A long time ago, in a galaxy far faraway.

Vous pouvez tout de suite aller noyer votre chagrin dans la cantina la plus proche, et passer la nuit à pitancher avec un wookie, je m’en fiche, je ne vous parlerai pas de Star Wars.
Même si je me marre, parce que je vous ai bien eu.

You know what, my dear ? I’ve found better stuff. Yep. Ou presque, parce qu’il ne faut pas non plus déconner avec les jedis.

Aller mes lapins, on embarque à bord d’un vaisseau au moins aussi obsolète que le Faucon Millenium !
Ladies and gentlemen, welcome aboard the Battlestar Galactica.

Dérivé de la série de 1978, cette nouvelle version de Battlestar Galactica redonne ses lettres de noblesse à la science fiction.
Alors que le grand écran n’offre de ce côté rien de bien réjouissant, mis à part des resucées plus ou moins réussies de thèmes largement traités dans le passé (la nouvelle trilogie Star Wars, « Sunshine », de Danny Boyle…), c’est du petit que vient le salut, avec quatre saisons pour développer ce qui s’apparente clairement plus à la naissance d’un mythe qu’à la simple errance des survivants d’une humanité perdue dans l’espace.

Venus de la planète légendaire de Kobol, les humains ont essaimé dans une partie de l’univers où furent fondées douze colonies. Afin de les assister dans leurs tâches quotidiennes, les humains créerent des robots, les Cylons. Mais se découvrant plus puissants que leurs maîtres, les Cylons brisèrent les chaînes les liants aux humains pour se rebeller et engager une guerre sans merci.
Celle-ci s’acheva sur un statu quo, prévoyant une trêve entre les deux peuples. Une fois par ans, les délégués cylons et humains devaient se rencontrer afin de débattre des termes de l’accord, mais pendant cinquante ans, aucun Cylon ne vint jamais honorer le rendez-vous.
Pendant ce temps, l’humanité baignait dans un climat d’insouciance, tout souci, toute maladie, ayant été vaincus, certains d’avoir atteint un genre d’idéal et de paroxysme de développement.
Jusqu’au jour où les Cylons se présentèrent à la rencontre annuelle, pour annoncer que l’ère des humains touchait à sa fin.

Après la destruction des douze colonies, l’humanité ne se réduisait plus qu’à 50 000 âmes, dérivant dans l’espace à bord des quelques vaisseaux rescapés de la flotte. Seul navire militaire ayant échappé au massacre, le Galactica, qui devait quitter le service le jour de l’attaque, devient le bouclier, l’ultime rempart des survivants.
Désormais, le monde n’a plus guère d’autre espoir que celui de retrouver Kobol, la planète des origines, sur laquelle demeure peut être les derniers indices qui permettront aux humains de retrouver leur planète d’origine, la Terre.

C’est autour de cet exode que s’articule l’histoire de la série, mettant en scène une galerie de personnages complexes dont les interactions sont une grande partie du sel de la série, resserrant la narration lorsque le récit gagne en ampleur.

L’une des plus grandes qualités de la série réside dans la création d’un univers cohérent, à la fois familier et dépaysant. Ainsi les coloniaux polythéistes vivent davantage comme les héros de « Rome » que comme ceux de Star Trek. Tous préjugés sexistes semblent abandonnés (une note d’intention perceptible dans les choix de casting des nouveaux interprètes de Starbuck et Boomer, toutes deux des femmes), au profit d’une simple hiérarchie d’honneur et de grades.

Sous ses airs de space opéra, « Battlestar Galactica » dissimule un survival haletant, maîtrisant à la perfection les codes du genre (« 33 », le premier épisode de la saison 1, est un petit bijou de dramatisation), à défaut d’être totalement cohérent avec l’élément science fiction.
Ainsi, « Battlestar Galactica » est à ma connaissance, le seul exemple du genre à proposer des combats spaciaux silencieux (une règle pas toujours respectée, pour des raisons de réalisation), mais aussi à présenter ceux-ci de façon réaliste (les Vipers, chasseurs de la flotte coloniale, n’utilisent leurs moteurs que par impulsions, et freinent aussi bien que des savonettes).
Mais ce sérieux se trouve écorné en deux épisodes, « L’eau », où les techniciens se baladent dans des réservoirs perforés pour y ramasser des indices sur la nature d’une explosion, sans que les immenses trous béant sur l’espace ne semblent affecter l’apesanteur.
Ou le désolant « Crash sur la lune », dans lequel Starbuck, en perdition sur un satellite, parvient à réparer un chasseur cylon dont elle colmate un trou dans la coque avec sa veste, avant de s’envoler dans l’espace (où alors, on fait de supers vestes dans les colonies…).

Si l’on exclut ces perles, « Battlestar Galactica » reste une série d’excellence, ne serait-ce que pour les deux cultures qu’elle oppose au fil des épisodes. Le but poursuivi par les Cylons, leur indéfectible foi en Dieu, leurs actes inexplicables, tout concourt à crée un climat d’expectative, et à renforcer l’aspect mythologique de l’ensemble.
Depuis Star Wars, peu de créations SF ont ainsi mis au centre de la narration non pas la technologie, mais les croyances, les cultures, les civilisations.

Une ambiance servie par un réalisme confinant à l’obsession (le hangar sent le cambouis à plein nez, la passerelle fait davantage penser à celle de l’Octobre Rouge qu’à l’Enterprise…), mais contribuant à fixer un style, une marque de fabrique détonante, habillée par une bande son qui n’est encore une fois pas sans rappeler « Rome ».

