Harry Potter et les Reliques de la Mööööööört (spoilers inside. Faites bien attention).

ATTENTION, CE BILLET EST SATURE JUSQU’A LA MOELLE DE SPOILERS, LEGERS MAIS PAS QUE. ET COMME JE NE SAIS PAS CACHER LES SPOILERS, C’EST A VOUS DE FAIRE GAFFE (nan mais oh…)…

Après deux images de sureté anti-fraudeurs qui voudrait savoir des trucs, vous pouvez commencez.

Puisque de nombreux blogs, sites, médias et indiscrets ont tacitement lancé le feu vert depuis une bonne semaine déjà, çà y est, je crois qu’enfin, je peux en parler.
Oui, pendant de longs mois, c’était de Harry Potter que l’On Ne Pouvait Prononcer Le Nom.
Un Harry Potter attendu la bave aux lèvres, d’autant que ce coup ci, c’est bel et bien la fin et que, cherry on the cake, les portes ouvertes par l’épisode précédent avaient collé des ulcères aux fans les plus acharnés.

Résumé des épisodes précédents :
Harry Potter est atteint d’un mal mystérieux, la Frodon Saquetrite aigüe, à savoir la compulsion de se fourrer toujours dans des pétrins pas possible en allant courir là où il ne le faut pas, tout en sauvant le monde au passage.
Découvrant qu’il est le fils de sorciers morts pour lutter contre un ténébreux mage maléfique, vilain, raciste et tout et tout, Harry s’emploie, pendant 6 épisodes, à retourner la peau de son meilleur ennemi, le sus décrit Lord Voldemort.
Pendant un parcours plutôt moyen à l’école de sorcellerie de Poudlard, Harry doit donc concilier ses études avec des activités extra scolaire de type quidditch (un jeu sur balais magique à la violence Sébastien Chabalienne), glandage dans les couloirs, périls mortels à éviter tous les trimestres, et créatures monstrueuses à renvoyer dans leurs plates bandes.
Le tout secondé par le duo Ron-Hermione et poursuivit par la vindicte décolorée de Draco Malefoy, roquet blafard au complexe de supériorité raciale un chouia trop exacerbé.

Mais alors que Harry fait des pantomimes avec ses collègues semeurs de trouble et briseurs de règles, monte lentement mais sûrement dans le monde des sorciers une peste brune dont le septième épisode expose la violence et l’horreur.

Voilà donc où voulait en venir J.K. Rowling depuis tout ce temps. Et quel talent madame. Quel talent de nous balancer à la figure avec malice et magie une allégorie (peu fine, il est vrai, les ficelles se voient carrément, mais bon…) de la montée du nazisme et de façon plus générale, des dérives du racisme (on pourrait presque rebaptiser les livres « Harry Potter et les nazis expliqués aux enfants »).
Ce thème, sous jacent, prend dans ce dernier livre la première position, avec constamment pour le lecteur cette alarme dans la tête « mais comment ont-ils pu en arriver là ? », et cette réponse entêtante « parce qu’ils ont laissé faire ».

La tragique impuissance de Harry face aux évènements pendant un bon quart du roman est magistrale de justesse, le jeune homme devenant l’image d’une foule abasourdie et incapable de se sortir d’un marasme dans lequel elle s’est seule plongée à force d’immobilisme et de « c’est pas grave, çà ne passera jamais ». L’inconscience collective se transforme en terreur de tous les instants, en spectacle d’une montée en puissance de l’épuration des sang de bourbe qui devra s’achever par l’élimination pure et simple de tous les Moldus au profit de la pureté du sang des sorciers de souche (dont Voldemort est un digne représentant de sang mêlé faisant penser à un certain peintre en bâtiment de pur type aryen).

On pourra reprocher à Rowling un certain manichéisme facile : les gentils Gryffondors qui résistent et se sacrifient, les méchants Serpentards qui se couchent et fuient dans le combat final.
Mais qui aurait compris un revirement de la part de la plus tordue des maisons, où l’on pratique tout de même l’endoctrinement dès le plus jeune âge ?
Facile certes, mais logique. Toujours terriblement logique, même lorsqu’elle doit sacrifier certains personnages. Froide aussi en prenant la vie de ceux qui ne le méritaient pas, mais depuis « La Coupe de Feu », tout le monde sait que « Harry Potter » n’a rien d’une garden party.

Sans grande surprise, « Les Reliques de la Mort » est l’épisode le plus noir de la série, une noirceur pondérée par quelques moments de pure magie, comme l’évasion de Gringgots à dos de dragon (ok, y’a des dragons, forcement, j’aime…) ou l’introduction fantastique des dites reliques (qui introduisent d’ailleurs une recherche sur les temps passés donnant beaucoup de profondeur à cet univers déjà riche), qui sont une nécessaire bouffée d’oxygène dans ce monde étouffant.

L’impression qui se dégagera le plus de ce dernier roman restera sans doute celle du courage d’un auteur qui n’hésite pas à voler la vedette à ses propres héros.
Oui, Harry est bien celui qui raconte, peut être parce qu’il est celui par, et à qui, les ennuis arrivent.
Dumbledore en prend pour son illustre matricule, mais en sort terriblement grandi, désacralisé mais humanisé.
Et se sont les autres qui tiennent le haut du pavé, le génial Neuville, qui ne cesse d’épater de roman en roman, les membres de l’Ordre du Phoenix allant jusqu’au bout de leurs convictions, et puis évidement, LE vrai héros de la saga, l’homme de l’ombre, Severus Rogue, dont le parcours est une tragédie qui aurait fait se tirer une balle dans la tête à Sœur Sourire.

Quant au fameux épilogue sur lequel beaucoup de lecteurs impatients se sont jetés avant même d’avoir lu les premières pages (vous êtes des dingues…), il en aura déçu par son côté « happy end ». Quelque part, et malgré avoir été une farouche partisane du « à mort Potter », je trouve cette fin réussie. Parce que si Harry ne s’en était pas sorti, le sacrifice de Rogue aurait été vain et une telle solution n’aurait pas été acceptable. Il fallait qu’il y ait une petite Lili.

Note : ****(*) (pour l’ensemble de l’œuvre).

PS : la seconde image est un dessin de Pénélope Jolicoeur que vous pouvez trouver à cette adresse : http://www.penelope-jolicoeur.com/ . Allez y de ma part, elle est géniale 🙂

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