No Country for old men.

Avant de passer définitivement pour une gourde, je confesse : je maîtrise très mal la filmo des frères Coen (trois films, quatre avec celui-ci). Du coup, si « No Country for old men » est blindé de références à leurs films précédents, je décline toute responsabilité quant à leur non identification.
Voilà, çà c’est fait…

Ensuite, rappelons pour mémoire que la Palme d’Or 2007 était un film sur les avortements clandestins en Roumanie. Et que « No Country… » était aussi en compétition…

Le film en question est un objet cinématographique rare par sa complexité,sa beauté formelle et sa construction impeccable.

Le scénario suit les trajectoires entrecroisées de trois personnages. Le premier Llewellyn a un nom à coucher dehors et de gros soucis depuis qu’il a trouvé, sur les lieux d’un massacre, une mallette pleine de dollars qu’il a bien envie de garder par devers lui malgré le pataquès qu’il sait avoir déclenché.
Le second, Chigurgh, est un tueur à gage engagé pour retrouver l’argent, mais qui se fiche comme de l’an 40 de ses honoraires, puisque ce qui lui plait dans la vie, c’est dézinguer son prochain et de traquer ses cibles jusqu’au bout.
Le dernier est le sheriff Bell, vieux briscard expérimenté mais désespérer de la race humaine, courant après le drame pour le prévenir, l’empêcher, mais se heurtant aux réalités d’un monde qu’il ne reconnaît plus comme le sien.

Sans une note de musique, « No Country… » installe son ambiance à coups de froideur, de meurtres sauvages, de séquences angoissantes où la tension est quasi insupportable (emprunt intelligent et très bien exploité au western). Noir, le film respecte sa logique jusque dans l’utilisation du tueur comme élément « comique », Terminator aux airs de Droopy, incarnation au premier degré de la mort, toujours aux trousses des personnages, avec ce qu’il faut d’inattendu et de cynisme (le parallèle entre le tueur et sa proie, lorsque tous deux réclament un vêtement pour cacher leurs blessures).
Llewellyn s’enfonce quant à lui aux Enfers (je dois avoir l’esprit tordu, mais je trouve qu’il y a beaucoup de chiens au début. Or le chien est en animal psychopompe, qui conduit les âmes dans l’au-delà, dans beaucoup de mythologies), accroché à cette malette devenue bien vite dérisoire comparée à ses souffrances et à l’acharnement de Chigurgh pour le retrouver.
Bell, narrateur désabusé, se perd dans cette dernière affaire dont il est l’impuissant témoin, revoyant le fait divers à l’Amérique et au monde, constatant amèrement qu’il n’est rien, et n’a servi à rien et que le combat contre la nature humaine est perdu d’avance.

Renvoyant aux classiques du western, « No Country for old men » se clot comme il a commencé, le sens de la métaphore en plus. L’image se désincarne alors, puisque rien n’aurait finalement de sens.

Note : ***(*) (je m’accorde le temps de la réflexion).

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