« C’est Emile le tueur ! » : Crimes à Oxford, cité de la peur…

Il n’y a pas à dire, l’Angleterre, çà a tout de même un charme fou. Songez un peu, un pays où les universités sont toutes en pierres de taille et où les thésards ont des bureaux perso (comment çà, je fais un projection ???), où les villes semblent s’être bloquées dans leur évolutions il y a deux siècles, où l’on assassine gentiment les gens, mais jamais à l’heure du thé et où l’on résout des meurtres au pub, entre deux pintes de bière.


(La Dame vous présente son futur bureau. La Dame a aussi le droit de rêver…)

Sauf que filmé par Alex de la Iglesia (« Mes chers voisins », « le Crime Farpait ») l’ensemble se laisse gagné par la gangrène d’une photo cradingue soulignant le glauque de ce petit monde clos où les passions s’exacerbent et les cerveaux marchent à 200 %, dans le bouillonnement permanent d’une ville malade, limite cancéreuse (et visiblement aussi cancérigène, vu le nombre de chimio au mètre de pellicule…).

Alors que vient donc faire le héros américain, Martin (Elijah Wood, décidément de plus en plus mauvais…) dans cette galère ? Etudiant en math, le yankee s’est donc inscrit à Oxford pour y faire sa thèse, espère t’il sous la direction du prestigieux professeur Seldom, mathématicien et décrypteur des codes de la machine Enigma pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Seulement, Seldom a décidé de ne plus s’occuper d’étudiants et de se consacrer à la rédaction de livres, royalties à la clé. Martin, qui avait pourtant poussé le vice jusqu’à se trouver un chambre chez une amie de Seldom, se casse les dents sur ce monstre de suffisance et décide de rentrer chez sa mère. C’est alors que son hôtesse est retrouvée assassinée, après que Seldom ait reçu un mot lui indiquant que ce meurtre n’est que le premier d’une longue série…


« -Tu vois Elijah, là j’interprète la surprise.
-Délire ! Mais comme tu fais ?« 

Malheureusement, le « Da Vinci Code » a fait des petits. « Mathématique du crime » en est un, roman argentin basé sur une intrigue composée d’équations et de machins montés en graphiques qui me collent des maux de tête. Sans doute, l’intention de l’auteur était elle de rédiger un roman aussi prenant que le prestigieux aîné, mais sans ésotérisme et avec rien que de purs morceaux de logique dedans.


(Ici, Elijah joue la scène délicate du « regard en coin », sa seconde expression sur les trois utilisées pendant le métrage…)

Les intentions sont bonnes, mais au final, cela donne un film aussi formellement travaillé que scénaristiquement bancal.
Les meurtres s’enchaînent, sans que l’on n’aperçoive le début du commencement d’un problème mathématique, remplacé paresseusement par une suite de symboles sans queue ni tête, n’ayant même pas le mérite d’être logique.
L’ambiance générale sert de liant à cet imbroglio mortel mais aussi terriblement inoffensif (pour une raison que je ne vais pas révéler, se serait vache de ma part), ce malaise suintant de tous les murs et par tous les pores de la peau des protagonistes, pas toujours super crédibles (en tête de file le flic qui n’en fout pas une, et l’infirmière pleine de seins qui fait figure de grand n’importe quoi…).
La conclusion, évidemment à quadruple détente (sinon çà aurait vraiment été une arnaque) laisse sur sa faim, mais donne aussi tout son sens à l’expression « tiré par les cheveux ».

Dispensable ? Assurément. De la Iglesia a délaissé sa folie furieuse pour se plonger dans un drame monolithique auquel il prête sa personnalité mais oublie d’insuffler une âme.
Dispensable mais surtout regrettable…

Note : *

PS : c’est quand même drôlement beau Oxford…

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Muahaha, j’ai ris dès le deuxième paragraphe, un record!

    J’admire ta plume, enfin ton clavier, ton esprit caustique et critique.
    Je crois que j’étais plus impatient de lire ton billet sur l’épisode que de voir l’épisode lui même.

    Continue comme ça, et je te suivrais sans doute encore longtemps.

