« Cà va être tout noir ! »

Veuillez pardonner le mauvais goût évident d’un titre inspiré qui plus est par les Robins des Bois, apôtres de la finesse dans « Rrrrrr !« , mais je me suis un peu levée à 5h30 du matin pour me coller l’oeil brumeux et loucheur sur une chaine d’info en continu. Tout çà en plus pour constater que j’avais encore une fois réglé mon réveil après la bataille…. M’enfin ce n’était pas vraiment de ma faute. Trop de délégués d’un coup tuent le direct…

Mais le sujet présent est moins ce qui a amené l’Amérique à casser la Barack, que celui dont tout le monde parle ce matin.

Et ben oui, vous pensiez à qui, vous ?

Ce type, Jack Bauer donc, c’est un des rois du box office américain dans « 24h Chrono« . Connu en France mais largement ignoré dans ces grandes largeurs de notre pays, la faute à une diffusion sur la seule Canal+ (je ne compte pas les pitoyables horaires de TF1), il est pourtant, à sa manière, un chouia responsable du résultat final de l’élection dernière.

Je vous présente le président Palmer. Pendant 5 saisons, il a dirigé les Etats-Unis et donné des ordres à Jack Bauer. Pendant donc 5 ans, les Américains se sont très bien accomodés de ce président noir, sympa, juste et compétent, tellement jamais présenté comme noir mais comme président, qu’il en est devenu une figure naturellement charismatique de la série.

En 2006, son interprète, Dennis Haysbert, déclarait d’ailleurs en interview espérer que son rôle ouvrirait la voie pour un tout jeune sénateur alors inconnu au bataillon, dénommé Barack Obama.
S’étant déclaré depuis soutien du candidat, il ne reste qu’à espérer que le nouveau président ne suive pas la voie du fictif, lequel meurt assassiné dans la saison 5, pour se voir remplacer par son frère, second président Palmer du nom…

Sans abonder totalement dans le sens de Haysbert, car je ne crois pas la télévision d’une telle influence, je ne peux tout de même m’empêcher de penser que le lien de cause à effet existe, aussi ténu qu’il soit. Cela sans enlever le mérite du gagnant pour qui les choses n’étaient pas du tout acquises d’avance.
Si les séries télé avaient un tel pouvoir, cela se saurait. Tout juste sont-elles de bons sondeurs d’opinion. On ne présente pas au public une idée qu’il ne soit prêt à accepter, d’autant que les créateurs de ces programmes sont des spectateurs avant tout. Ainsi un président noir dans une série à succès n’est-il sans doute pas une audace mais un concept qui lentement faisait son chemin dans les esprits.
On apelle çà être « before the tendance« .

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Salut à toi chère dame.

    Récemment, à l’occasion du printemps du cinéma je suis allé voir moi aussi Django. Film que curieusement je n’avais pas encore vu et ce malgré mon goût pour le ciné de Tarentino et les très bons échos qu’il avait reçu à sa sortie.
    Je le dis tout de suite, malgré ses indéniables qualités, j’ai été un peu déçu au final. Peut-être en attendais-je trop?
    J’ai surtout eu l’impression que Tarentino se répète trop de films en films. Je retrouvais trop de Kill bill et de Inglorious Bastards dans la narration ou la nature mêmes des scènes : les flashbacks, le massacre de Candyland qui fait écho à celui des 88 crazy, le diner Vs la taverne, sans oublier le thème de la vengeance …
    En exégérant un peu, on pourrait presque dire que maintenant l’unique chose qui change de films en films chez QT c’est sa toile de fond cinématographique (Western, film de guerre, film de sabre).
    On y retrouve un peu les mêmes archétypes et on est finalement peu surpris, malgré le plaisir qu’il nous procure. Sur ce point ta comparaison avec Burton est intéressante pour le coté « autocitation ». La différence c’est que Sleepy Hollow, bien qu’ultra burtonien, était lui un authentique chef d’œuvre (vlan, voilà la beigne), ce qui ne semble pas le cas pour Django dans la filmo de QT (personnellement je préfère Pulp fiction et Jackie Brown).

