Spéciale « La Compagnie Noire » : critique générale.

Après vous avoir seriné les yeux avec mes résumés je vais donc vous donner mon sentiment sur cette saga de Glen COOK.

Comment résumer un oeuvre dont le fil s’étire sur près de 40 ans, mettant en scène une bonne centaine de personnages, nous faisant voyager de l’extrême nord à l’Equateur voir dans d’autres dimensions…

« La Compagnie Noire » est un classique de la dark fantasy dans le monde anglosaxon, mais étrangement, il est presque totalement inconnu en France (où, il est vrai, toute fantasy ou science fiction est considérée comme littérature pour ado attardé).

La principale force de la série est sa galerie de personnages. Les frères de la Compagnie Noire sont des soldats évoluant dans un univers plus ou moins médiéval (personnellement, j’y retrouve plutôt la Renaissance). Et comme les soldats qu’ils sont, ils sont souvent violents, sans scrupules, parfois pourris jusqu’à la moëlle de l’os. Mais ils sont avant tout des hommes, prêts à se couper en quatre pour leurs camarades, et taraudés par leurs mauvaises et bonnes consciences.

Chaque personnage est attachant, à sa façon, parce qu’il contient une part de vérité, rendue par des personnalités complexes.

La qualité de l’écriture n’est pas un ingrédient mineur du succès. Le style est destabilisant car très allusif, parfois télégraphique, répondant aux contraintes imposées par le point de vue subjectif de l’annaliste qui raconte les aventures de la Compagnie.

Souvent impliqué directement dans l’action, il n’a pas toujours le temps de décrire avec force détails les batailles et autres passes d’armes, se contentant d’un rapide résumé de quelques lignes.

Mais encore une fois se sont les personnalités des annalistes qui rendent la lecture agréable. A chacun son style, du caustique Toubib à la méthodique Madame, en passant par le pénible Murgen et la plume désabusée de Roupille.

Mais cette unité de point du vue rend aussi les récits subjectifs et incitent le lecteur à se méfier de ce qu’on lui raconte. Certains mentent, d’autre se servent des annales comme un outil de propagande, et les illusions se dissipent souvent dans les récits suivants.

L’oeuvre est massive, mais bien souvent, l’essayer, c’est l’adopter. Parce que l’on a envie d’aller au bout du destin des personnages, parce que chaque livre ouvre de nouvelles perspectives, parce que tout trouve sa solution, parce que Glen COOK se tait lorsqu’il le faut et s’épanche lorsque c’est nécessaire.

Récit hypnotique, oeuvre culte.

À vos livres messieurs dames…

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