L’Allée de Satan.

L’actuelle campagne présidentielle le prouve très bien : les Américains sont les maîtres de la comédie. Un savant mélange d’ironie, de franche pantalonnade, de dialogues ciselés, et des acteurs au diapason font des bonnes productions hollywoodiennes (car il en existe aussi de très mauvaises) de vrais petits bijoux, plaisirs aussi coupables qu’un bon Big Tasty (parce que je me damnerais pour un Big Tasty).
«  »Tonnerre sous les Tropiques » », réalisé par Ben Stiller, succès tonitruant du box office, est de cette trempe là, nanti d’une grande qualité des grandes comédies américaines : une certaine clairvoyance servie avec une autodérision désarmante.

Au Vietnam, Damien Cockburn tourne ce qui sera sans doute le film de guerre de la décennie, voir du siècle. « Tonnerre sous les Tropiques » réunit non seulement l’adaptation d’un livre à succès, mais aussi le casting le plus lourd de l’histoire. Tugg Speedman, la star des films d’action, Jeff Portnoy, le roi de la comédie, Alpa Chino, le prince du rap, et Kirk Lazarus, l’acteur aux cinq oscars.
Seulement, les querelles d’égo et l’oisiveté de la vie de star ont raison de la motivation des troupes. Suivant les conseils d’un vétéran du Vietnam, Damien décide d’envoyer son équipe en plein cœur de la jungle pour y tourner les scènes clés caméra au poing.

Si « Tonnerre sous les Tropiques » est une comédie aussi réussie, cela tient à la peinture à la truelle qu’il réalise du monde du cinéma. Un constat dur mais irrésistible sur Hollywood et sa vanité, sa vacuité aussi, dont toute l’immoralité est incarnée par Les Grossman, le producteur (surprise au casting d’ailleurs et caricature à peine voilée d’Harvey Weinstein, ce gars qui se fait passer pour un grand altruiste). On découvre sous la caméra de Ben Stiller les us et coutumes, les coulisses, les rituels et rapports de force qui font les coulisses d’un tournage, aux antipodes des discours Disney World des DvD bonus.

Chaque acteur incarne ici un archétype hollywoodien, de la star camée au looser sur le retour, en passant par le génie qui se fait pigmenter la peau pour incarner un noir, toute la palette hollywoodienne y passe.

Malheureusement, si le film démarre en fanfare avec fausses pubs et fausses bandes annonces, il s’installe rapidement dans un rythme plan-plan sans vrais rebondissements, mis à part quelques scènes rafraichissantes (Jack Black en est un généreux pourvoyeur, sic la chauve souris, ou Ben Stiller regardant un épisode de Star Trek sur son MP4 en pleine jungle) et les interactions sympathiques entre les protagonistes (dont le personnage de Robert Dooney Jr. , avec son accent black digne d’ « Autant en Emporte le Vent » est un des plus savoureux avec ses discours sur la persécution des noirs).

En résumé, « Tonnerre sous les Tropiques » est presque un must have seen de cette fin d’année, pour la bouffée d’oxygène qu’il offre, les rires gras qu’il provoque (l’effet Big Tasty, je vous l’avais bien dit) et les perles qu’il contient («Simple Jack », ou la quintessence du rôle à Oscar (ou pas), les bandes annonces du début, si bien tournées qu’elles font immanquablement mouche, les répliques de Robert Dooney Jr et « chut, chut, pas de nom ! » interprète de Les Grossman…). Et en plus, il faut bien le dire, c’est beau, grâce à rien de moins que le chef opérateur de Mallick sur le plateau. Alors franchement, pourquoi bouder son plaisir ?

Note : **(*) (suivant l’humeur du jour)

PS : malheureusement, « L’Allée de Satan » n’est pas disponible de streaming. Normal, vu la date d’exploitation du film. Çà tombe plutôt bien, puisque voilà l’occasion rêvée d’aller voir « Tonnerre sous les Tropiques ».

PPS : « Qui a laissé le frigo ouvert ? »

PPSS : mais finalement, ne me remerciez pas…… »I’ve been a bad bad boy, father ».

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. En effet, c’est du très lourd ! A tous les points de vue…
    Une réplique de Kirk Lazarus (Robert Downey, Jr) qui m’a laissé sur le cul : « Je ne sors pas de la peau de mon personnage tant que le dvd version longue n’est pas sorti ! »
    Et bien sûr, Celui-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom est tout simplement incroyable !

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