Les Promesses de l’Ombre.

En ce moment, je suis à fond dans l’étude de la Russie. Non, je ne me suis pas trouvée des origines cachées de princesse russe héritière d’une datcha de 1000 m2 dans la banlieue de Saint Pétersbourg, non, juste que la Russie est au programme du CAPES et de l’agrégation cette année. D’où Moscou, Rostropovitch, Glasnost, Bœuf Strogonoff, Altaï, taïga, pétrole, gaz, Vlad et consorts…

Et donc, David Cronenberg et son dernier film.

Cela dit, je ne suis pas allée voir « Les Promesses de l’Ombre » parce que cela parlait de Russie. Pour tout vous avouer, je ne savais même pas de quoi causait le film. Non, la raison de mon déplacement c’était Viggo Mortesen, alias Mortigo (comprenne qui pourra), parce que je l’avais raté dans « History of Violence » et que « Alatriste » ne sortira sans doute jamais.

Mortigo donc, incarne ici le chauffeur de Semyon, un paisible restaurateur russe cuisinant du bortch en Angleterre et dont le fils, Kirill est bordélique autant sur le dessus que dans le dedans de sa tête (Vincent Cassel, excellent, dans un rôle capillairement difficile).
De son côté, Anna (Naomi Watts, très bien, comme d’hab), sage-femme, accouche Tatiana, une gamine de 14 ans qui meurt en laissant derrière elle son enfant et un journal intime en russe, contenant la carte du restaurant de Semyon.

Sous les apparences d’une simplicité évangélique, « Les Promesses de l’Ombre » se révèlent infiniment complexes et profondes. Les destins s’y entrecroisent, les niveaux se comparent, les caractères se répondent, se dévoilent.
Jeux de dupes, double langage, trahisons, révélations, les mécaniques du polar se succèdent sur un faux rythme lent, donnant une impression de malaise au spectateur, prit dans l’infernal engrenage, sans que le souffle jamais ne retombe.

Sur cette intrigue de grande classe viennent se greffer des personnages riches, de Nicolaï dont on ne saura jamais ce qu’il cherche, Kirill littéralement bouffé par lui-même, à Anna dont on craint qu’elle n’explose en plein vol…

Cronenberg évidemment ne se contente pas d’assurer sa direction d’acteurs. Il réalise aussi un vrai bijou, privilégiant l’ambiance sans écorner un certain formalisme. Point d’orgue du métrage, la scène du hammam est incroyable de brutalité et d’audace, n’épargnant rien ni personne, exposant d’un seul coup les thématiques chères à Cronenberg (le corps, l’identité, la violence).

Sans aller jusqu’à parler de chef d’œuvre, au moins peut on saluer le bon film, voire le petit bijou.
Au fait, Aragorn is dead, Mortigo is born.

Note : ***

Un commentaire Ajoutez les votres
  1. Je revendique la paternité de Mortigo (du point vue linguistique) pour une fois que ma langue fourche pour donner quelquechose de prononçable je ne vais pas me gêner , non mais ….
    Bon j’ai vu « history of violence  » et j’avais aimé son jeu, donc ce dernier opus ne peut que me tenter, on verra cela back in Brittany. Car pour le moment ici la cuisine c’est nous et non pas Schmitt et ça prend un temps fou.

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