Je (ne) suis (pas) une légende.

Des guns, des grosses voitures qui vont vite, des accessoires high-tech, un gros chien qui mort, des gonz…euh non, pas de gonzesses, mais des instruments de muscu et des monstres à buter par milliers, n’oublie pas mon petit soulier qui est une ranger.
Délire…

Non, je ne suis pas en train de vous parler de « Fast and Furious vs Zombies », mais bien, et c’est incroyable, de « Je suis une Légende », prétendue adaptation azimutée et écrite, pour un paraphraser un autre, les doigts dans la prise…

Pour évacuer la question d’entrée de jeu, oui, Will Smith y est très bien. Merci pour lui, mais il ne suffit pas à sauver les meubles. Dommage, il se donne du mal tout de même.

En amont de ce film, il y a donc un livre, « Je suis une Légende » de Richard Matheson, racontant l’histoire de Robert Neville, un ouvrier de Los Angeles qui voit déferler sur sa ville et le monde une étrange épidémie qui fait se relever les morts, lesquels sont assoiffés de sang, et vulnérables à la lumière du jour.
Bientôt assiégé toutes les nuits dans sa propre maison, il passe ses jours à éliminer les infectés dans leurs refuges et à étudier pour essayer de comprendre ce qui s’est produit.

Un matériau de base suffisamment riche pour voir inspiré diverses adaptations de ce roman dont « Le Survivant », avec Charleton Heston (et dans une moindre mesure « 28 jours plus tard » de Danny Boyle). Jusque là, me direz vous, tout va bien.

Sauf qu’à regarder le film, on se sent comme gêné aux entournures. Mis à part le fait que le scénario ne respecte pas plus de cinq minutes le livre (mais bon, on va dire que la mention « librement inspiré de… » aurait rendu les choses drôlement plus claires), on se sent vite dérouté par ce film jonglant avec les incohérences sans que cela ait l’air de le gêner.
Bien évidemment, le héros est un militaire, il a donc tout un arsenal de trucs qui pètent dans son placard.
Bien évidemment, il est aussi expert en virologie, ce qui lui permet de faire des recherches dans sa cave pour tenter de trouver un remède.
C’est rudement bien pratique, me direz vous.
Justement, c’est bien là le problème. Avouez que ce pauvre virus n’a pas de chance tout de même, de tomber sur un type immunisé blindé de diplômes, pile poil fait pour le détruire…

Ensuite, nos amis les infectés eux même. Ils ont résolu le problème de l’épilation définitive. C’est déjà çà. Sinon, ce sont moins des vampires que des zombies. Du coup, le film prend une sérieux air de « 28 jours plus tard » (nous y revoilà) à New York, le tout dans un emballage moins gore afin de plaire au plus grand nombre.

Enfin, la réalisation de Francis Lawrence fait penser à du Wolfgang Petersen période Hollywood : on voit que le mec a appris dans une école comment tenir une caméra. Après, il a raté les séminaires qui parlaient de cadrage et de l’importance de faire certains plans et pas d’autres pour exprimer des trucs.
Genre, Robert Neville est tout le temps filmé en gros plan. Super. Pour renforcer l’idée de solitude, ces images sont nulles et non avenues.
Les apparitions des vampires font sursauter certes, mais parce que moi, je sursaute pour un rien au cinéma (une portière qui claque, un vieux planqué dans un placard… (Véridique, dans « Sleepy Hollow »)).

De plus, pour tous ceux qui auraient oublié que les Etats-Unis sont une théocratie, « Je suis une Légende » se charge de vous le rappeler : prières tous azimuts, survivants guidés par Dieu (eh, Jeanne d’Arc, on t’a reconnue !)… On se croirait dans une publicité pour l’église méthodiste. Avec le martyr salvateur à la fin et tout…

La fin justement, sans la dévoiler, déglingue en beauté le titre du film en un dénouement hollywoodien archi cul-cul et prévisible qui pourrait presque faire rire si on ne pensait pas à ce qu’un type doué aurait pu faire d’un tel roman d’origine.

Note : ** pour Will Smith et son chien.

Possible critique du livre à venir (c’est lu mais çà se digère).

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Ah ! enfin ! on retrouve nos bonnes vieilles différences de goût !
    Fichtre, pendant un temps j’ai cru qu’on allait s’accorder… Mais non ! Ouf ! On a eut chaud !
    Bon, « Je suis une légende » n’est pas de le film de l’année, certes, mais il se laisse voir sans déplaisir, je trouve et mérite bien les deux étoiles que tu lui as donné, mais pas que pour Will Smith et son chien. Canidé, qui soit dit en passant, joue presque aussi bien que l’humain ^^…

  2. Ouais, j’ai eu peur aussi un instant que l’on se trouve sur la même longueur d’onde. Deux fois de suite, çà faisait beaucoup 🙂
    Cela dit, pour nuancer un peu ma critique, je n’ai pas détesté ce film non plus, la preuve, je lui ai mis deux étoiles malgré tout (sinon c’était une, pour l’encre et le papier). Simplement, je trouve dommage qu’à partir d’un tel matériau, on en arrive à « çà », la chose cinématographique ne rendant pas justice au livre.
    J’aurais sans doute été plus indulgente si le titre du film n’avais pas été « Je suis une légende ». Parce que le titre en question ne veut rien dire dans le film (autant appeler cela « La Légende de Robert Neville », pour le résultat final…) et fait davantage figure d’argument vente pour les lecteurs du bouquin. Alors évidemment, au bout du compte, la déception est à la clé…

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