Souris un peu, Sean…

Cà y est, c’est terminé. Samedi soir, France Télévision a évacué les Victoires de la Musique et du Mauvais Goût, avec un brio peu commun, en nous présentant un Alain Baschung à moitié mort, en classant Cali dans la catégorie pop rock, en me brisant mes rêves parce que la chanteuse de The Do ne sait pas chanter en direct, et en sacrant « Comme un manouche » chanson de l’année (en même temps, on n’avait que l’embarras du choix parmi les platitudes cette année).

C’est là que j’ai regretté d’avoir sacrifié un cd de la saison 3 de Battlestar Galactica. De toute façon, çà n’aurait pas pu être pire.

Enfin, si, j’avais déjà vécu plus pénible, la veille pour tout vous dire, puisque je m’étais astreinte à regarder les Césars (enfin, juste les regarder, vu que Cropette m’a téléphoné au bon moment pour me sauver de l’endormissement…).
Et les Césars, cette année, s’est pas piqué des vers, je vous prie de me croire.

Malheureusement, je ne peux guère comparer avec les Oscars, que je n’ai pas pu voir, la faute à une transmission en cryptée. Dont j’ignorais l’existence, puisque j’ai cru sur parole le Jedi Gris qui m’avait dit : « Mais non, les Oscars, çà passe en clair maintenant. Vue l’heure de diffusion, ils ne vont pas être dégueulasse à ce point tout de même. »
Pourtant, j’avais des doutes, alors j’ai vérifié sur le site de Canal + qui n’a rien su me dire de constructif à part « c’est Hugh Jackman et Kad Merad qui présentent ». Information qui m’a désarçonnée quelques secondes, avant que je sois capable de l’analyser correctement.
Ensuite, j’ai attendu jusqu’à 2 heures du matin, jusqu’à ce que je comprenne que l’on m’avait sans doute menti avec le côté obscur de la Force…

Bref, j’ai quand même réussi à voir Hugh Jackman cabrioler avec les cuisses de Beyonce mais le lendemain, sur BFM, comme tout le monde…
Il faut dire que tout de même, çà en jette gravement. Dieu bénisse l’Amérique. Et l’Australie.

J’ai aussi assisté au long protocole congratulatoire précédent la remise de son Oscar à la talentueuse, merveilleuse, fabuleuse Kate « Je suis la jumelle de Meryl Streep » Winslet, pour son interprétation dans « Le Liseur » que Hugh Jackman n’a donc pas vu, mais que j’avais lu au lycée et qui vaut le détour.

Par contre, j’ai zappé la consécration de Sean Penn, parce que je suis fâchée contre l’oscar du meilleur acteur cette année, rapport au fait que je voulais que Leonardo soit nominé, moi, et qu’on en a marre de voir les même têtes récolter leurs récompenses pour des rôles calibrés oscars.
Et que j’en ai un peu marre des choix de carrière opportunistes d’un monsieur Penn courant depuis trop longtemps après sa statuette pour être honnête.
Pour un si grand acteur, je trouve çà limite dégradant.
Je n’ai rien contre « Harvey Milk », que je n’ai pas encore vu de toute façon, et je suis persuadée que comme d’habitude, Sean y est excellent.
Mais je pense encore à « Sam, je suis Sam » (never forget . Ben Stiller en a saisi l’essence dans le fabuleux « Tonnerre sous les Tropiques »).

Mais ma plus grande satisfaction est quand même venue du côté de « Slumdog Millionnaire », que personne n’attendait vraiment, et qui a damé en beauté le pion à « Benjamin Button », machine à oscars auto-proclamée.
Cela dit, Brad et Angelina étaient beaux comme des dieux ce soir là, alors rien que pour le plaisir de les avoir vu, merci Benjamin…

Mais venons-en à la cérémonie des Césars, qui aura encore une fois prouvé que décidément, les Américains sont les seuls à maitriser l’exercice de la remise de prix.
En clair, sur Canal, les Césars auront donc débutés dès le tapi rouge, pendant le Grand Journal, et pour ne pas faillir à la tradition, une bonne partie des invités défilant devant Laurent Weil étaient déjà pintés au champagne, riant comme des crétins et répondant de travers aux questions approximatives ou débiles de l’équipe de Denisot (et pourtant ces gens là sont plutôt bons d’habitude).
Mais au regard de la suite de la soirée, j’ai presque fini par les comprendre.

Premièrement, la présidente de cérémonie, Charlotte Gainsbourg, est venue ouvrir la cérémonie avec une laryngite et une robe de cocktail. Ouais, on sait que tu as de belles jambes Charlotte.

