics, les jeux vidéos, et la gestion de Moss. Dragueur minable et invétéré, il éprouve quelques difficultés à s’intégrer aux autres mais reste une personne sociable et demandeuse en lien affectif.

Maurice Moss apparaît comme le nerd de la série, vivant toujours chez sa mère, ne s’exprimant que dans un langage soutenu à grands coups de sentences et de comparaison difficilement accessibles au commun des mortels. Un peu bloqué dans l’enfance, c’est un être sensible et supérieurement intelligent, totalement inadapté social.

Vous l’aurez compris, rien qu’au niveau de personnages, les points communs abondent.
Roy est aisément assimilable à Leonard, avec une touche d’Howard. Moss et Sheldon auraient sans doute des tas de choses à ne pas se dire mais l’analogie est flagrante.
Seulement, Jen n’est pas Penny.
Parce qu’elle est un peu à l’ouest, Jen est plus ouverte d’esprit que Penny, laquelle représente le spectateur moyen regardant ces geeks avec une certaine complaisance. Jen fait l’effort de comprendre, de tolérer et se pose réellement comme une médiatrice, ou traductrice pour ses deux camarades.
Penny quand à elle sert simplement de référent « normal » aux quatre garçons.
D’où un angle de vue assez réducteur.

Et de là vient tout le problème de « The Bigbang Theory », qui n’est finalement qu’une sorte de foire aux monstres où l’on fait faire et dire des trucs de geeks à des mecs déguisés comme des geeks, ou du moins la vision hollywoodienne de ceux-ci.

Là où « IT Crowd » met en scène deux types un peu marginaux dans des situations quotidiennes sur lesquelles ils réagissent avec les armes à leur disposition, TBBT provoque les allusions et les références avec une certaine artificialité.
Finalement, on a plutôt l’impression de visionner une caricature sur des gens incompris et que l’on ne veut pas comprendre, que de s’amuser à voir croquer les petits défauts de cette communauté par essence hétéroclyte.

C’est là que ITC réussit bien mieux sa mission, en reversant parfois habilement la situation, histoire de se moquer gentiment des gens dis normaux. Jen est le souffre douleur attitré de Moss et Roy qui aiment à lui faire croire des stupidités sur l’informatique, ce qui peut avoir de fâcheuses conséquences à l’échelle de la boite.

Résultat, la série britannique me semble fonctionner mieux que l’américaine, en sachant rendre ses personnages plus attachant et ses intrigues plus crédibles ou du moins plus cohérentes avec l’ensemble (jusque dans les pires délires, comme le fameux épisode où Jane présente à toute la boite « l’internet »).
J’ajouterai l’insert fréquent de petites séquences parodiques au sein des épisodes apporte une touche particulière et un second dégré bien venu (en vrac, Piracy et Friendface)

TBBT, malgré de très bons moments et des coups de génie (l’épisode d’Halloween dans la saison 1 en particulier) parvient à me faire sourire mais sans plus, toujours parce que l’aspect artificiel de l’ensemble et le regard porté sur le geeks finissent toujours par me déranger.
La saison 2 rectifie toutefois assez bien le tir en centrant son propos non plus sur Leonard ou Penny, mais en érigeant définitivement Sheldon en grade de grand héros de la série, permettant ainsi au programme de mieux s’assumer et d’exploiter le personnage jusqu’au bout, ce qu’il fait plus que mériter, mais qui finira sans aucun doute par lasser.

Notes :
ITC : ***
TBBT : *(*)

PS : en cadeau, pour tous ceux qui ont raté  »The IT Crowd »
PPS : aller, encore un peu de Sheldon

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