26 juin 2016

Snowbowl

Alors ça va ? On est bien là, plus d'une semaine après la sortie de l’épisode le plus foufou de toute la série, voir l’un des plus « OMAGAD WHAT’S GOING ON ? » de l’histoire récente de la télévision ?

Pour les deux trois rageux qui n’ont padutou apprécié « The Battle of the Bastards », je tiens juste à préciser que je qualifie l’épisode de « foufou » et d’historique en premier lieu pour son ampleur et son ambition visuelle assez inédite dans ce medium. Considérations d’écriture et de ressenti personnel mises à part, il est difficile de ne pas reconnaitre la qualité de la mise en scène ou le fait que cet épisode se donne les moyens de ses ambitions pour au final s’en sortir plutôt très bien, compte tenu de son format, et du budget à disposition.
Budget qui pour une série télé est tout de même assez colossal, mais qui reste étroit dès lors que l’on souhaite mettre en scène deux batailles, sans réelle ellipse pour l’une des deux.

Bien, maintenant êtes-vous prêts pour le billet le plus bordélique de toute l’histoire de ce blog ? Alors accrochez vos ceintures, on y va les gars.




En l’absence de découpage classique pour cet épisode, le plus simple c’est d’en créer un qui soit artificiel. Et j’aime autant vous prévenir, ça va partir dans tous les sens cette affaire.

« The Battle of the Bastards », fonctionne très bien à tout un tas de niveau, à commencer par sa beauté plastique (toutes les 2 minutes environ « j’en ferais bien mon fond d’écran ! »), mais aussi sur le plan symbolique. On va essayer de traiter un maximum de choses, mais sans rire, cette heure aura été tellement riche que je vais forcément oublier les ¾ des trucs.

Je vais commencer par Meereen, avant d’en venir au vrai gros morceau, Winterfell.

Meureen.

Contrairement aux apparences, l'évènement de cette semaine à Meereen n'avait rien à voir avec la laborieuse destruction d'un bateau par trois dragons. De mon point de vue, si la puissance que confèrent ses enfants à Dany est indéniable, c'est surtout sa relation avec Tyrion qui était sur le devant de la scène. Car c'est cette relation avec sa Main qui est désormais l'arme la plus redoutable de la Khaleesi.



Les choses partaient pourtant assez mal, avec une Dany furibarde parce que sacitéchérie est à feu et à sang, un programme qui pourtant devrait plutôt lui convenir. Toute fois, belle scène de confrontation qui ouvre le thème de cette séquence meereenoise, à savoir le duo de choc formé par le Lutin et la Kaiserine.

«-Et sinon, c’est quoi la strat ?
-NO STRAT FULL DPS MOUHAHAHAHAHAHA §§§§§
-Ahah, vous êtes rigolote. Et sinon, la strat ?
-COMMENT OSES-TU ME FAIRE REPETER ???
-
-Petit homme ?
-… Je… Oui. Ok. Bon. Qu’est-ce que j’ai fait aux Sept pour mériter ça ? Sans déconner, c’est ça votre plan ? Pour votre gouverne, « Fire and Blood » c’est juste la devise de votre maison, pas votre programme politique !
-CE MONDE BRÛLERA §§§§§§
-Bien, laissez-moi vous parler de votre père afin que je puisse fort opportunément situer l’emplacement des réserves de feu grégeois pour nos spectateurs qui devraient maintenant ne plus trop douter du fait que masoeurlareine va foutre le feu à tout Port Réal, en commençant par le Septuaire de Baelor, winkwink. »

Marrant comme la comparaison avec Aerys est toujours le plus sûr moyen de désamorcer la fureur de Daenerys. Mais marrant aussi comme elle revient toujours aux méthodes de son père pour se tirer d’un mauvais pas.

Et cette semaine, je trouve que son opposition avec Tyrion était parfaite. Car là où elle n’est finalement qu’une folle qui ne calme son jonc que sous la menace de « tu vas finir comme ton père ! », Tyrion lui, apprend de ses erreurs.



On le voit à la solution qu’il propose à Daenerys. Puisque la négociation a échoué, il faut trouver un compromis entre sa tactique de la langue bien pendue et celle de la peau bien brûlée qu’affectionne Dany.
Le plan au final a ceci de brillant qu’il ménage leurs deux sensibilités tout en atteignant leur objectif commun. Cette stratégie de la part du Lutin a un double mérite : d’être efficace contre les maîtres (je reviendrai sur ce sujet un peu plus tard), mais aussi contre Daenerys.

Car en satisfaisant à ses penchants destructeurs tout en opérant une manœuvre dissuasive efficace, il a su gagner sa confiance et son respect comme aucun conseiller avant lui. Jamais auparavant Daenerys n’aurait à ce point cherché l’approbation de son entourage au moment de conclure une alliance. Son coup d’œil appuyé vers Tyrion quand elle s’apprête à prendre le bras d’Asha était sans doute le plus grand moment de l’épisode. Oui, loin devant une énième résolution de crise par le feu et les dragons.
Cette recherche de l’approbation de Tyrion était d’autant plus surprenante que le marché proposé par les Fer-Nés n’avait rien de douteux. Daenerys est depuis le début de leurs échanges clairement sur la même longueur d’onde qu’Asha et les doutes de Tyrion envers Theon semblent avoir été balayés. Elle n’a donc pas de raison profonde de se retourner vers sa Main lorsqu’Asha lui offre la sienne. Sauf pour lui signifier cette chose très importante : « Tu me comprends, j’ai confiance en toi et en ton jugement ».




Tyrion complète Daenerys mieux qu’aucun de ses conseillers avant lui parce qu’il est sans doute le premier a ne pas chercher à faire d’elle ce qu’il a envie qu’elle soit. Tous les autres, de Jorah à ser Barristan, ont projeté en Dany leurs espoirs, et leur vision fantasmé du souverain targaryen idéal. Chose que Daenerys n’est pas. Elle est égoïste, égocentrique, monomaniaque, violente, impitoyable, piètre politicienne et absolument pas diplomate.
Si elle ne suivait jamais leurs conseils, c’est parce que quelque part, elle réagissait sans doute à ces demandes implicites de se trahir, de changer en celle qu’elle ne sera jamais.
Tyrion, qui n’a plus d’illusions sur l’humain, la voit telle qu’elle est, et apprend à composer avec. Il ne la considère pas comme une enfance qui doit apprendre, mais comme une femme qui doit être conseillée. Il n'est pas là pour faire d’elle l’anti-Aerys ou le nouveau Rhaegar fantasmé par ser Barristan. Il veut tout simplement qu’elle soit Daenerys. Et pour se faire, il doit accepter ses penchants les plus noirs, et apprendre à composer avec afin d’éviter qu’elle se brûle les ailes.
Si Daenerys est appelée à devenir une reine des ténèbres, alors il sera son petit conseiller démoniaque. Si elle devient le sauveur des Sept Couronnes, alors il sera celui qui l’aura épaulée sagement. Il sera ce qu'elle devient et s’assurera qu’elle atteigne ses objectifs. Il est le parfait homme de l’ombre, le conseiller ultime, celui qui prépare le ciment pendant que son chef apporte les briques.

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Avant d’aller plus loin, souvenez-vous que la chef costumière a changé pour cette saison 6. Mais que le récit ne lui a guère permis de laisser libre court à sa créativité. April Ferry s’est illustrée sur quatre personnages ou groupes de personnages seulement cette année : les femmes chez les Tarly, Sansa, Margaery et donc Daenerys.

Ceci suffit à expliquer le changement assez radical de tenue pour cette dernière cette semaine. Je ne vais pas trop m’appesantir sur cette robe grise, tout simplement parce c’est pour l’heure trop mince pour dégager une tendance.

A son départ de Vaes Dothrak, Daenerys portait une nouvelle tenue, avec un plastron de cuir gris orné du motif en écailles de dragon.



Sa robe de cette semaine semble reprendre la même gamme de couleur. Elle semble aussi tourner le dos aux lourds tissus raides que Daenerys favorisait depuis son accession au trône de Meereen. Malgré son drapé, cette robe semble plus appropriée pour l’action que toutes les tenues royales ayant précédé. Une couleur peu salissante, des étoffes légères… Et une teinte qui évoque aussi la cendre, symbolique intéressante compte tenu de la passion dévorante de Dany pour le feu.



Il se peut très bien que pour April Ferry, le gris devienne la couleur de conquête de Daenerys. Cela marquerait une évolution du personnages, délaissant un bleu naïf pour une teinte évoquant ses expériences et son parcours.

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A Brave New World.

«Nous ferons de ce monde un monde meilleur que celui que nos pères nous ont laissé. »

Ainsi parlait sa majesté Daenerys du Typhon depuis son trône qui fait mal aux fesses de Meereen.
C’est sans doute le truc le plus intelligent qu’elle ait dit depuis un sacré bout de temps si vous voulez mon avis. Non pas que Daenerys dise n’importe quoi mais force est de reconnaitre que ses propos tournent essentiellement autour de l’idée de faire couiner ses ennemis dans les flammes de l’enfer.
Si cette phrase a de l’intérêt, c’est parce que derrière ce qui ressemble à une promesse électorale, il y a l’expression de la fin d’une ère.
GRR Martin a toujours pris soin de décrire l’Hiver comme un évènement cyclique, revenant à intervalles plus ou moins régulier. Quand le récit commence, Westeros voit s’achever un long été auquel ne manquera pas de succéder un hiver tout aussi long et qui s’annonce particulièrement rude. Mais ce retour de la saison froide n’est en lui-même pas exceptionnel. Ce qui l’est en revanche sont les manifestations de terreurs reléguées au statut de légendes, comme les Zombautres et les White Walkers. Leur réapparition si près du Mur semble le signe annonciateur d’un cataclysme prochain auquel on se prépare, chacun à sa manière : les Stark par instinct et respect de la tradition, la Garde de Nuit par expérience directe, les Sauvageons encore plus, et le culte de R’hllor par prédiction. Les Prêtres Rouges attendent fébrilement le retour d’Azor Ahai parce qu’ils craignent ce long hiver, mais aussi parce que des signes se multiplient indiquant une période de changements intenses et rapides annonciateurs d’un profond bouleversement.