Ensuite, le maître de cérémonie Antoine de Caunes s’est lancé dans une imitation, parodie, hommage, à l’heure d’aujourd’hui personne ne sait encore, de « Chantons sous la pluie ».
La po compris… La même pas trouvé de vidéo en hommage à ce grand moment de solitude.

Oui, car la salle était comment dire, léthargique, mais çà c’est une habitude. Ce qui était moins habituel en revanche c’était d’avoir invité en même temps Dustin Hoffman, Emma Thompson et Sean Penn.

Ah, Sean Penn, qui avait pour l’occasion repris son expression cannoise, soit le tirage de gueule permanent, associé au rembarrage de fucking french journalist, dont le pauvre Laurent Weil fit les frais en osant poser la question qui fâche : « alors, Sean, çà vous fait quelque chose d’assister aux Césars ? ».
Et comme Sean est un garçon poli mais maladroit, il a esquivé la réponse qui aurait sans doute paru désobligeante s’il l’avait formulé autrement que par un tournage de dos ostensible.

Devant un parterre de célébrités trépignant d’impatience à la perspective du dîner au Fouquet’s et un invité d’honneur fatigué avant de commencer, la distribution commença donc, avec dès le départ un grand numéro de n’importe quoi par Elsa Zylberstein, presque hystérique de recevoir le César du second rôle féminin, et incapable de marcher avec sa robe trop serrée au niveau des jambes.
Mais Elsa sait très bien enlever le mascara qui coule. Pour un peu, on dirait presque que c’était répété…
Et encore une fois, pas de trace de ce grand moment Nutella…

On attendait « Me(s)rine », mais se fut « Séraphine ». Bon, ce n’est pas non plus comment si on n’avait pas l’habitude aux Césars de voir l’académie récompenser sur petit film au détriment des grosses productions. Pour le meilleur (« Lady Chatterley ») et parfois pour des raisons obscures (« L’Esquive »).
7/9 Césars, une bonne opération pour « Séraphine » donc, avec la victoire de Yolande Moreau sacrée meilleure actrice. On a les Kate Winslet que l’on mérite (je plaisante, j’adore Yolande Moreau).

Je tiens à saluer le discours sans doute se voulant d’inspiration américaine de Vincent Cassel, ni drôle ni subtil, et qui a trouvé le moyen de faire chialer sa petite sœur, en plus. D’ailleurs, Cécile a fait un très beau numéro lors de sa propre entrée sur scène, signalons-le en passant.

Sinon, j’ai appris un truc de dingue, Tilda Swinton parle très bien le français. Et s’est donné une mission dans la vie : toujours venir à une cérémonie mal habillée. Déjà aux Oscars, s’est limite, mais le poncho à rayure scintillantes, je n’aurais jamais cru çà possible…

Ce n’est pas un De Caunes un brin poussif ce soir là qui aura contribué à rendre ces Césars plus digestes.
Les souffles sont venus des intervenants, alors en vrac, saluons quelques prestations.
Dany Boon feignant de débarquer par surprise, mais venant gentiment et avec beaucoup d’humour, dire sa façon de penser à l’académie.
Eli Semoun rendant hommage à Dustin Hoffman.
Et surtout, surtout, le numéro de folie de Florence Foresti, ayant réussi l’exploit de faire rire Sean Penn et même de le faire participer à son délire. Voilà, c’est çà le talent.

Mais la soirée n’aurait pas su être complète sans son César injuste. Sont nominés pour le meilleur film étranger des tas de longs métrages, dont « Valse avec Bashir », dessin-animé sur la guerre du Liban surfant un peu sur la vague « Persepolis », puis « Into the Wild », de Sean Penn, qui est un peu dans la salle pour çà tout de même, et enfin le grandiose « There will be blood ».
Bon, esprit chagrin tire-toi, j’exclus d’office « Into the Wild », parce qu’honnêtement, ce film était réalisé comme on monte un mur en parpaing.
La question ne se posait donc pas pour moi, puisque « There will be blood » est LE monument cinématographique de la décennie, tout de même (après les films de Malick, faut dans déconner non plus. Ok, si je déconne. Les deux n’ont rien à voir, mais alors là rien du tout. Limite, je ne devrais même pas comparer. Mais passons…).

Et ben bing, çà n’a pas raté : « sacrons un film trop tendance et politiquement correct. Oui, la guerre, c’est mal. Danse Bashir ! Danse ! »

Voilà donc le bilan de cette année 2008. On peut l’oublier, on est en 2009. Aller, la pêche !

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