Le film où le yo-yo ne servait à rien…

Toujours sur la brèche, à l’affût des nouveautés et des révolutions technologiques qui bouleverseront demain notre quotidien…
Oui, d’accord, ce n’est pas moi, qui ne saurais même pas passer un coup de fil avec un I-Phone.
N’empêche, rien que pour pouvoir vous le raconter ensuite, je suis allée voir « Voyage au Centre de la Terre », alors que je n’y traînais à reculons et que je n’aime pas Brendan Fraser et de façon générale, les films dans lesquels il officie (bon, et puis on me payait ma place, alors…).

Autant passer tout de suite sur le superflu, l’histoire, pour développer plus tard l’essentiel.
« Voyage au Centre de la Terre » n’est pas une adaptation du roman de Jules Verne, mais une réécriture du mythe contemporaine. Traduction : les héros connaissent le bouquin par cœur et suivent les traces de Lidenbrock sous la croute terrestre.
En deux mots comme en cent : aucun intérêt.
Trois personnages à la psychologie granitique (traduisez : ils s’effritent) évoluent dans cet univers souterrain plein de blagues à deux ronds, et vivent des aventures excitantes comme une cessions parlementaire un mercredi d’aout.
Le tout réalisé par un pied bot.

Oh, la belle séquence pompée à Indiana Jones….

Et c’est sans doute là le problème lorsque le dit réalisateur se prend l’envie de faire son film en 3D, en exploitant les progrès de cette technologie.
Parce que autant le dire tout de suite, le procédé n’est pas encore top au point, ce qui rend la projection un chouia désagréable, impression accentuée par la nullité crasse de tout ce qui se déroule à l’écran. Et en 3D en plus.

Prenons les choses dans l’ordre :
Lorsque vous achetez votre place le cinéma, vous déboursez deux euros de plus que le tarif de base. Ne hurlez pas comme çà, c’est à cause des lunettes. Oui, ces précieux binocles que l’on vous prête gracieusement le temps de la projection. Saleté de machins…

Car les lunettes sont le premier point noir de l’expérience.
Désinfectées (dès fois qu’on attraperait le chikungunia avec) mais pas nettoyées au niveau des verres, autant partir au ciné avec vos lingettes Voir (chut chut, pas de marque) histoire d’être sûr de distinguer quelque chose à travers.
Lourdes, en moins de trente minutes vous avez un profond sillon sur le nez et les douleurs qui vont avec (ok, j’ai un nez bizarre, beaucoup trop petit pour porter des lunettes sans qu’elles tombent toutes les cinq minutes.
Pénible quand on est myope comme un tyrannosaure).
Noires, elles vous donnent rapidement l’impression de regarder le film avec des lunettes de soleil. Toutes les couleurs en sont affadies, la luminosité annulée, et la richesse des images sacrifiée.
Trop lisses, elles reflètent tout ce que se passe en périphérie de votre vision. Vos mains en bas, vos voisins à droite à et gauche. Un rien pénible tout de même, ces résidus qui viennent parasiter le peu de plaisir qu’il vous reste.

Ensuite, le rendu en image.
Le moins que l’on puisse dire, est que c’est intéressant. La 3D donne un relief (allez, proférons tous des évidences) capable de rendre vivante la prestation zombiesque de Brendan Fraser (dont le regard de braise éteinte rivalise avec le degré d’intensité atteint par Orlando Bloom sur l’ensemble de sa carrière).
Sauf qu’une fois habituée à la chose, bah, comment dire… Rien, justement, et c’est bien là tout le problème.

Il faut dire aussi que « Voyage au Centre de la Terre » n’étant rien de plus qu’un navet, difficile d’aller plus loin que quelques effets visuels sympas, genre Brendan Fraser qui vous crache de l’eau à la figure, un yo-yo (ficelle scénaristique esquissée, mais jamais exploitée, du grand art…) qui vous frappe en pleine tête, ou un poisson qui vous attaque.

Il semblerait donc bien que le jeu n’en vaille pas encore la chandelle. Tant que le procédé sera aux mains de tâcherons maladroits, la 3D restera cantonnées aux films d’étés à la con pour mômes de moins de six ans (au-delà de cet âge, vous commencez déjà à vous dire que décidément, c’est rien que de l’arnaque).
Peut être bien qu’un jour, Zemeckis s’y mettra, ou alors peut être nous fera t’il « Beowulf » en 3D. Le jour où il fait çà, c’est sûr, j’achète le dragon…

Note : 0 (sauf si vous êtes curieux… Vraiment très curieux).

PS : Promis, promis, je reviens bientôt, d’autant que j’ai des tonnes de choses dans ma musette (des Gallois de Gaule, des assassins idiots, des canadiennes mal coiffées, des compacteurs de déchets…. Bref… De quoi rattraper le temps perdu plutôt deux fois qu’une !)

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