Qui sait ?

Vous le savez, je suis bon public et toujours prête à reconnaître les qualités là où elles sont, même dissimilées dans des strates épaisses de stupidités (comment çà, ce n’est pas vrai ? Intransigeante, moi ? Noooooon).
Vous le savez aussi, je suis la première à dire du bien du service public. La preuve, j’avais à l’époque fait une critique élogieuse des nouveaux « Rois Maudits », où Jeanne Moreau se pavanait avec ses gants Mappa…

Et oui, cela faisait longtemps que je ne vous en avais pas parlé.
J’aurais pu vous faire un beau billet sur « Guerre et Paix » si je ne m’étais pas endormie pendant la bataille d’Austerlitz. Ouais, pioncer pendant Austerlitz, çà craint. Cela dit en passant, le faire pendant Waterloo, c’est pire (suivez mon regard…).

Non, je vais vous parler un peu de Maupassant dont France 2 fait ses choux gras depuis plus d’un an.
La raison du succès est simple, la production est de qualité. Castings prestigieux (sauf quand on nous colle Clotilde Courau son altesse sérénissime qui ferait mieux d’occuper sa royale personne à ne plus jamais jouer la comédie, pour le bien du peuple tout çà…), réalisations plus que correctes (Chabrol, qui n’est pas le dernier des nullos, est passé par là), et surtout, surtout, des scénarios béton, pas grâce à nos prestigieux ôteurs frââânçais contemporains, mais bien grâce à Maupassant lui-même, conteur hors pair à l’imagination débordante.

Soit dit en passant d’ailleurs, une question m’interroge, comme on dit : Maupassant, c’est bien si je ne m’abuse un auteur de nouvelles fantastiques ? Notre Edgar Allan Poe à nous ?
Or, depuis le début de la télédiffusion, ni Horla, ni Chevelure
Peur de la chaîne de voir son public la déserter ? Mise en marge de cette production pourtant considérée comme fondatrice de la littérature du genre ?
Mystère, mystère… En attendant la saison 3…

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Je n’en suis pas du tout étonné, personnellement. Qu’a écrit Maupassant dans l’imaginaire collectif ? Des nouvelles et romans rébarbatifs que l’on a étudié à l’école et que les adultes nostalgiques voulant se redonner une bonne conscience regardent (sans jamais les avoir lu vraiment), abrutis devant leur télévision bénie.
    A part peut-être « Le Horla » qui est parfois étudié en classe (et pas toujours considéré comme du fantastique, je parle d’expérience), peu de gens savent qu’il a été notre Poe national. Et vu le succès, oups, le bide des dernières productions dites fantastiques de France Télévision (« David Nolande » et « Les Oubliées »), je comprends très bien qu’il y ait une certaine frilosité voir une hypocrisie à aborder le sujet…

  2. Je suis assez (attention, çà va te faire un choc…) d’accord avec toi.

    Par contre, tu ne m’enlèveras pas de la tête qu’il est dommage de ne pas profiter du fait que Maupassant marche pour glisser une adaptation d’une de ces nouvelles là, par exemple en seconde partie de soirée (parce que çà fait un tout petit peu peur quand même…). Justement, le Horla, qui n’est pas exactement d’un genre défini ( le rationnaliste dira toujours que le héros est fou, point barre, un peu comme dans Rosemary’s Baby…) pourrait se révéler une bonne occasion… Mais bon, frilosité, quand tu nous tiens…

    Tu parlais des échecs des productions fantastiques françaises. Il faut voir aussi que ce n’est pas non plus de la grande qualité (quoi que David Nolande était plutôt bien foutu dans son genre) et que cela n’accroche donc pas trop le téléspectateur…

    Je me demande si en France, ce qui marche n’est pas le fantastique rationnel, genre Dolmen ou tout s’expliquait à la fin, ou Lost, puisque peu à peu, les mystères de l’île trouvent généralement une logique.

    Le surnaturel, le vrai, étrangement, cela ne prend pas : manque de sérieux, de plausible, sans doute…

    Bon, je dis çà, je ne dis rien, puisque je crois me souvenir que la série de l’été de TF1 avec de vrais morceaux d’extraterrestres dedans (j’avais même regardé le dernier épisode pour être bien sûre que çà allait se terminer sur de la SF et pas un truc bidon genre : « c’est l’armée qui a lobotomisé les gens pour leurs faire croire que c’étaient des extraterrestres pour couvrir des essais nucléaires clandestins dans les Cévennes… ») avait plutôt bien marché…

    Quand on pense que Heroes a fait un four à côté de « çà », et ben c’est à désespérer… (en même temps, je sais, Heroes l’a bien cherché…)

  3. Je crois tout simplement qu’il faut en chercher la raison dans le fait que le genre Science-Fiction, Fantasy et Fantastique n’a toujours pas bonne presse dans la société ultra-réaliste française. Et dire que cela dure depuis l’époque des Lumières ! On a perdu l’habitude de faire du bon fantastique. En matière littéraire on ratrappe un peu du terrain, mais ça reste néanmoins réservé aux amateurs du genre. Quant à l’audiovisuel, je ne sais pas si l’on sortira un jour de ce cloisonnement où le « Merveilleux », au sens généraliste du terme, ne sera plus un sous-genre réservé aux enfants…

  4. Quand tu parles des Lumières, tu fais allusion aux gus poudrés qui buvaient le thé dans des salons et se baladaient en perruques chez Madame Scaron ou alors aux frères Lumière (contemporains de Méliès d’ailleurs, qui était français et réalisateur de films fantastiques, cela dit en passant…) ? ^^

  5. Ben je veux parler du « Mouvement des Lumières » du XVIII°, dans la lignée de Diderot avec son Encyclopédie et consort.

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