    Bien à toi,
    choub

  2. Haha, j’étais sûre que vous alliez faire le lien entre les frisouilles et le boudin!
    (mais les Greyjoys ne sont pas frisés, pourtant, il faut dire que leur boudin est un poil plus couillu (si j’ose dire sans tomber dans l’image potache) aussi).

    A propos du lovecraftisme poussé des Greyjoys, j’ai adoré découvrir à la lecture que l’un des navires de la flotte des Iron Islands s’appelait « Lord Dagon » nan mais SANS DEC? paye ta subtilité dans les références XD ah ce vieux Grrrr!

    oh et puis j’avais lu l’article à sa sortie, et je reviens faire mon petit comm’ quand soudain TA-DAH un blog tout noir! mais qu’est-ce donc? le blog prend le noir? il s’est décidé à être « badass et grognon en toute circonstance »?
    mais… il y a des bouts de bleu qui luisent dans tout ce noir… Oh My Great Other! le blog est des nôtres! (oui je « joue » une Autre sur le forum de la Garde) youpiiii!
    faisons pleuvoir les confettis glacés! \o/

  3. GRR est remarquablement peu subtil, quand on y pense (sérieux, à la relecture, mais COMMENT j’ai pas vu Loras/Renly ). Mais il y va tellement avec des panzers qu’on ne voit RIEN. Y compris concernant les trucs les plus « secretsmystérieuxcachés » dans ces foutus romans. Genre la mère de Jon Snow. Tellement écrit gros entre les lignes, que raaaaaah, quoi : tout est dans le tome 1 (et si c’est pas ça, j’irai me pendre à un barral avec le câble de ma souris sans fil, parole).

    Pour le nouveau thème, il faut remercier le Grand Architecte, Llu, qui a fait tout le boulot (sans elle, vous ne pourriez pas lire mes bêtises). Finalement, il est classe, le fond noir 🙂

  4. On a le droit de donner son avis sur la mère de Jon Snow pour voir si on a déduit pareil ou ça serait du spoil scandaleux puni de fouettage aux orties ?

  5. De toute façon, ce n’est qu’une théorie, on ne brûle plus les gens pour ça maintenant. En plus, je suis convaincue que Grrrrrrr ne s’en servira jamais et laissera toujours planer le mystère qui à mon avis n’en est en fait pas un (après relecture du tome 1, c’était limite du noir sur blanc, mais j’étais peut être très influencée par la dite théorie, aussi….).

    Il lâchera le morceau en convention, après la sortie du dernier tome.

    Balancez donc !

  6. Alors je pense que la mère de Jon c’est Lyanna Stark, parce que dans le premier tome Ned lui dit qu’il est un vrai Stark, ce qui est probablement vrai puisqu’il a le physique (ce qui énerve doucement Catelyn d’ailleurs).

    Etant donné que Ned est un père la morale, je le vois mal se taper la gaudriole juste après son mariage et ramener en sifflotant un marmot joufflu au château familial (c’est un peu comme Stannis dansant sur un char de la gay pride).

    En plus, ça expliquerait son mutisme légendaire puis qu’imaginez la tête de Robert s’il apprenait que sa chère Lyly d’amuuuur avait fait plus que les yeux doux à ce cher Rhaegar. D’ailleurs la fameuse promesse de Ned à sa soeur mourante serait sûrement un truc du style « Neeeed promets moi de veiller sur lui comme sur ton propre fils et surtout, envoie le chez le coiffeur tous les … argh »

    Enfin (but not least) ça donnerait à Jon un brin de coolitude avec du sang de dragon dans les veines (et encore un bel inceste pour peu qu’il culbute un jour Dany avant de souffler en coeur dans des cors à dragons et tout et tout)

  7. Oui parce que je pense qu’à la fin, la bonté chasse les méchants grâce aux retrouvailles du Nord et du Sud avec Jon et Daenerys sur des dragons (yeah !)

  8. Gens qui n’avez pas lu les livres, je vous préviens, ça spoile sans spoiler dans la suite de ce commentaire, alors à vos risques et périls, à bon entendeur, cordialement, tout ça :

    Eheh, ben tout pareil que toi. Je pense que Jon est bien issu d’un Stark, mais pas de celui que l’on croit.