    Sur le plan du rythme j’ai trouvé aussi le film un peu long (2h45 mine de rien), je regrettais presque qu’il ne s’arrête au fiasco succédant au diner (là ça vient peut-être de mon aversion pour les happy ends).

    Finalement, dans ce film très manichéen (bah oui l’esclavage c’est pas bien), je suis d’accord avec toi, le personnage de Samuel J, le plus ambigu, est surement le plus intéressant. Sinon bien sûr Waltz est énorme as usual, Léo en « vilain » je l’ai pas trouvé génial et Jamie Foxx fait le boulot très correctement.

    Si je peux permettre cette comparaison, et même si l’objectif initial n’était clairement pas identique, les frères Coen avec True Grit se sont essayés dernièment au Western. Avec un résultat, lui irréprochable.

  2. Ou la True Grit irréprochable? j’ai pas assez de souvenirs pour balancer dessus mais je me souviens d’avoir eu des pensées contradictoire à son sujet en sortant du cinéma!

    Pour django, je n’ai pas la finesse d’analyse de la dame mais je trouve aussi qu’il y a un air de déjà vu avec ces précédents films! Paradoxalement, c’est ce qu’on a attend d’un Tarentino ou d’un Burton et on est toujours un peu déçu car justement on a moins l’effet de surprise et le plaisir de la nouveauté des premiers films …

    Après je ne me suis pas ennuyé, loin de là mais j’ai préféré inglorious bastard que j’ai vu pour la première fois peu de temps avant Django…

  3. @ les deux du dessus : nous sommes donc globalement d’accord sur « Django ». C’était krékré bien mais on serait bien en peine d’en dire plus. Et comme Joe Gillian, même si je sens bien que c’est là que le bât blesse, je ne peux pas non plus reprocher à Tarantino de faire du Tarantino, surtout quand il le fait si bien.

    Sur « Sleepy Hollow », attention, je ne dis pas que ce n’est pas un bon film, bien au contraire, puisque je le trouve génial. Simplement, pour moi, c’est vraiment le film musée de Burton. Un film dans lequel il faisait de ses gimmicks et de son cinéma le sujet principal. Mais bon sang, comme c’était bien. Et si « Sleepy Hollow » est un musée, « Big Fish » est son dérivé en parc d’attraction. Je ne suis pas fan de ce film, mais bon, dans le fond, il est vraiment pas mal. Surtout si on le compare à, au hasard « Alice », ou l’un peu mieux mais bon, honteux de sa part quand même « Dark Shadows ».

    Tiens, d’ailleurs, moi aussi je l’ai trouvé un peu long, « Django ».

    « True Grit » est un film carrément magnifique. Mais à la différence de « Django », il se veut totalement être un western. Un western mythologique, limite eschatologique pour le genre tout entier, qui réunit toutes les figures de l’Ouest ou presque, et les conduit lentement mais sûrement à leur fin (cf.le final dans le cirque, puis dans le cimetière, les multiples symboles bibliques qui parcourent le film, le fait que son héros soit un borgne râleur et filou, combattant hors pair, et hop symbole encore, le cheval noir psychopompe, ok, j’arrête là, fallait pas me lancer là-dessus :p ).

    Du coup, comme tu le dis, Joe Gillian, pas évident, pour ne pas dire impossible, de comparer les deux films. L’intention de départ n’est pas la même. Mais en effet, les Coen ont maîtrisé leur exercice avec leur talent habituel.

    Du coup, Run, t’es obligé de le revoir pour nous donner ton avis plus nuancé 😉

  4. Mince rappeler comme ça, j’ai l’impression de ne pas l’avoir vu true grit …. Va peut être falloir effectivement que j’y rejette un oeil … Je reviendrais faire un tour ici si j’y pense 😉

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