L’histoire du gars qui avait mal tourné.

Souvenez vous, il a y quelques années, James Mac Avoy apparaissait sur nos écrans dans la peau d’un faune avec une écharpe rouge et un parapluie. Monté sur pieds fourchus, le teint rubicond, il entrait dans le grand monde du cinéma parmi le bestiaire de C.S. Lewis dans la première adaptation de Narnia.

Mais qu’est ce que vous avez fait à Mr. Tumnus ?

C’était avant qu’il ne s’engage dans l’armée pour oublier Kiera Knightley (« The Atonement ») et qu’il devienne le meilleur pote d’Amin Dada (« Le Dernier Roi d’Ecosse »).
Puis, James a rencontré Angelina Jolie et à partir de là, tout à dérapé…

Réalisé par un type qui porte le même prénom que Tamerlan, « Wanted » est un film d’action aussi intéressant qu’il est bourrin, à mille lieues d’un « Bons Baisers de Bruges », s’il fallait citer une référence.
A cent mille d’un « Hancock » également, pour vous cerner encore moins précisément le tableau.

De fait, « Wanted » est un poil inclassable. A cheval entre le film de super-héros, le polar, le comics, et le grand guignol.

Sans y aller par quatre chemins, ce film est russe. Jusqu’au bout des ongles d’Angelina. Jusqu’aux cadrages de psychopathes et aux ralentis pourris que même Peter Jackson n’aurait pas osé.
Excessif, violent, espiègle, sournois, « Wanted » n’a guère en commun avec les productions hollywoodiennes de même acabit. Ici, on nage avant tout dans un univers décalé, où tout déborde du cadre.

Et pourtant malgré cet excès permanent, « Wanted » fonctionne à plein régime. Sans une minute de répit, sans un plan de gaspillé, sans une once de message philosophique à la « mord moi le nœud » que l’on nous sert habituellement avec ce genre de divertissement, Timur Bekmambetov vient tout bêtement vous raconter une histoire (en écornant peut être un peu trop gentiment le modèle américain surtout dans son intro où les intentions ne sont pas à la hauteur des moyens déployés). Celle d’un type lambda qui découvre brutalement que son père a été assassiné par un tueur professionnel, lequel veut sa peau en prime.
Pris sous l’aile de la mystérieuse Confrérie, il va devoir apprendre la voie des assassins pour abattre son ennemi.
Dit comme cela, le scénario apparaît d’une banalité affligeante, et autant vous rassurer, tout de suite, il l’est, twist ou pas twist.

Ne vous fiez pas aux apparences, cette femme a fait voeu de repeupler la planète. Son complice répond au nom de Brad…

Simplement, entre les questionnements existentiels de trentenaires dans un cent vingt mètre carré à Montmartre et cette catharsis efficace et dépaysante (la réalisation a de quoi désarçonné, surtout si vous n’avez-vous ni « Night Watch » ni « Day Watch »), j’ai choisi mon camp.
Bekmambetov n’a pas son pareil pour implanter une mythologie et la faire tenir debout en quelques scènes.
Le résultat de ce premier métrage américain est un film immersif, non dénué de double sens mais qui se doit d’être pris au premier degré.

Note : *
(efficace, mais ce n’est pas le film de l’année. Et puis c’est tellement particulier, que je ne voudrais pas vous conseiller un truc susceptible de vous sortir par les yeux au bout de cinq minutes… Tu vois Bollywood ? Et bien le décalage est presque le même.)

PS : Je suis un peu autiste en ce moment, c’est normal. Je finis un Pratchett et j’ai par erreur entamé en même temps le dernier Vargas.
Autant dire que je jongle allègrement…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *