« Oh vous, les Anglais… »

Vous commencez à me connaître. Vous savez donc que j’ai un faible prononcé pour les films en costume. Vous savez aussi que du moment que la date de péremption soit passée d’une bonne cinquantaine d’année, je fonce dedans tête baissée, quand bien même je dois me casser les dents deux heures plus loin sur des sœurs Boleyn vêtues comme des Quality Street (ou sur Jonathan Rhys Meyer, mais là, je veux bien manger de la soupe jusqu’à la fin de mes jours).
Bref, dans le Landerneau des films historiques, il y a toujours eu à boire et à manger.
« The Other Boleyn Girl » donnait envie de boire, pour oublier.
« Marie Antoinette » de manger (toujours la dalle après visionnage de ce film).
Dans « The Duchess », c’est Keira Knightley qui picole pour nous.

Avant d’aller plus loin, je tiens d’office à introduire une petite note phonétique. « Keira », cela se prononce « Kira ». C’est du gaélique, cherchez pas, cette langue là ne se prononce pas du tout comme elle s’écrit. Et laissez-moi vous dire que les moines irlandais, au lieu de repeindre le Livre de Kells, auraient mieux employé leur temps à élaborer un alphabet susceptible de supporter correctement leur langue.

Voilà, çà, c’est fait.

« The Duchess » en question, c’est donc Keira Knightley, toujours aussi maigre, dans la peau sur les os de Georgiana Spencer, une jeune aristocrate britannique sur XVIIIème siècle, promise et mariée fissa au duc du Devonshire.
Esprit fin, qu’elle sait mettre au service de son charme naturel et vice versa, Georgiana se heurte rapidement aux codes de son époque, entre un époux butor, des conventions rigides et un monde qui semble évoluer trop lentement à son goût.
Epousant la cause du parti whig (libéral et progressiste, mais pas trop, nous sommes en Angleterre, voyons), elle impose petit à petit sa personnalité sur le devant de la scène politique et devient la coqueluche de toutes les gossip girls du moment.
Seulement, si G. brille de mille feux sur le terrain public, en privé, les choses sont nettement moins glamour.

Présenté comme un énième mélo historique, « The Duchess » aura sans doute pâti aux yeux du public d’une mauvaise communication, axée sur l’aventure de Georgiana avec Charles Grey, alors que le film traite davantage de la femme qu’elle fut et de la difficile condition féminine.
Finalement, G. est bien le centre du métrage, avec ses états d’âmes, espoirs et vicissitudes du destin, un peu de la même façon que Marie Antoinette occupait le champ dans le film de Sofia Coppola.

Dès lors, « The Duchess » devient bigrement intéressant, même s’il glisse trop facilement sur le versant politique du scénario, expédiant les enjeux entre whigs et tories en deux répliques lapidaires.

Cependant, le film parvient à dépasser les clichés du genre et à faire de son héroïne une femme somme toute assez normale, mais portée par une véritable aspiration à une certaine forme de liberté.

Le succès de la recette tient, et il est important de le signaler, en partie sur les frêles épaules de Keira Knigthley, dont la capacité à convaincre est inversement proportionnelle aux kilos qu’elle perd chaque année.
Dans quelques temps, c’est elle qu’on ira chercher quand on aura besoin d’un oscar.

Pour l’accompagner, Ralf Fiennes se fond admirablement dans la peau du mari indigne et insignifiant, avec ce talent des grands acteurs qui seraient capables de vous faire pleurer dans le rôle d’une planche à pain (n’y voyez pas vraiment d’allusion à Keira, pour le coup, mais si c’est vrai que c’est une, de planche à pain).

J’allais presque oublier un élément essentiel : les costumes sont superbes.

Note : ** (oui, il faut savoir raison garder).

PS : Georgiana était l’arrière arrière arrière et j’en passe grande tante de Lady Diana Spencer. Mis à part le mauvais mariage, la comparaison s’arrête là. Ou pas. A vous de voir.

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. J’en mets une couche parce que plus çà va, pire c’est. A ces débuts, elle était du genre hyper mince, mais bon, çà c’était une question de physiologie (genre Audrey Hepburn, y’a des filles qui sont naturellement comme çà. Bon, c’est pas franchement joli, sauf sur Audrey, mais c’est comme çà).
    Maintenant, elle est franchement maigre, on lui voit les os des bras, les côtes… Elle veut choper le rôle d’Anne Franck ou quoi ??

     

    Genre : http://www.miwim.fr/blog/ressources/yopadato/septembre2008/Keira_Knightley.jpg

     

    Mais je suis sûre qu’elle a une bonne excuse, style : « je travaille tellement que je n’arrive à bloquer que 5mn par semaines pour manger, hihihihi ! »

  2. Sans aucune doute, mais je ne suis pas sûre que se soit de l’anorexie mentale chez elle. Elle n’était pas comme cela avant, et même si ce n’est pas forcement un critère absolu, elle est un peu vieille pour avoir déclaré la maladie.
    Non, c’est juste la course à la maigreur qui l’a fait prendre ce chemin là. Ce n’est pas pour rien qu’elle est une des égéries des sites pro-ana, qui fourmillent eux, de jeunes filles réellement malades.

  3. Dis donc elle date de quand cette photo, c’est effrayant et si les filles se trouvent belles comme cela c’est à désespérer. Un avis masculin serait le bienvenu.

  4. Tu veux un avis masculin, typhenn ?
    Mon avis est que c’est très moche (pour rester poli) une fille qui a la peau sur les os. Arrivé à un tel stade de maigreur, ça en devient franchement repoussant.

  5. Et vu la morphologie du squelette, je suis presque sûr que c’est un squelette d’homme et non de femme (rapport au bassin) !

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