Dans le désert actuel, « Battlestar Galactica » fait figure de meilleure série de SF du moment, peut être même de meilleure série SF depuis que la télévision existe. Allant sans doute plus loin que toutes les autres, développant aussi bien sa mythologie que ses personnages, osant beaucoup sans s’embarrasser de grand-chose, autant dire que cette série est une incontournable, à aborder comme une claque en pleine figure (et à obligatoirement précéder du pilote, sans lequel la saison 1 restera opaque).

L’intention des créateurs de donner un début, un milieu et une fin à la série semble présager d’une qualité qui devrait se maintenir sur la durée. La quatrième saison sera vraisemblablement la dernière, avant que le spin off « Caprica » ne voit le jour.

D’ici là, j’ai encore 3 saisons à voir, autant de Cylons à chasser, de complots à déjouer, de mystères à éclaircir…

Note : *** (ouais, « L’eau » et « Crash sur la lune », fallait pas…)

PS : le dossier aurait été trop long à traiter mais en regardant la série, vous pouvez aussi jouer au jeu des symboles. « Battlestar Galactica » en est truffée.

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Ah ! Tu n’as vu que la première saison ? Moi j’ai vu les trois premières et j’attends avec impatience que les dix derniers épisodes de la saison 4 passe aux States pour enfin m’acheter l’ultime et dernier coffret…
    Sans vouloir spoiler, sache que la claque de la 1ère saison n’est rien, mais absolument rien, comparé à ce que tu vas te prendre dans les deux suivantes !
    J’envierais presque ta méconnaissance de la suite, et redécouvrir cette série, tellement c’est énorme !!!
    D’après un pote qui a vu les dix premiers épisodes de la saison 4, le final est dantesque…
    Mais tu as oublié de parler de la relation ambigüe entre Numéro 6 et Gaius Baltar, au combien mystérieuse et dérangeante…
    P.S. : au fait c’est wookiee (avec deux E) et non wookie. 😉

  2. Exact pour le wookiee, la faute est mienne, parce que j’ai fait klingon première langue :p

    Concernant le fait que je n’en suis « que » à la saison 1, l’explication est simple :
    lorsque le pilote est sorti sur M6, j’espérais une diffusion sur cette chaine, mais la série échut finalement à SciFi, sur le cable. Damned.

    Ensuite, comme je ne télécharge pas (la faute à un débit mystérieusement bas), pas moyen d’y avoir accès par ce biais.
    Puis, mon téléchargeur officiel était tellement surchargé de dossiers pour sa pomme que je n’ai pas non plus pu me rabattre sur cette solution.

    Ensuite, les coffrets DvD étaient trop chers, au dessus de 40 euros pour les premières saisons.

    Finalement, de streaming en rediff sur W9, j’ai réussi à voir cette fichue saison 1, avec des ellipses de plusieurs mois ou des épisodes dans le désordre (merci W9…).

    Les coffrets étant désormais passés sous la barre des 30 euros, je peux enfin me les permettre, dans l’ordre et tout à la suite.

    Si je n’ai pas parlé de Numéro 6, ni de Sharon, Leoben, de Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip (si si si, je le sais, je le sens….Biiiiiiip en est…….) et les autres, c’est à dessein, le « plan » faisant partie de ces choses qu’il faut découvrir seul.
    Et ce billet était déjà assez long comme celà :p

    Bon, à propos, je suis sur le point de terminer la saison 3 de « Deadwood » : çà y est, c’est officiel, il s’agit de la meilleure série ces dix dernières années. Toutes catégories confondues.
    Et les deux premières saisons sur à 20 euros à la Fnac. Qu’est ce que vous fichez encore là ??

  3. Le vieux Geek espère que tu lui prêteras cette fameuse série car il en est resté à la version première et encore pas dans son intégralité (à cete époque la SF ne faisait pas recette à la TV) donc sur sa faim, surtout après avoir vu quelques épisodes sur NRJ et dans le désordre le plus absolu. Pour Deadvood je plussoie et encore: « ta pas vu la fin de la saison 3 ».

  4. Si, j’ai vu, je viens de voir, j’ai juste fini, les trois derniers épisodes. Une seule chose à dire : mon Dieu mon Dieu mon Dieu…

    Plus çà va, plus cette série est énorme… En terme d’écriture, c’est toujours aussi percutant, des scénarios de plus en plus intenses, et les personnages, bon sang de putain de bon soir….

     

    Swearengen for president ? (et Bullock à la Défense : en face, ils vont tous mourir).

  5. épisode 9 de la saison 1 à peine terminé… mon dieu que d’incohérences dans cette série.
    La première étant bien évidement le non respect du silence dans l’espace. alors oui c’est un peu plus silencieux que d’autres série, mais les whouuuu des vipers qui passent et les pan pan des lasers qui font mouches ne sont pas crédibles.

    je fais une ellipse sur les deux épisodes déjà cité et dont j’avoue m’etre bien gaussé.

    Parlons par contre du Dr Baltar, soit disant génie en tout: dans l’épisode 7 ce cher savant, expert en dieu sait quoi s’imagine qu’en défonsant un moniteur ou en arrachant trois cables il arrivera à effacer l’image qui l’inculpait; l’image du personnage brillant en prend un sacré coup…

    Passons à l’épisode 9 lorsque ce cher errudit nous fais le calcul du temps qu’il lui faudra pour analyser les whatmilles fioles de sang. Mais quid de la première analyse de Boomer fait en moins d’une heure??? Sacré coquille!!!

    j’aurais encore bien d’autres choses à redire sur cette épisode et sur la méthaphysique des tubes … euh des cylons.

    pour l’instant BSG reste de moins bonne facture de space 2063

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