Heroes.

Au même moment et partout dans le monde, des personnes que tout sépare se découvrent peu à peu des capacités hors de commun. Un employé de bureau japonais parvient à courber l’espace temps, un policier réalise qu’il peut entendre les pensées des autres, une pompom girl court vêtue occupe son temps libre à se perforer les poumons avec ses propres côtes. Pendant ce temps, à Madras, un généticien indien apprend la mort de son père aux Etats-Unis, et découvre l’objet de ses dernières recherches…

Attention, générique : musique top fashion et voix top fashion aussi made in « Le Roi Soleil ».

« Tindindin ! Les héros, ouais, ils sont super, si t’es le héros d’un autre, tindindin, c’est que t’es pas le mien vu que t’es déjà le héros d’un autre, tindindin, c’est des êtres humains quand même les héros, tindindin, même si c’est des super héros quand même, tindindiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !!!!!!! »

Fin du générique TF1, pardon aux familles de vos tympans, machin tout çà…

Voilà donc la situation de départ de cette série qui se voulait novatrice. Dans le principe, on ne peut pas donner tort aux développeurs de Heroes, qui réussissent, il faut bien le dire, un joli tour de force avec cette histoire de super héros qui n’en sont pas.
Propos sombre, personnages ambigus, intrigues souvent sabordées par les failles des protagonistes… Un parti pris aussi original que risqué, qui semble malheureusement s’être heurté à l’incompréhension du public de première partie de soirée. Ni grand show hollywoodien, ni spectacle familial, Heroes reste étrangement hors norme.

On serait tenté de lorgner du côté de X-Men (en particulier dans l’épisode « Cinq ans après ») peut être même des cousins Super et Spider Man, mais finalement, aucune étiquette ne semble réellement coller.

Sans doute parce que beaucoup des héros ne se considèrent pas comme tels, voyant leurs talents comme des malédictions ou des tares pourrissant leurs vies déjà pas si facile que cela.
Au cœur du questionnement de Heroes, l’identité à découvrir ou à regagner : Claire tente de retrouver ses parents biologiques pour comprendre ce qui lui arrive, Hiro ne devient un homme à part entière que dans sa quête pour sauver le monde, Nikkie ne peut être elle-même qu’en acceptant Jessica…
En filigrane, les complexes rapports de filiation : Hiro a passé toute sa vie à être testé par son père, Claire redécouvre son père adoptif et rencontre son père biologique au prix d’un long cheminement, madame Petrelli tire les ficelles de ses deux marionnettes de fils, Mohinder retrouve la paix en accomplissant l’œuvre de son paternel…

Dans Heroes, le fond vaut autant que la forme, malgré de nombreux errements scénaristiques (on s’interroge encore un peu sur la nécessité de personnages de la serveuse hypermnésique et du voyage dans le temps de Hiro avec elle, sans doute davantage prétexte à faire avaler les progrès fulgurants du Japonais en anglais que pour vraiment servir l’histoire).
A mi parcours, la saison 1 de Heroes a de furieux airs de saison 2 de Lost, avec une sauce allongée à l’extrême.

Compense une certaine qualité d’écriture, et un casting bétonné souffrant rarement la médiocrité (à quelques exceptions près…)

Et pourtant, malgré tout, le dernier épisode de la saison a goût de trop peu. Pas de grand affrontement, pas de suspens particulier, aucun souffle (à part celui de l’explosion, mouarf….ben quoi ? Roooh, si on ne peut plus blaguer…) et une surprise finale qui n’en est pas une (sans blague, il est pas mort Sylar ? Cà tombe bien, on ne voyait pas comme faire dans la saison 2 sans méchant…) et un traitement par-dessus la jambe du personnage pourtant clé de Nathan Petrelli qui nous sort de sa manche un sacrifice héroïque sans préparation (le côté « c’est moi que v’là » est plus que mal venu à ce moment de la série…).

Dommage après tant de belles promesses d’en finir ainsi. Cela dit, qui osera prétendre de ne vouloir connaître la suite des aventures de Hiro Nakamura et de tous les autres ? Pas moi en tout cas…

Note : ***

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