Le fait est que la naissance des dragons, espèce dégénérée et éteinte quelques générations plus tôt, celui de la magie (ou du moins son net renforcement), la comète rouge (rouge !), l’avènement de Daenerys dans les flammes du bûcher, l’effondrement westerosi (lié à la rébellion puis à la Guerre des Cinq Rois), l’orée de l’Hiver… Tout ceci concourt à créer cette sensation de fin d’un temps (j’ai pas dit fin « des » temps, c’est normal).

Et si cette fin des temps n’était pas, comme on a toujours trop vite tendance à le conclure, un point final mais plutôt une chance de recommencer à zéro ?
Dans de nombreuses mythologies, la fin du monde n’est que la fin d’un monde, amené à renaître des cendres de celui qui l’aura précédé. Le cycle ne fait que se répéter à l’infini et nous sommes ici arrivé au terme de l’un d’entre eux.

Souvenez-vous de la dernière vision de Bran, ce montage qui m’avait laissé une impression désagréable de regarder un inventaire de trahisons et autres félonies, comme un goût de fin des temps de la bouche. « Burn them all », scandé par Aerys était-il uniquement là pour être à la fois un effet d’annonce et une référence à un évènement passé capital ou y a-t-il aussi une forme de métatexte ? En finir avec ce monde à l’agonie, pour en faire naître un nouveau.



Ce nouveau monde qui sera aussi, symbole, celui des femmes. Quoi qu’il arrive à Port Réal, sitôt le Captain déposé, une femme règnera, depuis le Trône de Fer ou dans l’ombre d’un roi fantoche. Que cette femme soit Cersei, Margaery ou Daenerys, Westeros sera sous la férule d’une reine. Comme Dorne est gouvernée par quatre femmes, comme le Nord l’est par Sansa. Dany gagne son ticket de sortie grâce à une femme dont elle va soutenir les prétentions au trône. Arya ne dirige pas les Sans Visages, mais elle a remporté une importante victoire sur ces derniers, ayant gagné sa liberté malgré leur rigidité.

Un nouveau monde est en train de naître et au regard de celui qui l’aura précédé, il pourra en effet difficilement être pire.

La mort de Ned, au terme du premier tome et de la première saison peut s’interpréter autrement que comme un évènement destiné à montrer que rien n’est acquis chez GRR Martin, surtout pas le statut de héros. C’est aussi, je pense, une manière d’exprimer cette fin des temps : l’ancienne génération doit échouer et mourir sous les yeux de celle amenée à la remplacer. « Game of Thrones » raconte l’histoire non pas de Ned, de Cersei ou de Stannis, mais celle des enfants qui devront reconstruire sur les cendres d’un monde que leurs aînés ont détruit.

Tant que nous y sommes sur les nouveaux mondes, un mot sur le programme de Dany pour les Îles de Fer : plus de raids, de viols, plus de beuveries folkloriques sur le pont des drakkars.... C'est moi ou elle n'a rien compris ? Tu as passé 2 saisons et demies à réparer ton erreur sur la réforme hâtive de l'esclavage et tu récidives en demandant aux Fer-Nés de changer pour tes beaux yeux ? Est-ce que tu réalises que si Asha est une femme politique prompte au compromis, ses hommes eux ne l'entendront peut-être pas de cette oreille ? Que c'est sans doute le plus court moyen de les renvoyez dans les bras d'Euron l'Homme Goujon ?
Daenerys se prépare à envahir Westeros avec l'aide de deux peuples dont les deux premiers skills sont le pillage et le viol. Je serais Westeros, je ne serais pas tranquille...

Projet Manhattan

GRR Martin compare volontiers les dragons à l’équivalent médiéval de la bombe atomique. Une arme dissuasive dont on se sert pour effrayer l’adversaire. Le hic étant que tant que personne n’a vu de quoi l’arme est capable, son aura de terreur est proche de zéro.



C’est la raison pour laquelle les Etats-Unis ont tenu à faire usage de leur bombe à Hiroshima.
Après le premier essai en surface, une bonne partie des scientifiques ayant participé au projet Manhattan, dont Oppenheimer, avaient plaidé auprès de l’armée pour que cette dernière organise une simple démonstration devant des officiels Japonais. Un autre essai en surface, sans vies humaines engagées.



Le choix logique de l’armée fut de rire à la gueule de ces hippies, et de charger Little Boy dans l’avion prévu à cet effet, direction le Pacifique.
Outre le fait que l’armée avait consumé un pognon monstre pour détenir cette arme et que ça lui faisait sans doute un peu mal de s’assoir dessus, il y avait aussi la nécessité de faire voir à tous l’ampleur du pouvoir nouvellement acquis. Un calcul froid et sans affect qui leur fait également choisir une ville épargnée par les bombardements conventionnels, car ainsi il sera réellement possible d’évaluer la capacité de destruction de leur arme.

Pour que le monde craigne, il fallait que le monde voit.



C’est exactement ce que Tyrion explique aux Maîtres quand ces derniers contemplent la destruction d’une partie de leur flotte, et comprennent ce que Daenerys est capable de déchainer sur eux.
Il s’agit d’une démonstration de force brute mais comme l’a si bien calculer Tyrion, il suffit qu’ils voient. Il faut que pour une fois, Daenerys laisse des survivants pour raconter ce à quoi ils sont assistés et laisser la terreur faire le reste.

Nul besoin de raser des villes entières.
Quelques navires suffisent, du moment que qu’il y a des témoins pour en faire le récit.

Malheureusement, et malgré toutes les qualités de mise en scène de cet épisode, personne ne semble avoir encore trouvé le moyen de rendre la posture de Daenerys et son ascension sur le dos de Drogon un tant soit peu classieuses. Depuis la saison dernière, à chaque fois (ok, ça fait 2) que je la vois grimper sur le bestiau, je me facepalm très fort tout en regardant Emilia Clarke galérer bien comme il faut pour rester digne.

Par contre, il est de mon devoir de signaler que question CGI, comparé à la très contestable scène de l'envol des arènes de Meereen, ce coup-ci, on a quelque chose qui tient vraiment bien la route. Le fait de privilégier les plans larges sur les dragons évite de rester le nez collé sur une actrice en chair et en os juchée sur un amas de pixels dont la qualité est très bonne, mais à l'échelle de ce qu'une série télé ultra friquée peut produire. Comprendre que les dragons sont très bien, mais qu'ils ne peuvent pas rivaliser avec ce qui peut être fait pour le cinéma. Et encore, en disant cela, je suis d'une mauvaise foi confondante car ils ne sont pas non plus légions les films qui peuvent se targuer d'aligner des créatures numériques photoréalistes.



Un petit mot tout de même sur la charge des Dothraki qui font la tenaille sur Philippe à la merci sans rien derrière. Beh your pardon Philippe, mais pour ta dernière apparition, tu pouvais pas tenter quelque chose de plus...
Non ok, stop accabler Philippe, il n'est que la victime d'une écriture qui s'est prise les pieds dans le tapi. Puisque Dany a ramené wattmille khalasars, il faut bien qu'ils servent à un moment donné. Baaaah si. Mais comment organiser une charge de cavalerie qui ait de la gueule quand la bataille se déroule essentiellement depuis le port et dans les rues d'une cité ceinte de hauts murs ?
Pas évident tout ça...
Du coup, un génie a trouvé une astuce : " Et si on disait que Philippe il tue des gens devant les portes pour le sport ? ". La glorieuse charge peut donc avoir lieu à 50 000 cavaliers en furie (leur cri de guerre est très très très classe, il faut bien le reconnaitre), première démonstration dans la série de l'art de la guerre dothraki (" On bourre tout ! "), sur 12 pauvres gondoliers empêtrés dans leurs robes à froufrou en train de tabasser d'anciens esclaves avec des babouches (je sais bien qu'ils sont juste là pour empêcher les anciens esclaves de fuir, mais visuellement, pour moi, ça fonctionne assez mal, peu de Fils de la Harpie, pas de flot de gens en fuite... Tu sens un peu que le budget de la scène a déjà été bouffé à 95 %).
Si il n'y avait pas eu la musique à la gloire de DAENERYSDUTYPHONTARGARYENREINEDESANDALSETDESPREMIERSHOMMESKHALEESIDELAMERDOTHRAKIBRISEUSEDECHAINESETDETESTIBOULESMEREDESDRAGONS, je pense que tout ce passage à Meereen m'aurait semblé plus terne.

Avant de passer à la suite, j'en profite pour noter des effets miroirs entre Winterfell et Meereen cette semaine. Premièrement, l'arrivée opportune de la cavalerie, mais on s'en doutait un peu depuis quelques temps déjà, mais aussi cette remarque faite aux Maîtres et à Ramsay, qui les uns comme les autres demandent à leurs soldats de livrer leurs batailles à leurs places. Ces deux affrontements décisifs avaient au final le même but : sortir leurs héros d'un bourbier inextricable, et ce contre toutes les prédictions.
Ceci étant dit, il semblait bien plus aisé de l'emporter pour Daenerys que pour Jon cette semaine. Peut-être pour une raison assez simple : Dany et ses dragons, c'est l'équivalent de Jon et de chouille légendaire. Seulement les dragons se voient de loin provoquent des dégâts massifs là où la chance de Jon est plus discrète. Il semble tout de même que chacun a reçu un don divin et que ce don a largement contribué à leurs sauver la peau cette fois-ci.

