U-571 : Bateau, glouglou.

En mission dans l’Atlantique Nord au printemps 1942, le U-571 se frotte au nouveau système de détection allié et se mange un grenadage maison dans sa face.
La machine morfle, le commandant en piétine sa casquette blanche de rage : « scheise ».
Au même moment, aux Etats-Unis d’Amérique, l’équipage du S-33 (« dites 33 ») embarque pour une mission d’infiltration risquée. Camouflé en U-Boot, le sous-marin va devoir se porter au secours du U-571 afin de s’emparer du navire et de son trésor, la machine de cryptage Enigma.
Pendant ce temps, le commandant allemand piétine toujours sa casquette…

Oui, je sais, je suis une grande malade. Limite une sadique. Un été la tête dans un simulateur d’entraînement au sauvetage pour sous-mariniers ne m’ayant pas suffit, les multiples visionnages du « Bateau » (critique au mois de juillet sur ce blog) non plus, j’en remets une couche avec ce film américain qui, c’est très drôle, a autant de défauts que de qualités.

Commençons donc par ce qui va. Belle scène d’ouverture, jolies reconstitutions des navires, transcription rapide mais néanmoins fidèle des combats pendant la Bataille de l’Atlantique, bref, on en a pour son argent question grand spectacle.

Sauf que…
Sauf que la différence entre un sous-marinier allemand et un sous-marinier américain est que les seconds trouvent toujours le temps de se raser. Et de se coiffer aussi. En plus, ils ne sont jamais sales. Alors que les Allemands sont plein de poils et cradingues. C’est d’ailleurs pour çà qu’ils ont perdu la guerre, c’est bien connu.

Ensuite, la couche de bons sentiments et de discours pro américains finit par saouler. Mais moins que le jeu, ou devrais je dire le non jeu de Matthew Mac Conaughey.

En fin de compte, on se demande si « U-571 » n’est pas qu’un vaste copier coller, empruntant allégrement au « Bateau » (d’où le côté cradingue des Allemands, et la couleur verte de l’eau) et à « Octobre Rouge » (d’où la propreté aseptisée de l’équipage américain) pour finir dans une apothéose digne du « Soldat Ryan » mais dégoulinant par tous les bords de patriotisme.

On finit gavé, et surtout déçu par une dramatisation souvent inutile (pourquoi aller chercher le grand spectacle dans un gonflage dégonflage de ballast alors qu’un bon vieux grenadage en plongée, quand même, çà flanque sacrement plus les miquettes ???) et une distribution désolante (Jon Bon Jovi en radio…Je m’attendais tout le temps à ce qu’il se mette à chanter…).
Bon et puis historiquement parlant, se donner tout ce mal pour récupérer une Enigma confine au ridicule. D’ailleurs, si vous me le demandez, un jour je vous raconterai une histoire de sous marin, une vraie, celle du U-570 et de son Enigma. Et si vous en voulez encore après vous être bien marré (oui U-570 c’est nettement plus fendard que U-571), je vous parlerai du U-171, et de son commandant, champion d’Allemagne de plongeon sur passerelle.
Et une fois que je vous aurai raconter tout çà, soit vous aurez des convulsions rien qu’en entendant le mot U-Boot, soit vous finirez accro…

« U-571 » a cependant un avantage, il se trouve très facilement en dvd, au contraire du « Bateau » (allez donc lire ma critique du mois de juillet au lieu de vous demander de quel bateau je parle). Cela vous en donnera une version light (mais vous pourrez arrêter le film après dix minutes, et là, çà fait cher la location de dvd)…

Note : ** (parce qu’il y a tout de même un certain effort de fait).

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