Les cannibales ont des culottes bouffantes.

Parce qu’en chacun d’entre nous il y a un mauvais comique qui sommeille (sauf en Arthur, où il est bien réveillé), je vous gratifie de ce jeu de mot hérité d’un prof de musique au collège et que j’ai mis plusieurs années à comprendre. Parce qu’en moi, il y a une blonde qui sommeille…
Tout çà pour vous parler du dernier Amélie Nothomb…
Je vous jure, il y a des jours comme çà ou l’on n’a pas envie. Remarquez, si vous suivez mes chroniques depuis quelques temps, vous aurez constaté qu’il y a un moment que je n’arrive plus à en parler de l’Amélie. Exception fait de « Ni d’Eve ni d’Adam », qui était un pur bonheur.

Mais voilà, Nothomb est retournée à la pure fiction et se faisant, m’a déçue une fois de plus. On semble retomber dans les travers de « Journal d’Hirondelle », un rien affligeant de néant sidéral, encore qu’un soupçon d’intrigue nous tenait en haleine.

Ici encore une fois, on retrouve un univers décalé, des héros dans des situations totalement loufoques mais sur lesquelles ils arrivent à rebondir comme des chats… Et puis c’est tout…

Baptiste se rend chez des amis à un diner, où un inconnu lui explique l’attitude à tenir au cas où un tiers viendrait à décéder chez lui. Le lendemain matin, un tiers sonne chez Baptiste pour utiliser son téléphone et meurt brutalement d’une attaque. Au lieu de flanquer le macchabée dans un taxi direction l’hôpital, le voilà qui se persuade pouvoir endosser l’identité du mort. Baptiste devient Olaf et prend ses quartiers chez l’infortuné…

Un postulat de départ intéressant, une intrigue riche en zones d’ombre, une blonde éthérée comme maîtresse de maison et du champagne à gogo, « Le Fait du Prince » avait tout. Tout pour captiver comme un « Hygiène de l’Assassin », tout pour emballer comme « Les Catilinaires ».
Mais l’alchimie ne démarre jamais. Nothomb s’intéresse de très loin aux tenants et aboutissants de l’histoire, ne levant jamais le voile sur les circonstances visiblement bricolées de l’usurpation d’identité, jamais non plus sur les activités du premier Olaf, sur le mystère d’une phrase prononcée au téléphone, de mensonges évidents…
On ne peut que se perdre en conjectures, se contenter d’espérer un élément de réponse, sans doute laissés à l’appréciation du lecteur.
Dommage, car celui-ci a si peu à se mettre sous la dent qu’il finit par se lasser de ce récit vaguement intéressant dont le personnage principal n’a pas grand-chose pour lui, pas plus que l’intrigante Sigrid dont le mystère est aussi fascinant que le prix du jambon-beurre.

Une déception à la hauteur du talent d’Amélie Nothomb, dont la plume reste et demeure virtuose. Mais l’inspiration, où s’en est-elle allée ? En Suède ?
Vais aller la chercher…

Note : **

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