The Lord of the Thrones.

La semaine dernière, je me marrais toute seule à grands coups de gif de l’armée du Rohan, espérant que les chevaliers du Val nous jouent une partition similaire au moment le plus opportune.

ET BEN DEVINEZ QUOI….

TOUTE la bataille de Winterfell fait écho, d’une manière ou d’une autre aux batailles des Champs du Pelennor et du Morannon.
Rien que ça.

Mais avant de se pencher plus en détail sur le sujet, essayons de réfléchir deux minutes sur la pertinence de l’existence même d’une telle comparaison.

Les points communs sont-ils le résultat d’une inspiration volontaire ou la simple accumulation de motifs de dramatisation qui ne sont finalement pas légions lors du récit d’une bataille ?



Ramsay provoquant ses adversaires en exhibant tour à tour la tête de Shaggy Dog puis Rickon renvoie certes aux provocations de la Bouche de Sauron, avec laquelle il partage un ton cruellement caustique et badin, est le résultat des évènements de la saison, ainsi que de la personnalité de Michel Fourniret, jamais le dernier pour mind fuck l’assistance.

De la même manière, l’intervention providentielle des chevaliers du Val fait écho à la charge des Rohirrim, mais est-ce si surprenant dans un contexte médiéval fantastique de voir les héros se faire sauver les miches par une héroïque charge de cavalerie ? Même Tolkien a utilisé ce motif deux fois dans le même livre (la charge de l’eored d’Erkenbrand à la bataille de Fort Le Cor, puis celle de Theoden aux Champs du Pelennor), respectivement les deux plus gros affrontements de son roman. Parce que notre bon vieux professeur est un tantinet feignant ? Non, juste parce que dans le contexte qui est celui de ses écrits, en effet, c’est encore la charge de cavalerie qui peut espérer destabiliser une armée supérieure en nombre s’opposant à une modeste infanterie.

Alexandre le Grand vous expliquerait ça mieux que moi, Hannibal Barca aussi, d’autant mieux que la bataille de Cannes est une inspiration revendiquée pour l’épisode du jour.


Les Romains sont en rouge, les Gaulois sont dans la plaine, et Hannibal n’est toujours pas incarné par Vin Diesel

Comme vous l’avez compris en regardant le schéma, la situation est légèrement différente puisque dans le cas de Cannes, ce sont les Carthaginois qui l’emportent alors qu’ils sont en infériorité numérique en encerclant les forces de Rome que nulle cavalerie « as high as honor » ne viendra sauver. Les seuls mecs à cheval qu’ils verront ce jour-là leur débouleront dans le dos pour les massacrer.

Cependant, l’encerclement des forces Stark par les Bolton fait également écho à la bataille de la Porte Noire, lorsque ce qu’il restait des armées du Rohan et du Gondor se faisaient coincer par les légions du Sauron, avant qu’un séisme aussi urbain qu’opportun les engloutisse. Cependant, là encore, le parallèle peut être nuancé par les seules réalités du scénario et la manière dont la saison a conduit à ce moment précis.



Mais réduire les correspondances visuelles au seul hasard n’a guère de sens. Car même si le récit conduisant vers la bataille peut suffire à expliquer les correspondances, le statut de classique qui est celui du « Seigneur des Anneaux » de Peter Jackson ne peut pas être ignoré.
Même s’il écrit une fantasy radicalement différente de celle de Tolkien, GRR Martin n’a jamais caché son admiration pour le Britannique. De là à nous dire que Miguel Sapochnik, réalisateur de cet épisode (nous devons également "Hard Home" à ce saint homme), ait lui aussi été influencé par Peter Jackson dans son travail, il n’y a qu’un pas, et je fais, ce pas.

Je glisse au passage que la scène du supplice de Rickon ne vient absolument pas du « Seigneur des Anneaux » mais totalement, à 300% de ce magnifique survival qu’est « Apocalypto », de Mel Gibson. Si vous ne l’avez pas encore vu, je vous le conseille très fortement.
Mais revenons aux parallèles entre la bataille des Bâtards et le SDA. J’en ai évoqué certains, comme le fait que Ramsay se compare comme la Bouche de Sauron, enchainant menace, ton goguenard et provocations gratuites.
La réaction de Jon, suite à la mort de Rickon, s’apparente quant à elle à ce moment du « Retour du Roi » où Aragorn fonce l’épée au clair, tout seul, vers l’armée des orcs ("Pour Rickon..."). Peu après, la charge de cavalerie est filmée comme par hasard au ralenti, ce qui mimique assez bien la charge désespérée des cavaliers de Faramir. En réponse à quoi Ramsay fait tirer des salves de flèches jusqu’à plus soif, comme le commandant orc le fera pour tenter de contrer la charge des Rohirrim.



J’en profite pour placer directement ici que si les éléments visuels référencent le « Seigneur des Anneaux », la comparaison s’arrête là car les tonalités des deux œuvres divergent autant que les deux œuvres littéraires. Le caractère épique semble être leur seul point commun car là où « Le Seigneur des Anneaux » est infusé par l’espoir, « Game of Thrones » en semble dépourvue, carburant à l’énergie noire du fatalisme.
On peut aussi faire du pèle mêle avec le plan séquence de Jon dans la bataille, écho à des passages similaires comme Eowyn pétant des oliphants, Eowyn fuyant le commandant orc après la mort du Roi Sorcier, tout juste sauvée par un Aragorn qui passait dans le coin, les plans en vue subjectives sur les flèches que l’on retrouve dans le SDA avec divers projectiles (tous films confondus, cela va des flèches aux blocs de pierre…).

Je passe sur le plan de l’armée encerclée, et de la charge salvatrice que j’ai déjà évoquée, pour juste vous faire remarquer un détail. Le blason des Arryn :



L’armée de Jon est sauvée au dernier instant par une charge de cavalerie menée sous l’emblème d’un faucon, un rapace.



Ouaip. Tu crois que c’est un hasard ? MOI PAS.

Suivons toujours le fil chronologique de l’épisode, et arrivons à ce moment magique où après avoir dégommer la grande porte de Winterfell tel un bélier utilisé à Fort le Cor/Grond/troll des cavernes sous acides (les trois marchent, c’est fabuleux), Wun Wun s’offre une mort à la Boromir dans la demeure de Ned Stark, aka Sean Bean.
HASARD, COINCIDENCE ? JE NE CROIS PAS.

Quant à Daenerys, il sera très facile de la voir évoquer un Nazgul durant ses scènes de vol. L'effet des trois dragons volant sous un ciel plombé, la position stationnaire devant le navire qui peut faire penser à celle du Nazgul face à Frodon à Osgiliath.... J'ai hâte de voir la scène de la semaine prochaine où les armées de Dany quitteront Meereen pendant qu'elle les contemple depuis dragon, perchée sur une hauteur.



Mais là où Tolkien et Peter Jackson déploient un récit épique farci de légendaire, où la victoire est certes amère mais avant tout cathartique, GRR Martin et Miguel Sapochnik explorent des contrées plus sombres, celles du réalisme, où la grandeur du sacrifice ne vaut rien, où la noblesse des idéaux n’est pas une force motrice du conte. La panique constante de Jon dans la bataille, ses coups de pots successifs m’ont fait beaucoup penser à la scène d’Omaha Beach dans « Il Faut Sauver le Soldat Ryan » où le héros, Miller, est le plus souvent présenté hagard, incapable de maîtriser la moindre parcelle de la chance qui lui est alloué, échappant au pire par hasard, témoin d’horreurs indescriptibles au milieu desquelles il doit continuer d’avancer.



Les deux œuvres naviguent sur des océans différents, mais elles se rejoignent sur la manière de les naviguer, la plus jeune s’inspirant de toute évidence de ce qu’elle aura vu chez son ainée.

Cependant, je suis persuadée que les références visuelles sont fortuites. Parce que l'on peut lire partout des interviews de Miguel Sapochnik expliquant que sa référence pour cet épisode est "Ran", d'Akira Kurosawa. Une référence qui est plus discrète sur la forme parce qu'elle ressurgit davantage dans le fond, dans cette fameuse ambiance crépusculaires qui plombe ce qui a toutes les apparences d'un récit héroïque et glorieux.



Meutre, trahison, bassesses, la nature humaine exposée sans fard, courbant l'espace temps du combat épique pour le ramener à sa dimension la plus triviale qu'il soit. Le tout en se payant le luxe de placer 27 images sublimes par seconde. MAis Kurosawa c'est un peu le R'hllor du Septième Art, donc personne ne peut le test.
Mais Miguel Sapochnik s'en sort plutôt bien, car esthétiquement parlant, son film est une tuerie, qui va chercher au delà de la belle image, explorant le symbolisme afin d'enrichir son récit.

The North Remembers.

Et voici que l'on entre dans le gros morceau de cet épisode, cette bataille des bâtards qui sacrera, in fine, Sansa Stark comme Queen in the North. Longue vie à la reine, enfin, plus longue que celle de Robb déjà, ça serait bien.

Quelques petites choses intéressantes en amont des gros moments de bravoure que sont : la discussion entre Davos et Tormund, la promenade de Davos, le conseil de guerre, l'entrevue avec Ramsay, la bataille, la mort de Ramsay.... Tout le reste en gros, du coup il ne reste presque rien, à part cette discussion entre Jon et Mélisandre où ce dernier demande à ne pas être ressuscité. Si Mélisandre ne lui promet rien, cette discussion a plusieurs mérites, le premier étant de décrire l'état d'esprit de Jon, perdu depuis son retour.
Il navigue comme entre deux eaux, ni mort, ni vivant, cherchant sa place dans ce monde au sens le plus métaphysique qu'il soit. Cette confusion explique à elle seule pourquoi personne ne fera allusion aux pouvoirs de la Prêtresse Rouge après la mort de Rickon.
Mélisandre que l'on revoit pour la première fois depuis un bout de temps, avec des vraies lignes de dialogue et qui semble avoir bien repris du poil de la bête. Plus de dépression lovée dans une peau d'ours à se geler les miches devant un feu de 3 mètres de haut, retour de la petite robe rouge maxi décolletée et de l'assurance des beaux jours. Le feu qui l'accompagne est vif, brillant, un peu comme ceux des braseros dans le Dosh Khaleen, tiens.