    « Promets-moi, Ned. Pour avoir aimé le parfum des roses d’hiver… » => un enlèvement, ahah ! Tu parles, je lol…

    T’as le choix entre Robert Baratheon, le gentil bourrin, beau comme un dieu mais notoirement alcoolo, qui est fou amoureux de ta personne et Rhaegar Targaryen, le prince-poète, beau comme un dieu, notoirement irréprochable, qui est fou amoureux de ta personne….

    Lyanna avec son « sang de loup« , n’avait sans doute pas le sens du devoir de son illustre frère. Sinon elle serait sagement restée à Winterfell au lieu de son compromettre en tant que maîtresse du prince. C’est d’ailleurs le seul truc qui m’a longtemps fait hésiter sur cette théorie : une Stark, risquer son honneur, celui de sa maison, et plonger un continent entier dans la guerre pour les beaux yeux d’un harpiste reconverti en guerrier sur le tard…

    Mais Lyanna, il n’y a que Ned et Robert qui nous la racontent… Avec tout ce que cela comporte comme non-dits (je crois que dans ses PoV, Ned dit assez explicitement, qu’il y a des choses qu’il ne peut pas dire à Robert, parce que ça lui ferait trop de mal. Je crois….) et comme idéalisation de cette pauvre jeune femme morte trop jeune et dans de tragiques circonstances.

    Je suis plus que convaincue de la validité de cette théorie, plus le temps passe, et plus ça me semble évident.

    Par contre, je ne sais pas si je serais partisane d’une réunion targaryenne dans la joie, l’inceste, et la bonne humeur. Déjà parce que Jon est un frère juré de la Garde de Nuit => no zob in the job. Politiquement, s’il s’avérait bien être un bâtard du prince Rhaegar, cela ne change rien. Il y a plus légitime que lui dans la liste de succession et la personne en question a trois dragons, et c’est la fille d’un frère et d’une soeur, donc elle gagne, quoi qu’il arrive, incest powa. Enfin je ne sais pas s’il est nécessaire de tout révéler, au final.

    De toute façon, il n’y a qu’une personne qui est susceptible de savoir et présentement, elle dérive dans son château sur les marais… Autant dire que c’est pas demain la veille qu’on saura (sauf si certaines personnes assez proches de ce témoins sont elles aussi au courant…).

    C’est justement l’impasse faite sur ces personnages dans la série (à moins que la saison 3 ne me fasse mentir) qui me laisse penser que l’ascendance de Jon restera « cachée ». Sinon, GRR aurait peut être poussé pour les faire entrer en piste. Mais encore une fois, la saison me fera peut-être mentir….

    J’ai l’impression de spoiler comme un chacal…

  9. En même temps on interprète, donc ce n’est pas à proprement parler du spoil. Pour la série, c’est peut-être aussi les réalisateurs qui font leur sélection de personnages. Et puis il y a eu la scène de la crypte donc ils peuvent toujours se faire une belle scène de récit de « l’enlèvement » de Lyanna un jour où l’autre pour raccrocher les wagons.

  10. Exact, le raccrochage de wagons est toujours possible. Pour l’instant, j’ai surtout eu l’impression que le personnage de Lyanna était utilisé pour justifier l’échec du mariage de Robert et Cersei.

    D’ailleurs, question pour des gens qui n’auraient pas lu les livres : comment avez-vous compris les causes de la rébellion de Robert contre Aerys Targaryen ? J’ai le souvenir que c’est expliqué dans les deux trois premiers épisodes, mais parmi la masse d’infos reçues, je serais curieuse de voir ce qu’il en est ressorti (parce qu’est-ce qu’ils sont denses ces premiers épisodes…Un sacré boulot d’adaptation…)

  11. J’avais pas lu les bouquins a l’époque j’me permets de répondre , donc y’a deux scènes qui posent les bases de la rébellion de Rob la fureur, tout d’abord 1er épisode dans la crypte de Winterfell Ned et Rob parle de Lyanna et de Rhaegar

    ensuite la scène dans la salle du trône entre Jaime et Ned qui informe sur ce qui s’est passé (la mort de Rickard/Brandon et le roi fou)

    (ps : j’aime assez tes billets à l’humour corrosif , j’espère que tu vas continuer comme ça !)

