Ce n’est pas dans les vieux crânes de cristal que l’on fait les meilleures soupes…

Sans chercher à me dédouaner pour l’abattage en règle qui va suivre, je tiens à dire que je ne pense pas (mais vous me direz peut être si j’ai tort) réfléchir en mode « c’était mieux avant » ou encore « vieille conne nostalgique ».
Encore que, tout cela doit sans doute faire partie du problème…
Mais bref, essayons de réfléchir calmement.

La résurrection d’un mythe est toujours attendue au tournant. Et forcement, ne souffre pas l’approximation et encore moins le foutage de gueule (j’en veux pour preuve la nouvelle trilogie « Star Wars » qui avec le recul, tout de même… Bon bref…).
Pour illustrer mon propos, tenez : hier soir, M6 diffusait l’épisode de « Sex and the City » où Carrie, mise au pied du mur par Aidan, se révèle allergique au mariage et incapable de sauter le pas. Edifiant, à quelque jours de la sortie d’un film s’ouvrant sur le … mariage de Carrie et Mister Big (lequel est un handicapé matrimonial notoire…).

Mais je m’égare. Revenons en au docteur Jones, étrangement absent de la scène d’ouverture (mauvais signe) et mis d’emblée en échec dès son apparition. Ce qui donne au commencement l’étrange impression que l’on n’est pas réellement dans un « Indiana Jones »…
Sentiment renforcé par un titre du film donné en lettres grises, police froide, à mille lieues de l’habituellement fun et colorée.

Voilà donc ce que vous ne verrez pas dans le générique d’ouverture, perso, çà m’a gênée…

Et tout continue dans ce sens, un enchaînement de séquences pompées des trois précédents films, passablement désincarné, sans créativité ni surprises… Mais dans une ambiance bon enfant décomplexée faisant de l’ensemble un divertissement plus qu’efficace et honnête propre à ravir toute la famille.

Paradoxe d’un scénario indigne confié à un génie comme Spielberg, transformant la médiocrité en paillettes voire en or au travers de quelques séquences assez mémorables (le final magique en Amérique Latine, en particulier). Paradoxe de dialogues souvent niaiseux fonctionnant à plein régime grâce à une belle dynamique de jeu d’un casting visiblement pas mécontent de se retrouver là.

Attention, cette méchante a des super-pouvoirs… Qui ne seront même pas exploités dans le film… Mais que font les scénaristes ???

Seulement, on pardonnerait plus facilement ses faiblesses à cet « Indiana Jones » s’il s’agissait d’un « Indiana Jones ». Malheureusement, je suis sortie de la salle sans en être convaincue.
Manquait-il d’un je ne sais quoi ?
Y avait-il un os quelque part ?
Assurément.

Tout d’abord, un montage un chouia douteux, rendant certaines scènes d’action un poil illisible, un comble chez Spielberg, seul homme capable de rendre clair comme de l’eau de roche le débarquement en Normandie.
Ensuite, la présence injustifiée de nombreux effets spéciaux. Je comprends bien l’utilité de l’explosion nucléaire pour montrer à quel point autour de Jones, le monde a changé, mais je pige mal le running gag avec les chiens de prairie dans les premières minutes, ou encore la séquence avec les lianes (particulièrement moche, d’ailleurs)…
Je m’offusque d’autant plus que l’on nous bassine depuis des mois sur le côté « old school » du film en question, censé avoir conservé le look des premiers. Pour le coup, foirage complet…
Pour finir, le choix de l’intrigue autour des crânes de cristal n’était pas idiot, bien loin de là, ne serait-ce parce qu’il se place bien dans une époque où la folie des OVNI commence à naître et où le progrès galope de plus en plus vite, mais le thème se trouve traité d’une telle façon qu’il en perd une partie de sa force, à grand coup d’explications nébuleuses…

« Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal » m’a semblé en définitive un copié collé tardif et sans inventivité d’une franchise éprouvée et peut être finalement usée jusqu’à la corde. Etait-il nécessaire d’en rajouter une couche (je ne parle pas du budget fond de teint maxi couvrance d’Harrison Ford) ?
Pas sûr.

Une chose cependant est certaine : ce quatrième épisode est bel et bien venu parce que le temps manquait, que Harrison Ford n’allait pas éternellement attendre et que à force de tergiversations, il semble bien que l’on ait voulu se débarrasser du colis.