Malgré tout, Mélisandre est sortie transformée de sa crise de foi. Terminée l'arrogance et les certitudes toutes faites, désormais elle laisse le doute exister en elle. Jusqu'à présent, elle faisait montre d'une foi aveugle en R'hllor ce qui n'est plus le cas. Elle admet que le Dieu Rouge puisse avoir des desseins qui la dépassent. Quelque part, sa foi s'est trouvée renforcée par son expérience tragique avec Stannis. Elle accepte d'être dépassée par R'hllor, de n'être qu'un modeste instrument qui ne sait rien ou pas grand chose. Le doute renforce sa foi, l'éclairant de raison, la rendant également plus convaincante, surtout pour un Jon sceptique, malgré sa résurrection. Inutile de dire que malgré ce changement salutaire, Mélisandre va devoir répondre de ses actes passés, et ce pas plus tard que la semaine prochaine.
Il se pourrait que la raison, le doute, cette foi plus saine qui est désormais la sienne la sauve de la fureur de Davos ou lui fasse accepter sa mort. Après tout, Mélisandre a accompli son destin en ce bas monde. Elle a trouvé le Prince qui fut Promis, et s'est réconciliée avec elle-même ainsi qu'avec son dieu. Elle peut désormais partir sereine.

«-Ser Davos, vous voulez pas venir avec moi boire un coup de lait de chèvre ?
-Sans façon Tormund, je vais aller me promener afin de tomber par hasard sur le bûcher de Shoren.
-Ok, bonne nuit alors !
-Bisous sur la barbe, Tormund. »

Partie un peu téléphonée de l’épisode, mais il fallait bien résoudre cette affaire d’une manière ou d’une autre. Et comme tous les soldats de Stannis sont morts et qu’il ne fallait pas compter sur Mélisandre pour confesser sa participation dans la mort de la princesse, il ne restait plus qu’à s’en remettre au hasard d’une promenade digestive.

De toute façon, si ce bricolage avait pour unique but de nous conduire au plan de Davos contemplant le bûcher de Shoren dans la lueur de l’aube, cela valait le coup. Mille fois.

« Sire, je suis votre éternel abonné »

On en avait rêvé du complot des maisons du Nord attendant la première occasion pour faire cracher leurs dents aux Boltons. A voir des « indices » cachés un peu partout dans les scènes entre Ramsay, Jean Pierre Karstark et le fils Omble.
En tant que lecteurs, nous étions sans doute conditionnés à regarder ces allégeances aux nouveaux wardens du Nord comme des soumissions de circonstances, et trop enclins à chercher la petite bête là où elle n’était finalement pas. Ils sont donc venus certes en serrant les dents, mais tout de même gentiment livrer Rickon, et le regarder mourir sans même questionner le bien fondé des actions de Ramsay.



Quand bien même les Omble y auraient été à reculons, la tronche que tire l’armée des Stark ne les auraient de toute façon pas incités à rejoindre leurs rangs.

Moralité, D&D ont à ce point dévié des livres que l’on ne peut plus prendre leur contenu comme référence pour des évènements de la magnitude de la bataille de Winterfell.

« It’s a trap. »

Si Rickon avait vu « Apocalypto », il aurait su que courir en ligne droite quand le mec vous tire dessus avec un arc, ça ne garantit qu’une seule chose, le raccourcissement de l’espérance de vie.



Là encore, il me faut tirer mon chapeau à Miguel Sapochnik pour sa somptueuse mise en scène de ce moment. Très difficile de rendre tendue/émouvante la mort de Rickon, connu mondialement pour être "l'enfant qui spoil". Rickon est un personnage très difficile à cerner, que cela soit dans les livres ou dans la série. Il semble aussi sensible que Bran (sinon plus) à la magie des vervoyants, car il prophétise la chute de la maison Stark avant même que son frère ait son premier rêve sur l'arrivée des Fer-Nés à Winterfell. Rickon est un petit garçon dans les livres extrêmement jeune (5-6 ans) au caractère ombrageux. Il s'exprime peu et d'autant moins à partir du moment où sa famille est décimée. Sans doute traumatisé et par les évènements et par ses visions, il apparait renfermé. La série ne nous a guère donné de matière sur lui, qui semble avant tout exister pour ce moment de la saison 6 tant son rôle aura été finalement assez pauvre. Depuis qu'il est parti avec Osha, il n'aura littéralement servi à rien, ce qui aura conduit beaucoup d'entre nous à penser que son retour ne pouvait avoir d'autre finalité que révéler le double jeu des Omble.
Malheureusement, la fonction de Rickon aura été plus basique encore puisqu'il est finalement le révélateur de qui est Jon Snow.
Je qualifiais Jon de perdu et d'éteint un peu plus haut mais à l'instant où ce petit frère qu'il connait finalement très peu est tué sous ses yeux, sa nature profonde se réveille. Rickon meurt pour que son frère renaisse enfin.
Et fasse une grosse conneries, soit dit en passant.


Mais pour que la scène fonctionne, elle ne peut pas se contenter de montrer l'action. Du coup Sapochnik ne s'est pas trop foulé, il a globalement décalqué la très efficace scène de l'évasion dans "Apocalypto". Je vous la mets dans ce lien pour que vous puissiez comparer. Mais il a réussi à introduire une construction dans le suspens moins survivaliste que dans le film de Gibson et plus intimiste. Vers la fin de la scène, alors que Ramsay semble avoir renoncé et que la musique angoissante se coupe, créant l'illusion que Rickon est tiré d'affaire, il y a ce plan large sur l'enfant courant vers Jon qui arrive au grand galop, la main tendue. C'est à ce moment, où la tension de la scène semble avoir retombé (en brisant le dialogue des champs contre-champs et en jouant avec la bande originale) que le réalisateur choisit d'abattre Rickon.
Et même si personne ne peut douter des talents d'archer de Ramsay, si les mots très durs de Sansa nous y ont préparé, on reste malgré tout stupéfait lorsque la flèche le transperce, juste parce que la mise en scène a réussi à créer une attente, un suspens autour de ce moment qui aura pu être très prévisible.

Prévisible, la réaction de Jon l'était pour Ramsay. En bon jumeau maléfique, il sait exactement comment l'autre va réagir et brise ainsi en deux secondes toute une soirée passée à causer stratégie.
«-On devrait peut-être attendre encore un peu pour renforcer notre armée, non ?
-YOLO, Sansa ! »

«-Ramsay va te tendre un piège, essaye de ne pas tomber dedans !
-Mais enfin, tu me crois vraiment aussi bête ? »

«-OMG, il a tué mon frère !
-C’est là le piège ! Tombe pas dedans, Jonsnow !
-Maaaaaaarrrrrrrgggghhhhhhhmééééééécrééééééaaaaaaant !!!!!!!!!!!!! »



Ah pour sûr, il n’est pas sans rappeler la finesse d’analyse d’une Daenerys à foncer ainsi tête baissée dans le combat, sans réfléchir deux minutes aux conséquences de ses actes.
Du moment ça fracasse, ils sont contents.


Un chasseur sachant chasser

Je pense que si l’on montrait cet épisode à une personne n’ayant jamais regardé « Game of Thrones », l’expérience prouverait combien la caractérisation de Ramsay y était parfaite. Pas besoin de se retaper sa vie son œuvre depuis la saison 3, en moins d’une heure, « The Battle of the Bastards » a fait l’essentiel du boulot.

Non seulement apparait-il comme le monstre cruel et manipulateur que l’on connait rien que durant la scène de la confrontation, mais sa nature profonde est-elle exposée durant la bataille.

Alors qu’il refuse le duel contre Jon, il explique sa décision en se retranchant derrière deux arguments. Le second est que la victoire lui est acquise s’il utilise son armée. Mais le premier est qu’il connait la réputation de Jon Snow comme combattant à l’épée.

Jon est lui aussi très bien et très vite caractérisé durant cet épisode. Son aura légendaire, sa bêtise congénitale, mais aussi sa bravoure, son cul bordé de nouilles… Son portrait est à l’exact inverse de celui de Ramsay. Technique particulièrement efficace pour brosser rapidement le portrait d’un personnage, en l’opposant constamment à son négatif. J’en avais parlé concernant Brynden et Edmure Tully, et si les deux bâtards sont depuis longtemps comparé par la série, c’est dans cet épisode qui les réunit que le « truc » peut être appliqué à son maximum d’efficacité.

Durant leur confrontation, Jon restera laconique, tandis que Ramsay multiplie les longues phrases. Durant la bataille, Snow ira au combat pendant que Bolton s’isole au loin pour diriger les opérations. Dans la cour de Winterfell, le contraste entre les deux hommes est saisissant : Jon maculé de boue et de sang (en rouge et noir winkwink), Ramsay propre comme un sou neuf.

Et maintenant, leurs armes et armures. Je vais commencer par ces dernières.

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Rien d’inédit concernant les mises des deux hommes, portant littéralement ce qui aura été leur uniforme cette saison. Jon a toutefois changé cet uniforme puisqu’il a abandonné en début de saison celui de la Garde de Nuit pour endosser l’armure de son père, symbolisant son retour dans l’héritage Stark.
Ramsay quant à lui n’a jamais vraiment évolué dans ses tenues, en tout cas plus depuis qu’il ne se fait plus passer pour un serviteur. Toujours cette même veste de cuir sans manches, pas la moindre variante sur sa tenue habituelle. J’ai tout d’abord pensé que le vêtement matelassé qu’il porte sous sa veste était un ajout afin d’apporter un peu de rembourrage en vue de la bataille, mais il se trouve que Ramsay le porte systématiquement avec cette tenue.



