« Merlin, je vous présente le roi. Le roi, Merlin… »

Voilà, ils étaient là, les premiers signes. Quand je me suis mise à dire « c’est pas faux » à tout bout de champ, je ne me suis pas inquiétée. Quand on s’est mis à se refaire des épisodes pour nous tous seuls avec mon paternel, à peine j’ai été méfiante. Quand sur WoW j’ai apellé un druide Coco l’Asticot, je me suis demandée si j’allais bien.
Mais c’est quand j’ai réalisé que je ne savais plus comment jouer au sirop, ni à la grelotine que j’ai compris.
J’étais en manque de Kaamelott.

Alors comment faire ? Me retaper les anciens épisodes que je connais par cœur, j’appelle çà de la torture.
Harceler Alexandre Astier, je ne me permettrais pas, dès fois que çà le traumatiserait assez durablement pour qu’il passe les dix prochaines années en analyse plutôt qu’à peaufiner son projet.
Prendre mon mal en patience, c’était pas mal, mais je sentais bien que çà ne suffirait pas.

Alors j’ai cherché des substituts.

Et j’ai trouvé

Autant le dire tout de suite, les points communs entre « Kaamelott » et « Merlin » se comptent sur les doigts de main du capitaine Crochet.

Cette dernière, une série anglaise format 40 minutes, lorgne plus du côté de « Buffy » que vers les « Monty Python », pour présenter une refonte de la mythologie arthurienne aussi lourdingue que réjouissante.

L’action nous parachute, pour une fois, du temps du règne d’Uther Pendragon (Richard Head, de toute éternité Mr. Giles dans « Buffy »), alors qu’Arthur n’est encore qu’un jeune prince un peu con et apparemment pas tout à fait « aware » de son futur destin (ni du reste d’ailleurs…).


Dans le royaume de Bretagne, le château de Camelot brille comme un phare de civilisation depuis lequel le roi Uther tente d’imposer sa vision des choses. Ordre, justice, chevalerie et plus que tout, éradication de la magie, dont la pratique est passible de peine de mort.

C’est dans ce contexte qu’arrive à la cour le jeune Merlin, envoyé par sa mère se former au métier de médecin auprès de Gaius, physicien attitré du roi.
Or, Merlin est aussi magicien. Et lorsque son mentor découvre le pot au rose (épisode 1, 2ème minute), celui-ci décide de le protéger et de lui enseigner comment utiliser son art pour le bien du royaume.

De cette situation de base (Merlin utilise la magie pour sauver Arthur et Camelot, mais ne doit pas révéler ses dons sous peine de mort), découle une saison 1 en demi-teinte, déroulant des intrigues plus ou moins décevantes sur le canevas des relations entres les protagonistes, nettement plus aguichantes en revanche.

L’originalité de la série est principalement de savoir déplacer la légende arthurienne à une époque où celle-ci n’existe pas encore, en créant une réalité qui n’a jamais été traitée par aucun auteur auparavant.
La légende dit en effet que Arthur fut élevé loin d’Uther, et qu’il ne revint sur le devant de la scène qu’à la mort de ce dernier, Excalibur au poing, pour revendiquer le trône de Bretagne.

L’histoire ici commence donc plus tôt et marque sa différence en imposant dès le départ la figure d’un Merlin juvénile, aussi âge que l’est Arthur, bien loin de l’archétype du vieux sage guidant le jeune souverain habituellement présentée.

De cet état de fait découlent de nombreuses situations plaisantes, les deux garçons apprenant peu à peu à s’apprivoiser en pleine tempête hormonale. De grands crétins en somme, portés sans le vouloir par un destin encore trop vaste pour eux, mais qu’ils abordent pourtant côte à côte, au fil des épisodes, jusqu’à pouvoir un jour l’embrasser.

Voilà où réside le principal intérêt de ce « Merlin », que l’on ne suivra du début à la fin que pour le plaisir de voir évoluer sa relation avec Arthur, sans doute le personnage le plus intéressant du programme.
Aux côtés de ces figures principales, la part féminine s’incarne en Morgane, non pas demi-sœur d’Arthur, mais ici pupille du roi Uther, et sa suivante, Gwen, qui n’est autre que Guenièvre.
Une petite qui n’est d’ailleurs pas sans poser de nombreuses questions du style : « mais comment vont-ils transformer la bonniche de la princesse en reine de Bretagne ? ».

Morgane est de son côté le pendant féminin d’Arthur, mais sa propre voie semble dès le commencement plus sombre, avec la lente révélation de ses propres pouvoirs et l’inéluctabilité de son destin apportant une certaine mélancolie au personnage.

Mis à part ces sympathiques jeunes gens (d’où le côté « Buffy », justement), « Merlin », enfile les clichés et les lieux communs comme des perles, quitte à rater lamentablement l’introduction de certains archétypes arthuriens.
Excalibur déboule comme un couteau à beurre au détour d’une sombre affaire de mort-vivant (« Elle est super sympa cette épée ! »), le Graal semble pointer le bout de son gobelet avant de disparaître sans avoir été nommé (« -Eh ! On chourave la coupe qui guérit toute les maladies ? –Non. On va remplir une fiole avec plutôt. »), les prémices de la Table Ronde font franchement sourire (« -Roooh seigneur Lancelot, comment que vous êtes trop beau. Et pi trop chevaleresque aussi. Mais vous êtes un gueux, alors allez vous faire cuire un œuf. –Grrrr, je l’aurai un jour, je l’aurai ! »)…

A retenir cependant plusieurs choses.
Premièrement, l’aspect dépoussiérant de l’entreprise, suffisament fun et réjouissant pour faire oublier les gros défauts de l’ensemble.
Ensuite, des scènes tournée entièrement au château de Pierrefond, en France donc, et qui donne un drôle d’aspect chic et choc à ce Camelot d’opérette.
Enfin, de jeunes acteurs qui font leur boulot comme des chefs et qui finissent par emporter les dernières réticences.

Et j’ajouterai que c’est anglais, et que l’English Touch donne une saveur particulière à cette légende toujours et c’est merveilleux, aussi vivante…

Note : ** (parce que j’ai tout regardé, et que j’ai aimé çà. « Merlin », c’est comme les After Eight… C’est plein de choses pas bonnes, mais on finira la boite quand même…)

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