  12. @Taches d’encre

    Des fautes, où ça ? 😉

    Malheureusement, les lecteurs ne peuvent pas éditer les commentaires.
    C’est pour ça que l’option prévisualiser existe même si je reconnais que ça m’arrive trop souvent de ne pas me relire et d’avoir tendance à cliquer trop vite sur envoyer 🙂

  13. Bon on frôle le délit de spoiling par ici . Heureusement je ne crois pas qu’il y ait de sanction à cela,

    Pour me mettre mon grain de sel là dedans. Je dois dire que j’ai été un peu déçu par l’épisode. Sans en avoir vu le contenu, j’avais lu que c’était sans doute le meilleur tout ça blabla. Du coup, j’avais un peu plus d’attente que cela (je suis un chieur en fait). Je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui cloche mais voilà j’attendais plus. On a un peu perdu les plans larges des premiers épisodes, je trouve le combat de Yoren trop chevaleresque (je ne me souviens pas de le scène exactement dans le livre) mais là ça ressemble furieusement à un suicide, ce qui me paraît assez curieux pour un membre de la garde de la nuit. Je ne le vois pas comme quelqu’un au fait des jeux de pouvoirs mais plus comme un mec obtus qu ia décidé qu’on ne pouvait pas revenir sur les gars qu’on lui avait donné. Sans doute en rapport à leur serment tout ça, quand c’est fait, c’est fait …. Mais là je me vautre peut être sur mon interprétation.

    J’ai bien aimé Margaery et comme elle a montré ses seins, je dois avoué que je n’avais pas vu sa robe avant de lire l’article. Le coté « Cheap » ne m’a pas choqué, un peu plus sa proposition de faire venir Loras dans leur chambre et tout le toutim… Bien que ça montre aussi que c’est un personnage qui veut sauver les apparences et qui ne se retrouvent pas marié par amour, elle joue le jeu des trônes. Je ne suis pas sur d’avoir cette vision là d’elle dans le livre (je ne parle pas de sa poitrine).

    J’ai bien aimé Brienne, ouaou, je m’attendais plutôt à trouver son personnage raté et là je trouve qu’elle va kicker some ass … Particulièrement la scène avec Cath, ou la différence de taille est réellement impressionnante, je les soupçonne d’avoir tricher un peu là.

    Un poil déçu par l’apparition du loup de Bran, il ne semble pas avoir grandit contrairement aux autres… je pense qu’on risque d’avoir des surprise avec la taille de ces animaux par moment.

    Voilà sinon pour le coté gay de Renly, effectivement GRRM donne plein de signes dans les livres mais c’est tellement noyé dans tout le reste, qu’il me semble difficile d’y prêter attention lors d’une première lecture.

    Pour l’origine de Jon, je pense que Martin ferait bien de garder « le mystère », je ne me souviens pas d’indices dans les livres mais l’hypothèse émise me paraît assez probable, après en écrivant un livre tous les 5 ans, ça laisse le temps au gens de réfléchir et de faire tomber les surprises. Je ne crois pas au happy end avec les dragons, ou tous les frères et sœurs du royaume seraient réunis dans une grande farandole ou chacun serait nu pendant que les dragons cracheraient des flammes pour illuminer la scène.

    At last, l’édition est un peu manquante car je n’aime pas trop me relire et pourtant je devrais car ça pique assez souvent les yeux.

  14. Désolée, la maison ne fait pas ça (en rapport avec l’édition). Ça demanderait que chacun se connecte pour éditer son commentaire et Dotclear ne gère pas ça.

    C’est vrai que c’est bien dommage mais, et que les dieux de l’orthographe me pardonnent, tant pis.

    L’inconvénient du format blog 🙂

  15. Je viens de découvrir le blog et particulièrement pour les résumés de GOT et je dois dire Merci pour les barres de rire !!!!!! J’aime bcp GOT entrain de lire, la série en boucle…mais alors ta façon de résumé J’A.D.O.R.E !!! Merci xD

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