Du coup, je suis forcée de conclure que Michel Fourniret est allé à la guerre en casual Friday.

Ce choix de costume est parfaitement cohérent avec le personnage. Ce qu’il suggère à Jon en refusant son duel, c’est qu’il n’est lui-même pas un guerrier. Jon le comprend aussitôt, en lui répondant que ses hommes ne battront peut-être pas pour lui si lui-même ne se bat pas pour eux. Et décontenance Ramsay, sincèrement, je crois.

Vestimentairement, le contraste entre les deux hommes est saisissant. D’un côté, Jon, en armure, une armure légère, d’ailleurs, puisqu’il s’agit d’un modèle similaire à celui que Ned portait à Port Réal, en tant que Main du Roi mais aussi de celle qu’il choisit pour aller à la Tour de la Joie, qu’il atteint au terme d’une longue et épuisante chevauchée, genre de promenade que l’on évitera de faire en armure lourde, pour des raisons que c’est pas pratique et que tu risques de tuer plus de chevaux que pendant un match de water-polo.

Accessoirement, si la costumière a choisi d’habiller Barney Stark de cette manière dans le flash-back, c’est surtout afin de le doter d’un look immédiatement identifiable. Même astuce que celle employée lors du flash-back de Cersei la saison dernière.



De l’autre, nous avons Ramsay, en tenue de chasse. La seule arme qu’on lui verra porter et dont il se servira sera un arc, un choix lourd de sens et de symboles.
Et puis qu’une arme peut être considérée comme un accessoire, alors poursuivons donc ce point chiffon en causant épée, arc et bouclier.

Ramsay n’est donc pas un guerrier, mais un chasseur. Sa tenue nous le crie. Son attitude aussi. A aucun moment Ramsay n’a envisagé la possibilité d’avoir à se frotter aux soldats adverses. Raison pour laquelle il ne porte pas d’armure, pas même une cotte de maille (enfin pas que nous le sachions, car il peut très bien la dissimuler comme son paternel, sous son surcot). Il restera à distance, n’usant que d’un arc pour assassiner un enfant dans le dos ou provoquer Jon dans la cour. On comprend alors mieux pourquoi il a refusé le duel. Tout simplement parce qu’il ne sait pas se battre. L’épisode nous le montre, mais la série a aussi été éloquente en la matière. Ramsay blesse et tue des proies qui sont déjà à sa merci. Lorsqu’il chasse des femmes sur ses terres, elles sont affaiblies par une longue course, mordues par ses chiennes, puis achevées à coup de flèches dans le fion.

Ses victimes qui sont-elles ? Des femmes naïves (Myranda qui était tout le contraire de cela aura su lui survivre sans trop de problèmes, contrairement aux filles dont elle énumère les morts à Sansa lors de la scène du bain), des mamies zinzins, des prisonniers. A-t-on vu une seule fois Ramsay tuer un homme de son âge dans un combat d’égal à égal ? Jamais. Même l’assassinat de Roose Bolton ne saurait entrer dans cette catégorie puisqu’il a surpris son père dans un moment de faiblesse, pris au piège de sa joie de jeune père.

Ramsay est un chasseur : il repère une cible faible et s’en fait une proie. Puis il la traque, la piège et la tue lorsque ses dernières forces l’ont abandonnée ou que lui-même se lasse d’une poursuite qui s’éternise et a perdu son charme.

Ramsay ne s’en prend physiquement qu’à plus faible que lui, et uniquement lorsqu’il se sait en position de force. Il prend beaucoup de temps pour étudier le terrain, connaitre les habitudes de sa proie et finalement, déclencher son attaque là où celle-ci a le moins de chance possibles de s’en tirer.

Même son coup d’éclat à grands coups de « 20 good men » n’est qu’une prise de risques calculés, de la part d’un homme ayant la maîtrise du terrain, choisissant de mordre la cuisse d’un cerf exsangue.
Ramsay n’est pas non plus un guerrier car il ne combat pas à l’épée. L’arc est l’arme des lâches, it is know. Et avant que vous ne poussiez des cris d’orfraies parce que « cay pa vré dabor », j’ajouterai que l’arc c’est l’arme des lâches dans l’Occident Médiéval. Si elle est utilisée régulièrement dans ce contexte géographique et chronologique précis, elle n’a pas le prestige de l’épée, arme de la noblesse, arme qui oblige à regarder son adversaire les yeux dans les yeux, à l’affronter d’égal à égal, et à lui porter des coups directs.
L’arc permet de frapper à distance, sans que l’adversaire ne puisse le voir, sans lui laisser la moindre chance de parer, ou d’esquiver ce qu’il ne peut voir lui foncer dessus.
Si on peut tout à faire tuer quelqu’un dans le dos sans lui laisser la moindre chance avec une arme blanche (le Limier nous en a fait démonstration pas plus tard que la semaine dernière), c’est bien l’arme à distance qui se pare de connotations sinon négatives, au moins peu associées avec l’idéal de noblesse au combat.



Notez qu’en Orient, l’arc est bien plus valorisé dans l’art de la guerre, un art de la guerre pour le moins différent du nôtre, hérité d’une Antiquité gréco romaine qui a largement contribué à valoriser l’affrontement au corps à corps (quand bien même si les Grecs ni les Romains ne se sont privés d’utiliser les armes de jet. Mais ils les confiaient plus volontiers aux troupes auxiliaires ou issues de clan/tribus/pays étrangers/vassalisés/plus ou moins esclaves).
Contrairement à ce que notre vision occidentale nous porte à croire, au Japon, l’arc a une valeur symbolique aussi importante que le sabre, qui a été utilisé plus tardivement (et qui est globalement largement surévalué dans notre culture : le katana est une épée assez merdique, que les choses soient dites). Nous occidentaux ignorons assez largement que le kyudo, la voie de l’arc, est un art martial reconnu et particulièrement prisé au Japon, entre autre dans le milieu universitaire où il est très communément pratiqué. Alors qu’en Occident, il est aussi peu pratiqué qu’il est confidentiel, contrairement au kendo.

« Game of Thrones » se situant dans un univers médiéval fantastique, l’arc et celui qui s’en sert ne peut donc pas être dépeint autrement que comme un adversaire fourbe et cruel, tendant des pièges au héros noble, valeureux et aussi un peu con parce qu’il tombe dedans la tête la première, mais qui combat à l’épée alors l’honneur est sauf.

« Mais dis-moi, La Dame, la chasse, au Moyen Âge, c’était l’activité de la noblesse par excellence ! » Tout à fait, jeune bipède. C’était même déjà le cas dans l’Antiquité et se le sera encore dans les périodes suivant la Découverte de l’Amérique ou la Chute de Constantinople (tu choisis la date que tu veux, selon ta sensibilité byzantiniste).



Si Ramsay est dépourvu de toute noblesse parce qu’il a tous les attributs du chasseur n’a rien de contradictoire avec le contexte médiéval du récit. Il faut pour cela revenir un peu sur la chasse en elle-même, surtout la chasse telle que pratiquée par les nobles. Parce que voyez-vous, si aujourd’hui la reine d’Angleterre chasse surtout le cerf, et si ton voisin tire du chevreuil le dimanche en hiver, la chasse des nobles de jadis, naguère, autrefois dans l’Antiquité ou au Moyen Âge ne consistait pas à courir après des animaux aussi couards que des cerfs.
Nan, du temps où la chasse était une affaire sérieuse et surtout dangereuse, on allait plutôt taquiner du sanglier, parfois du loup, voire, si on était vraiment h4rd c0r3, de l’ours (ou du lion si tu étais Grec dans la très très haute Antiquité, ou n’importe quel peuple en Afrique du Nord). Ces chasses-là étaient les plus valorisées parce que le chasseur y risquait sa peau. Il faut dire que l’animal chassé avec, contrairement au cerf, la fâcheuse habitude de se défendre et que la tradition voulait qu’au terme de la battue, le duel final se fasse à pied, d’égal à égal avec sa proie.
Raison pour laquelle à un moment l’Eglise a dit stop les gars, calmez-vous avez ces conneries, a fait passer le cerf pour une noble bête ‘achement classe et encouragé toute la noblesse à lui courir après.



Bref tout ça pour dire que la chasse, en tant qu’activité noble, est perçue, symboliquement, comme un affrontement contre un adversaire apte à se défendre, et que l’on viendra achever au même niveau que lui. L’idée est là encore que la valeur de l’acte est proprotionnelle à l’investissement physique et la mise en danger réelle.
Meanwhile, qui posait des collets pour attraper des lapins et des renards, petit gibier de merde ? Le paysan du coin, à des années lumières du hobereau local qui lui se tabasse un sanglier furieux à mains nues (so to speak parce que concrètement, le sanglier, il était sans doute bien amoché quand on en arrivait à ce stade de la battue).

Ramsay se situe davantage dans la deuxième catégorie de chasseurs, ceux dont la pratique est celle du piège, de la mort dispensée à distance, sans prise de risque réelle.

Ainsi, l’opposition entre Jon et Ramsay est-elle symboliquement en grande partie construite autour de ces deux armes, et de la manière dont elles seront utilisées. Quand Ramsay attaque Jon dans la cour de Winterfell, son arme, qui vient d’achever Wunwun semble soudain dérisoire face au bouclier de force brute que lui oppose Jon, frappé de l’ours Mormont, symbole littéral de la fureur de Jon à cet instant précis, boule de vengeance et de violence qui va s’abattre sur un Ramsay armé d’un simple bout de bois.
L’affrontement qui suit ne peut être qu’en défaveur de Ramsay, puisqu’il se retrouve dans cette position qu’il évite scrupuleusement depuis sa première apparition dans la série : l’égalité. Sans truc ni astuce, sans plan B, sans Myranda, sans meute, Ramsay est désarmé, et ne peut rien faire contre Jon, qui est certes con comme une brique mais rompu à l’affrontement direct.