Un peu triste.

Note : **

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  1. Boh ! Moi je dis : tu en attendais trop…
    Perso, j’ai pas été trop déçu, parce que j’avais lu une critique d’un chanceux qui avait pû le voir à Cannes le dimanche soir où il y a été projeté dès le lundi précédent sa sortie officielle. Dans cette critique, il mettait en exergue les faiblesses que tu as soulevé et qu’il ne fallait pas s’attendre à un chef d’oeuvre, loin de là ! Qu’il fallait juste s’attendre à un divertissement familial, où tout le monde (acteurs comme spectateurs) s’amusent comme des petits fous… comme des grands enfants. Le tout, à grands renfort de clins d’oeil et de clichés. Et j’y suis allé dans dans cet esprit (du moins j’ai essayé). Mais j’avoue en être ressorti avec une demi-banane : deux heures de défouloir à n’en plus finir (mais timé avec un professionalisme rare : bravo au story-boarder ! ni trop, ni pas assez), mais avec le sentiment que le duo Lucas (co-scénariste, avec David Koepp, mentionnons-le) et Spielberg ont peut-être été un peu too much pour le final. Mais après quelques jours de recul, j’ai ressassé un peu tout ça (bon signe, déjà, si un film nous reste à l’esprit longtemps après l’avoir vu), et je citerais l’auteur de la critique dont je parle pour expliquer pourquoi la deuxième moitié de banane m’est finalement venue : « Que retenir finalement de ce film ? Avant tout un superbe divertissement pop-corn destiné au grand public. […] Alors certes il faut chercher un peu, comme Indiana Jones, pour dénicher de la personnalité dans le film (à moins de connaître par cœur Spielberg), mais au final le sentiment de nostalgie et le plaisir des retrouvailles l’emporte sur le film lui-même. »

  2. Je suis dans l’ensemble d’accord avec toi (ce qui explique mes deux étoiles). Bon divertissement, vrai film pop corn, une rolls dans le genre (si on fait la comparaison avec « Pirates des Caraïbes » par exemple, on réalise soudain que l’entertainement, ce n’est pas à la portée du premier péquin venu).

    Juste que, question nostalgie, je n’ai justement pas eu ma part, ne retrouvant pas dans ce film ce qui faisait l’alchimie des « Indiana Jones » précédents.

    Mais dans ton commentaire, un nom m’a sauté au visage : George Lucas… J’ai l’impression d’avoir trouvé le coupable… (Lucas, il est comme les grands chercheurs, génial dans la première moitié de sa vie, nuisible dans la seconde…). Je vais creuser un peu dans ce sens…

  3. Je suis assez d’accord en ce qui concerne Lucas. J’avoue avoir cillé quand j’ai vu dans le générique du début qu’il était crédité comme co-scénariste. A force de recevoir des scénarii qui ne lui convenaient pas, il a sûrement voulu prendre les choses en mains… Il aurait peut-être mieux fait de s’abstenir, je le reconnaîs, et de se contenter de son poste de producteur exécutif…

  4. J’ai mis mes vacances à profit pour mener mon enquête et voilà ce que j’ai trouvé : il y deux trois ans, alors que les piles de scenarii s’entassaient sur le bureau de Mr. Lucas dans le Skywalker Ranch, est arrivé un script signe Franck Darabont (le réalisateur des « Evadés » et de « La Ligne Verte » entre autre) qui avait réellement emballé Spielberg et Harrison Ford. A tel point que tous les deux ont dit « banco, on commence demain » dès la dernière page lue.

    Sauf que le scénar en question n’a pas du tout été du goût de George Lucas qui a alors décidé que les conneries s’était fini, après tout, Indi est sa chose, il en fait ce qu’il veut, donc il écrira le dernier épidose, point barre. Et que même s’il a envie de faire une nouvelle saga avec Shia Laboeuf/Lebeauf/Labeuf/Labouif dedans, il a le droit, c’est lui le patron…

    Je me demande bien que qu’il y avait dans le scénario de Darabont qui a fait bondir les trois gus pour des raisons aussi différentes…

  5. Ouaip, c’est bizarre ! Pourtant, Darabont c’est un habitué des productions Lucas, il a signé et co-signé plusieurs scénarii pour lui…

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