« OOOOOOOOOOOOdin !!!!! » : Les Vikings.

Parce qu’on s’ennuie vachement dans les fjords de Norvège, le roi Ragnar (en Norvège, deux cabanes en boue séchée, çà fait un royaume. On fait avec ce que l’on a…) participe régulièrement à des raids en Angleterre, trucidant les locaux, dont un jour, le roi Edwin.

Seulement voilà, s’étant aussi, nous dirons pudiquement, défoulé sur la reine Enid, le voici père d’un rejeton dont il ignore l’existence, mais qui, de part son royal lignage, se trouve prétendant légitime du trône d’Angleterre, pourtant fourbement squatté par un vague cousin de la famille, Aella.

Attention, « Les Vikings » c’est du lourd, malgré l’époque à laquelle le film est tourné, 1958, la mode étant alors aux péplums, jupettes courtes et nanars historiques.

Le ton est d’ailleurs donné dès le générique, sur fond (anachronique à mort, ok) de la broderie de Bayeux, servant de support à un rapide bilan historique sur les hommes du Nord, à grand renfort d’animation, ce qui, pour les fifties, est déjà un joli travail.

La suite n’est pas, il faut bien le dire, folichonne. Le scénario, farci jusqu’à la moelle d’invraisemblance fait sourire, voire franchement marrer. Rien n’est épargné : le coup des frères ennemis, la belle princesse à secourir, le fourbecruelméchantpleutrelâcheettrèsmoche roi, le vieux briscard un peu bourrin mais bon dans le fond…

Sans parler de la traversée Norvège/Angleterre en quinze minutes top chrono, la princesse qui prend le bateau pour aller du Pays de Galles à l’Angleterre…Bref, on croule sous le convenu et l’aberrant.

Mais rendons à César ce qui appartient à Ragnar, et considérons les qualités indéniables de ce film. La réalisation est tout simplement bluffante pour l’époque, et m’a permis à elle seule de ne pas m’endormir devant l’écran (j’avais couru toute l’après midi après des scaphandres, alors les histoires de vikings…moyen…). Non seulement, les paysages sont superbement exploités, les effets de mise en scène habilement disséminés (dakkars dans le soleil couchant…chutes d’eau dévalant dans le fjord) succèdent à des moments de pure poésie (funérailles vikings, chants des Walkyries…) et taillent un très beau décor à des personnages souvent bien écrits, en particulier de duo père et fils Ragnar et Einar, les seuls à présenter un vrai intérêt…

A côté de cela, il fait plaisir de sentir le souci de recherche historique autour des vikings. Ici, pas de casques à cornes mais coniques, pas de drakkars mais des « navires vikings », des voyantes lisant l’avenir dans les runes, des tablées médiévales comme en vrai ou presque, des bâtisses norvégiennes aussi sommaires que possible…

Bref, le travail tient la route, et plutôt bien.

La seule erreur concerne le château d’Aella, situé dans une forteresse d’époque Vauban que l’on peut voir en vrai (et même visiter) dans les Côtes d’Armor (Fort la Latte). Pour le coup, le décalage historique est trop gros pour passer. Mais encore une fois, grâce à la mise en scène impeccable, on pardonne…

Niveau interprétation, tout le boulot est fait par Kirk Douglas, drôlement plus chouette avec son œil de verre et ses cicatrices qu’en mode fossette seule (jamais accroché aux Douglas moi…Limite beurk en fait), composant un Einar vraiment charismatique, aussi tête à claque que sympathique. Sinon, rien à signaler, surtout pas du côté de Tony Curtis, incarnant « l’esclave qui en fait est prince et se balade en slip », soit le jeune premier censé séduire la princesse, Janet Leigh (encore mariée à Curtis à l’époque), jolie, ok, mais juste bonne pour la déco…

Ceci m’inspirant d’ailleurs la réflexion suivante : comment, quand on est Tony Curtis et Janet Leigh (donc pas les plus moches du canton), fait-on pour pondre Jamie Leigh Curtis


Note : ***

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