L’autre Boleyn.

Voilà, je crois que c’est clair, quand je serai grande, je serai traductrice de titres de films de l’anglais au français. Parce que honnêtement « Deux Sœurs pour un Roi », çà vous donne envie d’aller voir ce film ?
Ben moi, non…
Mais j’y suis allée quand même.

Vous vous souvenez, c’était ce truc qui sur papier me disait diablement, d’autant qu’à l’intérieur on y trouvait des morceaux authentiques de Nathalie Portman et Scarlett Johansson, qui ont toutes deux oublié de ne pas être talentueuses. Et puis moi et les films en costumes… C’est un peu comme avec les hommes préhistoriques en fait.
Quand il y en a j’y vais.

Mais, car il y a un mais, « The Other Boleyn girl » (c’est mieux comme çà non ?), est un joli pétard mouillé. Le film qui fait « pssshiitt ».
Au XVIème siècle, le roi d’Angleterre a quelques soucis d’ordre successoral puis que la reine Catherine n’arrive pas à lui donner un fils.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, tous les grands du royaume profitent de l’occasion pour coller dans les pattes du pauvre Henri toutes les demoiselles de leurs lignages, histoire d’y récolter, sinon un enfant mâle, au moins titres et gratifications.
Les modestes aristocrates que sont les Boleyn décident d’entrer dans la danse en offrant sur un plateau leur aînée, Anne. Mais rien ne se passant jamais comme prévu, Henri jette son dévolu sur la cadette, Marie, au désespoir de celle qui est désormais « l’autre sœur Boleyn »…

Car c’est bien de cela dont il s’agit ici, pas tant qu’une lutte d’influence entre les deux frangines, mais bien un rapport complexe de l’ombre à la lumière, malheureusement jamais totalement exploité.
Le scénario se révèle bancal, truffé de zones floues, manquant cruellement de remise en perspective. On sent bien le souci de s’attacher uniquement aux personnages de Anne et Marie, cela au détriment de la complexité d’une époque charnière où le destin de l’Angleterre ne s’est pas vu bouleversé juste parce qu’une greluche jouait à la poupée qui dit non avec le roi…
Ainsi les problèmes d’argent, les rivalités avec les souverains d’Europe n’entrent jamais en ligne de compte, ne donnant qu’une explication simpliste à la création de l’Eglise anglicane.
Ce qui a pour défaut majeur de rabaisser le personnage d’Henri VIII, déjà desservi par son interprète, Eric Bana, écrasé par ses partenaires (le grand retour d’Eric Banane, que l’on croyait oublié depuis « Munich »).

La principale qualité du film réside principalement dans ses deux actrices principales.
Nathalie Portman campe une Anne Boleyn manipulatrice, ambitieuse, sans scrupules, dont la chute aura été aussi brutale que l’ascension.
Scarlett Johansson, remarquablement moche vêtue à la mode Tudor (la voilà la différence entre élégance et glamour. Scarlett, c’est la seconde option, incompatible avec le corset et les paniers), dans un beau contre emploi d’ingénue un rien godiche prouvant bien qu’elle sait tout fait être autre chose qu’un sex symbol.
Le duo, plus que le duel, formé par ces deux actrices est la seule bonne raison de s’accrocher à ce métrage vain et inintéressant au possible, mais qui avait tout de même la bonne intention d’apporter un vent frais sur cette histoire tragique.
Pour le coup, « Les Tudors » font nettement mieux.

Les dernières secondes offrent néanmoins un joli pied de nez plein de tâches de rousseur. Mais oui, Henri, çà ne t’aura servi à rien d’avoir six femmes…
Ta sorcière Boleyn aura donné à l’Angleterre sa plus grande souveraine…

Note : *

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