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Une grosse partie des scènes de la bataille de Winterfell reposaient sur la performance de Kit Harington. Kitty qui ne nous a pas toujours convaincu, mais qui sur ces deux dernières saisons avait su montrer de belles qualités de jeu.
Or, depuis le début de cette saison, le moins que l’on puisse dire c’est que ce dernier semblait en retrait. Normal, Jon est un plein réajustement, alors qu’il se voit offrir une seconde chance et qu’il doit composer avec cette expérience de la mort.



Sa relative passivité n’est pas à mettre sur le compte d’une mollesse de la part d’Harington, mais bien d’un tourment intérieur. Après, Kit Harington n’a jamais été au top de son jeu dès lors qu’il s’agissait de jouer un Jon torturé et pétri de doutes.
Mais sur cet épisode, sa composition est efficace. Jon n’est pas, malgré son parcours pour le moins exceptionnel et sa résurrection qui fait de lui un genre d’Elu de R’hllor, un surhomme affrontant la mort de son frère ou la sienne avec détermination. Non, il doute, il souffre, il a peur et il apporte, parce qu’il est presque notre seul point d’entrée dans cette bataille, une dimension humaine à l’affrontement. La caméra, quand elle ne nous fait pas des plans larges de situation, est toujours située à sa hauteur, épouse son point de vue. Entre autre au travers de ce superbe plan séquence au cœur de la mêlée qui nous permet d’embrasser la sauvagerie de l’affrontement, et la précarité de la survie. Jon y est notre poisson pilote et Jon ne maîtrise pas grand-chose.

Tout le contraire de Ramsay.
Les deux Snow sont opposés par les attitudes, ce qui était prévisible : Jon affiche sa détresse, constamment, là où Ramsay arbore ce sourire mi-sadique mi-satisfait. Jon combat à pied, Ramsay contemple la bataille à dos de cheval.
Comme le disant Snowy lors de la confrontation de la veille, Ramsay ne se battra pas avec les hommes auxquels il demande de mourir pour lui.
Il va même jusqu’à les tuer, en commandant à ses archers de tirer dans la mêlée. Décision à laquelle s’oppose le choix de Davos de retenir ses flèches, afin de ne pas toucher les membres de son armée.

J’ai beaucoup aimé la manière dont est filmée l’entrée en scène de Ramsay dans cette bataille, avec ce plan sur les sabots de son cheval noir, tel le seigneur sombre sur sa sombre monture. Ramsay est depuis longtemps un personnage que la série présente comme un ogre. Son penchant pour la violence et la torture ont souvent été associé à la nourriture, dernier exemple en date avec Osha. « Game of Thrones » a fait de lui une créature monstrueuse, au-delà de ses déviances cliniques. La légende noire du bâtard de Roose Bolton aura été en construction sous nos yeux.

Alors que Ramsay semble contrôler l’ensemble des évènements en cours, comme un sorcier maléfique, Jojn lui semble se débattre constamment contre la mort, dont il esquive les coups avec ce légendaire cul bordé de nouilles qui est le sien. D’un bout à l’autre de la bataille, c’est presque comme si une entité supérieure que vous appelerez R’hllor ou Chance selon votre intime conviction, détournait les flèches, faisait surgir de l’aide aux moments opportuns…

La bataille de Winterfell n’aura au final été remportée par aucun des bâtards dont l’affrontement faisait temps saliver. C’est Sansa Stark qui s’impose comme vainqueur à la fin de ce jour. Une Sansa guidée par un instinct très sûr. Pour survivre, elle a appris à lire rapidement les hommes, en conséquence de quoi elle a tout de suite compris que Jon n’était pas le commandant fiable sur lequel elle pourrait se reposer.
La tournée des seigneurs du Nord lui aura sans doute enseigné une certaine forme d’humilité (donnait raison à Davos lorsqu’il lui exposait ses réserves sur la fidélité de ses bannerets), mais pas au point de lui faire prendre de vue qu’elle est en effet la seule à savoir comment vaincre Ramsay.




C’est vrai ça… Sansa a raison de contester les décisions de Jon, mais elle peut aussi s’en prendre à elle-même puisque ne lui ayant pas dit avoir les chevaliers du Val en réserve, elle ne pouvait clairement pas espérer la patience de la part de l’homme qui croit avoir épuisé toutes ses ressources.

En tant que vainqueur mais aussi de dernière de ses victimes encore en vie, Sansa est donc celle à qui revient l’honneur de la mise à mort. Et force est de reconnaitre qu’elle n’aurait pas pu trouver mieux. Les limiers de Ramsay sont supposés lui obéir au doigt et à l’œil. Dans sa tête, il en était de même pour Sansa, qu’il dressait afin de la rendre docile. Tout comme il l’avait fait pour Theon. Mais la créature finit par se retourner contre son créateur. Par deux fois déjà, Ramsay a été trahi par ceux qu’il avait pourtant conditionné à lui obéir. En s’enfuyant, Theon et Sansa avaient en quelque sorte annoncé cette fin. Peu importe l’emprise que tu peux avoir sur eux, l’instinct de tes chiens reprendra toujours le dessus. Surtout si tu les maltraites en les privant de nourriture durant 7 jours.

Sansa aura d’ailleurs été aussi celle faisant preuve de clairvoyance. Sa conversation avec Jon à propos de Rickon servant à mettre en avant cette qualité :

«-Il faut sauver Rickon !
-Tout le monde se fout de Rickon, Jon. »

C’est ainsi que je peux en venir plus spécifiquement au cas de Sansa …

«Lady Stark, you may survive us yet. »

Je n’ai pas encore pris le temps d’écluser le net mais lorsque j’ai entendu cette phrase, « I'm part of you, now », je me suis aussitôt dit « ahlala, la théorie Sansa Enceinte va renaître de ses cendres ». Théorie à laquelle je n’adhère pas du tout, et l’épisode du jour me donne raison en plus, eh !

Le « je fais partie de toi » de Ramsay ne peut pas se référer à une éventuelle grossesse de Sansa pour la bonne et simple raison que dans l’hypothèse où elle aurait un Boltochinel dans le tiroir, Sansa serait à ce stade l’unique personne a en avoir conscience. COME ON. Elle n’a pas donné le moindre signe d’une grossesse à la télé : elle n’a pas vomi, n’est pas tombée dans la pomme, n’a pas commencé à se comporter comme un paquet de coton hydrophile. Au lieu de cela, elle a gagné une bataille et regarder froidement un mec se faire bouffer par ses propres chiens.

« Je fais partie de toi », tu parles, Michel Fourniret. Lorsqu’elle te regarde mourir, Sansa est à ça d’être une meilleure Monique Olivier que Myranda.



Si Sansa a survécu à tout jusqu’ici, c’est parce qu’elle a une capacité hors du commun à s’adapter. On l’a vu maintes fois au travers du vêtement, mais cela passe aussi par l’observation de l’autre, et un travail de mimétisme certain. Sansa a dû apprendre vite à réagir face à Joffrey ou Cersei, afin d’esquiver les coups. Puis elle a compris que pour rester dans les bonnes grâces de Littlefinger, elle devait jouer son jeu. Mieux, elle a aussi eu l’instinct de s’inspirer de ses méthodes pour renforcer son jeu à elle. Sansa s’adapte non seulement en épousant la forme et les codes de son environnement, mais aussi en copiant les manières de procéder de ses adversaires/alliés de circonstance. Comme elle le dit si bien, personne ne peut la protéger. Alors elle le fait pour elle-même.

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Si elle ne parle pas à Jon de l’offre de Petyr Baelish, c’est sans doute pour cette raison. Elle a compris qu’un atout majeur ne s’annonce pas au début de partie. Il s’abat au moment opportun. Si elle avait annoncé à Jon avoir le soutien des chevaliers du Val elle aurait pu essuyer son refus, au motif qu’il ne voudrait pas devoir sa victoire à l’homme qui a vendu sa sœur aux Bolton. Un motif qui s’entend très bien.



Certes, « l’atout » en question est hasardeux puisqu’il suppose que les chevaliers du Val soient capables de se pointer le jour J et à l’instant T, mais comme Sansa a passé pas mal de temps avec lui et qu’elle sait très bien être dans une œuvre de fiction, elle se doute que Littlefinger fera passer son ost par le chapaï pour sauver le cul de Jonsnow.



Et j’ai presque envie de vous dire, à un moment le débat « gnégné caypa coéran gnégné » on s’en fiche. La bataille contre Ramsay est une bataille contre le mal, le mal absolu (Ramsay est jusqu’à preuve du contraire autrement plus maléfique que Dagobert) et ce genre de bataille ne se remporte que grâce à un coup de bol / deus ex machina / exploit incroyable. Sinon l’affrontement n’a aucun intérêt. Si les héros ne vont pas au bout d’eux-mêmes avant d’enfin triompher, autant mettre en scène une ellipse, ça coûte moins cher et ça va plus vite à l’essentiel.

Dans leur dernière scène, on peut voir que la mise en scène continue d'exploiter le feu comme symbole pour Sansa. J'avais parlé plus tôt dans la saison qu'elle était souvent mise en scène avec des flammes dès lors qu'elle faisait des plans de bataille pour reprendre Winterfell. Au contraire, Jon restait dans les ombres. Lors du conseil de guerre, c'est Sansa, que Jon n'écoute pas, qui est reléguée dans l'obscurité, tandis que Jon est presque tout le temps environné de chandelles. Pas des feux vaillants, notons-le, de simples flammèches. Ces dernières sont présentes pour des raisons pratiques, car il fallait bien éclairer la scène, mais rien n'empêche de les interpréter comme le symbole de la fragilité des plans de Jon, qui seront soufflés comme une bougie par la perfidie de Ramsay.
Ramsay qui une fois la bataille perdue, se voit à son tour reléguer dans les ombres de son chenil, dans une scène qui prend l'exact inverse de la mise à mort de Walda et de son fils. Le bourreau, ici Sansa est à la porte, et la victime prise au piège au milieu des stalles. Sans le savoir, Sansa venger Walda de son enfant, tout en vengeant sa famille. Ramsay qui était si attaché à son héritage et à sa légitimité, se voit balancer à la face qu'il est condamné à la damnation memoriae. La sentence de Sansa est aussi douloureuse que le seront les crocs de ses propres chiens. Sansa, est tout ce temps éclairée par une torche vive, qui traduit son feu intérieur, la flamme de sa vengeance qui enfin s'accomplit.
Ceci boucle son arc pour cette saison, de manière particulièrement efficace sur le plan narratif et symbolique.

Et pendant que l'on s'extasie sur Sansa, qui a contribué à gagner la bataille, est seigneur du Val, et de Harrenhal, a eu l'intelligence de rester dans l'ombre tout cet épisode mais viendra certainement réclamer la monnaie de sa pièce dans les semaines à venir ? Hein ? Qui ?

« Broken hearts and shattered dreams like wreckage on the ground

« The Battle of the Bastards » est d’ores et déjà un épisode culte, à la hauteur de celui des « Noces Pourpres ». Mais il aura atteint ce statut pour de bonnes raisons.
Non pas que les Noces Pourpres soient un non évènement, mais je trouve que l’impact de l’épisode vaut essentiellement pour son contenu. La mise en scène n’avait pas, à mes yeux en tout cas, la force de celle de la Bataille des Bâtards. Or cet épisode existe essentiellement au travers de sa réalisation, de partis pris inattendu dans une série télé, dont il fait légèrement craquer les coutures du format. « The Battle of the Bastards » est aussi bâtard que son nom l’indique puisqu’il hurle son besoin de se déployer sur un grand écran en même temps qu’il joue des limites imposées par son cadre de production. Très beau compromis, cet épisode est une démonstration assez claire du pouvoir de la mise en scène.



Sur le papier, nous n’avons pas grand-chose pour faire le tour de notre slip sans toucher l’élastique comme nous l’avons tous fait à de nombreuses reprises en le visionnant. Jon et Sansa veulent récupérer Winterfell, mais Ramsay est maléfique et commencer à terraformer l’anus de Jon jusqu’à ce que Sansa arrive avec des renforts. Entre temps, le vilain Ramsay a tué leur petit frère. Mais à la fin les gentils ont gagné, ‘oilà.
Tu poses tout ça sur une mise en scène de télé classique genre « Les Noces Pourpres », et tu attends que ça se passe. Tu confies ça à un mec qui a de l’ambition et qui a compris que le scénario c’est bien, mais ça ne fait pas tout, surtout quand ton poisson pilote de l’épisode est une courge cosmique (sans rancune, Jon), et ça donne ce que nous avons donc vu dans ce neuvième épisode de la saison 6.


Si je n'avais pas lu cette remarque de Kit Harington sur le parallélisme de ces deux scènes, je n'y aurais jamais repensé. Alors, mes loulous, vous l'avez quand, votre grande scène de rencontre ?

Outre la volonté de donner une dimension jamais atteinte par la série auparavant à cet affrontement en gestation depuis deux saisons, il y avait ici aussi la volonté de réaliser un pur exercice de style en s’accrochant à la dimension graphique de l’évènement. 95 % des plans de cet épisode sont à tomber à la renverse (j’exagère sans doute un peu, mais pas beaucoup). Tous ont cette aura de fatalisme, cette teinte morbide qui conduit vers ce dénouement aussi attendu qu’il a le goût de la cendre. Sur ce plan d’une Sansa victorieuse, tournant définitivement le dos à l’enfant qui a quitté Winterfell quelques années plus tôt, lavée de ses illusions et de ses rêves, souriant d’avoir vu son tortionnaire se faire dévorer vivant, « eyes first, or maybe balls ».
A tous ceux qui déploraient l’absence de Lady Cœur de Pierre, ne la cherchez plus, elle est là. Et si d’aventure Arya et elles sont un jour réunies, je serai curieuse de voir ce qu’à elles deux, elles seront désormais capables d’accomplir.

Si j’étais un Frey, se prendrait le premier avion pour n’importe où sauf sur cette planète.

Voire je me suiciderais en avalant mon petit chapeau.



L’épisode nous présentait deux victoires mais leur parfum aura été très différent. Alors que Daenerys triomphe, fanfaronnant de son succès dans une mise en scène un brin pompière, les Stark suspendent une bannière maculée de boue sur les murs de Winterfell. L’immense prix à payer pour reprendre la demeure familiale, la somme des expériences pour en arriver à cet instant interdisent la joie ou le contentement.
Parce que les Stark se sont battus pour ce qu’il leur restait, leur honneur, leur vengeance, la chute de Ramsay Bolton n’est au mieux qu’une satisfaction.
Daenerys elle, s’est encore une fois battue pour son ego, pour ses convictions. Elle n’avait pas de petit frère à perdre ou à sauver, juste un programme politique.

Maintenant que les cartes sont rebattues, il semble que l’on se dirige vers un univers globalement dominé par les femmes.
Quoi qu’il arrive à Port Réal, si la Foi dont être renversée, c’est Cersei ou Margaery qui aura le dernier mot.
Sansa règne désormais sur le Nord depuis Winterfell et Asha va se battre pour reprendre le Trône de Sel. Ellaria et les Aspics contrôlent Dorne tandis que Daenerys cherche à se rendre maîtresse de Westeros et d’une Baie des Esclaves qu’elle vient de réduire au silence par la terreur.



Vous souvenez-vous de ce que je disais plus tôt dans la saison sur la conception très féminine du pouvoir par Daenerys ? Son alliance avec Asha continue de développer ce trait du personnage puisque c'est sans doute la première fois que Daenerys se montre aussi bienveillante envers quelqu'un. Sa victoire toute fraîche peut expliquer sa décontraction, mais il n'y a pas que cela. Dany et Asha se comprennent aussitôt, parce qu'elles ont eu à vivre des situations similaires. Leur connivence est une évidence. Et elle n'avait nul besoin pour fonctionner d'une Asha lesbienne. Merci pour la gratuité, mais je crois qu'en 2016, on peut regarder deux femmes de pouvoirs mettre le monde à leurs pieds sans qu'elles soient obligées de se rouler des galoches pour être crédibles. Bonjour le sexisme.
Hillary, Angela, pour affirmer votre pouvoir, vous savez ce qu'il vous reste à faire.

La semaine prochaine...

Avec un épisode au découpage plus normal, nous assisterons à une conclusion de saison qui je l'espère, ne sera pas aussi pénible que les habituelles conclusions de saison. L'année dernière, ils s'en étaient plutôt bien tirés et vu ce qu'il reste à conclure cette année, on ne risque pas de trop s'ennuyer.
Il nous reste encore du Bran, de la Cersei, du Jaime, un peu d'Arya et de Sam, et Dany ne restera pas les bras croisés alors qu'elle a pour mission sacrée de terminer glorieusement chaque saison que D&D font.

A peine le temps de me remettre de mes émotions de rédaction de ce billet et hop, je file directement regarder le dernier épisode de cette saison 6, et on se retrouve dans quelques jours !

Commentaires

1. Le lundi 27 juin 2016, 13:12 par El-Maque

C'est assez amusant de lire votre billet après avoir vu l'épisode du jour, notamment quand vous dites que les événements conduisent Sansa à devenir The Queen in the North... On dirait bien que les scénaristes de chez HBO ont décidé de vous faire un pied de nez... a notre grand dam ! ^^

2. Le lundi 27 juin 2016, 13:30 par lockeforever

QUE QUICONQUE ICI EVOQUE L'EPISODE 10 SOIT ECORCHé VIF A L'INSTANT, merci;

Superbe épisode en effet, les scènes de bataille (avec budget réduit) arrivent presque à la hauteur de Maitre Gibson (ignominieusement calomnié pour sa pourtant tès fidèle "passion du christ"

Iwan Rheon aura été parfait de bout en bout en génie du mal, avec le jublilation sans joie qui n'est pas sans évoquer randall flagg.

Sansa a fini par comprendre la manière d'agire de Petyr, et même si elle ne l'aime pas, on sent qu'elle partage la même visions. ça peut mener loin...

Bien aimé les plans de Jon a moitié étouffé par ses propres troupes.

Pas compris pourquoi les bolton ne formaient qu'un 75% de cercle au lieu d'un cercle entier, mais ça le fait quand même.

La mort de ramsay ne POUVAIT PAS être aussi douloureuse que tout ce qu'il a infligé au cours de sa vie, (de toute façon sansa n'est pas à ce niveau de perversion), mais la real nous fait comprendre que même la machoire inférieure arrachée, il va souffrir quand même grave, l'héritier ingrat de lord Roose (qui, lui, n'aurait pas perdu la bataille, se serait retranché derrière les murailles de winterfell)

un petit mot pour le judicieux de Yunkaï, celui qui ressemble à la fois à thierry lhermitte et à gad elmaleh. So long, yunkaïï, j'avais une petite affection pour toi et ta cape bleue.

bon, asha et danny ensemble, est-ce à dire que théon ne va plus jouer que le rôle de hallebardier ?

Bref, un épisode superbe, qui (presque) conclue notre première saison dans l'inconnu. Que Dieu prête vie à MONSIEUR Martin, pour son génie et pour le plaisir qu'il nous apporte et pour son talent extraordinaire. (oui, c'est égoïste, s'il meurt après avoir fini sa saga, je dirais juste "well done, chap", mais sincèrement, s'il n'était pas assaillu de mails j'aimerais juste lui dire grand merci, et j'emmerde les lettreux, qu'on ne trouve heureusement pas ici, qui ne considérerons pas le génie de l'Homère du XXIe siècle (c'est même mieux qu'Homère, à mon sens)/

Après le S10 final, je propose à la dame de faire un point à la ouess-france/"où sont nos navires?" et de détailler qui est où et avec quelles forces et quel objectif.

ça aurait-y pas été bien de voir Locke mourir en héros sur le champ de bataille contre un widling random plutot que seul comme un con au-delà du mur ? pfff

(mon fond d'écran -je jure que c'est vrai ! - : http://nsa38.casimages.com/img/2016... )

(merci lazarus)

3. Le lundi 27 juin 2016, 13:35 par Melloctopus

Pas grand chose à dire sur l'épisode. Visuellement superbe, scénaristique prévisible, et n'oublions pas le 7ème rappel de la mort de Stannis de la saison !

Bon sinon plus sérieusement un épisode prenant tout de même. Qui épure pas mal aussi. Au vu de l'épisode suivant, on peut dire que Jean-Jacques Karstark est mort pendant la bataille, parce qu'on ne l'a pas vu crever, c'est bien dommage. Karstark, Jon Omble, Ramsay Bolton, Wun Wun, Rickon Stark ainsi que Philippo Di Connardo et Leonardo del Salopio les esclavagistes (je suis content, Mario del Vafanculo survie), ça fait du personnage secondaire en moins.

Non le plus gros regret reste quand même pour Rickon, qui n'aura servi à pas grand chose quand même. Et les lecteurs comme moi, qui attendaient le North Remember et la conspiration nordiennes, sont déçu du traitement de personnages qui méritaient mieux.

4. Le lundi 27 juin 2016, 13:49 par La Dame

@ El Maque : on en reparle dans le prochain billet :)



@ lockeforever : ils n'ont pas besoin de fermer le cercle, ils ont une montagne de cadavres que Ramsay leur a généreusement préparer en bourrant de flèches ses troupes et celles de l'ennemi.


@ Melloctopus : ah ben pour le "in memoriam" des fails de Stannis, le dernier épisode devrait être un ravissement.
Pour Rickon, il reste encore celui des livres pour aller au bout de cette histoire de conspiration.

5. Le lundi 27 juin 2016, 14:49 par LoLoBear

Merci LaDame, même si ce billet est un peu décousu c'est toujours un plaisir à lire.

Pourriez-vous développer sur "le katana est une épée assez merdique, que les choses soient dites" ?
C'est vrai qu'on a tendance à le considérer comme l'arme blanche ultime de par chez nous (cf Michonne dans TWD par exemple).

6. Le lundi 27 juin 2016, 15:38 par La Dame

@ LoLoBear : le premier problème qui amène à la prétendue supériorité du katana est que l'on a continué de l'utiliser très tard, contrairement aux épées médiévales qui lui étaient contemporaines. Ces dernières dont il ne reste que des exemplaires abimés et émoussées pouvaient difficilement soutenir la comparaison avec un arme toujours utilisée. Sauf que depuis que l'on fait de la reconstitution et que l'on est capable de reproduire la qualité de l'acier, les techniques et que l'on a eu l'occasion d'utiliser des épées médiévales occidentales, on se rend compte que le katana ne tient pas la comparaison. Déjà, lame contre lame, le katana perd, car il est fragile. En cause, la qualité de l'acier et des techniques de forge plus au point dans l'Occident médiéval où la métallurgie était plus avancée.
Le katana est efficace dans le cadre d'une guerre au Japon, parce qu'il a une certaine efficacité contre les armures qu'y arboraient les guerriers, armures relativement légères, encore une fois si on les compare à ce que portaient les hommes de caste équivalentes en Occident (les chevaliers donc, que l'on va comparer ici aux bushi des familles samouraï).
Le katana est adapté à l'usage que les Japonais en avaient, mais en aucun cas il ne s'agit d'une arme ultime. Au jeu des performances et des comparaisons, les épées forgées au Moyen Âge en Occident sont plus solides, tout aussi tranchantes, plus polyvalentes (on peut couper, frapper d'estoc, assommer avec le pommeau, fouetter avec le plat de la lame etc...), alors que le katana est une arme spécialisée pour un type d'armure et un type de combat.
Pour prendre le cas de Michonne, elle aurait meilleur compte d'utiliser une épée bâtarde, elle aurait davantage d'allonge contre les zombies. Et son épée risquerait moins de se briser si d'aventure elle tapait dans quoi que ce soit de métallique.

La différence tient surtout dans la manière d'aborder le combat, même si le katana souffre aussi de sa prétendue perfection formelle, qui l'a figé pour des siècles (même combat pour l'arc, qui n'a pas évolué depuis le Moyen Âge, alors qu'il en loin d'être optimisé).

Dire que le katana est une arme merdique est un peu exagéré mais j'en ai un peu marre de lire ou d'entendre chanter les louanges d'une arme dont la seule "supériorité" à nos yeux d'Occidentaux tient surtout dans son exotisme et la grandeur supposée d'un Japon largement fantasmé.

Il est temps de sortir des clichés sur le Moyen Âge Occidental : une époque qui roxxait, dans les grandes largeurs.

7. Le lundi 27 juin 2016, 16:08 par Gerssiflet

Sympa le billet décousu, j'ai sourit plusieurs fois quand tu évoque la semaine prochaine ^^

Pour Ramsay, ton analyse du chasseur est juste, mais il y a un contre exemple dans la série quand il fonce tout joyeux et tout nu contre Asha et les fer-nés blindé de boucliers et d'objet redondants pour sauver Théon ...

Toute la comparaison avec le SdA est également bien vue, ainsi que l'emblème des Arryn... d'ailleurs l'emblème ne représente pas qu'un aigle, il représente un aigle fonçant vers un croissant (cf: la disposition des homme de ramsay tout ça tout ça...), coïncidence ? ou conspiration Ilumino-reptiliens ?

à partir de maintenant, GROS SPOIL DES BOUQUIN ET DE L'EPISODE 10 ATTENTION!!!

Je ne vois vraiment pas le même personnage en Sansa qu'en Lady cœur de pierre, je suis désolé. Là où Sansa se "reconstruit" petit à petit, Lady cœur de pierre ne vit plus que pour la vengeance.
La nuance est peut-être fine, étant donné que Sansa est tout sourire devant un Ramsay sans mâchoire, mais elle, peut encore envisager un futur, un futur "heureux".
Sinon, elle a une famille: Jon, Lady Cœur de pierre n'a rien.
Bref, je ne trouve pas qu'elle ait le profil psychologique de Lady Cœur de pierre...

Par contre Arya est effectivement plus dans le rôle surtout quand on voit ce qu'elle fait dans l'épisode 10. Mais bon, même elle a encore une part d'humanité et de "lumière" en elle, contrairement à ce qu'on a pu lire de Lady cœur de pierre qui n'est que vengeance aveugle, haine, tristesse et dépourvu de la moindre once d'espoir.

8. Le lundi 27 juin 2016, 16:08 par De passage

Merci pour le billet! C'est vrai que cette année, les lire chacun à la lumière du visionnage de l'épisode d'après est intriguant :)

Je me permets de revenir sur l'interprétation du personnage de Ramsay qui ne serait pas un bon combattant: tous les exemples cités sont en effet criants de vérité (victimes affaiblies, tir à distance, etc) et donc tout serait très cohérent si il n'avait pas bel et bien existé une scène où Ramsay combat au corps à corps: celle où Asha et son équipage organisent le sauvetage de Theon qui finalement, ne les suivra pas. Ramsay se ramène alors torse poil avec un (ou deux, je ne sais plus), poignard en main et se jette dans la mêlée sans protection avec une certaine classe. C'est dommage parce que depuis cette scène dans mon inconscient Ramsay est un combattant qui ne craint rien, alors que ça va à l'encontre de tous les autres indices visuels et scénaristiques disséminées dans la série...

Je joue aussi la fine bouche et la chercheuse d'aiguille dans la botte de foin mais quand Ramsay a parlé de ses chiens affamés depuis sept jours, Sansa n'était déjà plus là car elle s'était cassée du groupe de pourparlers. Techniquement elle n'est donc pas sensé le savoir à moins que Jon ou autre ne lui ai dit :p

9. Le lundi 27 juin 2016, 16:31 par La Dame

@ Gerssiflet & De passage : comme vous me faites la même remarque, je vous fais une réponse groupée au sujet de Ramsay. En effet, j'avais zappé cette scène où il attaquait Asha et les Fer-Nés totalement torse poil. Ce qui en effet, contredit totalement ce que je dis. On peut dire que c'est l'exception qui confirme la règle ? Ou qu'il était tellement chargé d'hormones après sa chevauchée fantastique sur Myranda qu'il en a perdu la tête ? J'ai bon ? :p

@ Gerssiflet : pour le parallèle Sansa= Lady Coeur de Pierre, c'est plus une boutade hein. En effet elle est très loin de ce personnage qui n'apparaitra jamais dans la série (même si la dernière scène de vous savez qui lors de tel évènement, quand elle fait froidement vous savez quoi à la femme de vous savez qui, en est une brève apparition). On reparlera du cas Arya dans le billet suivant, mais vous avez raison, elle a bien le profil de l'héritière.

@ De passage : en effet, Sansa est déjà partie quand Ramsay mentionne ce détail mais il est fort probable que les personnages parlent entre eux hors champ. Pour le coup, on peut imaginer que quelqu'un en a parlé à Sansa la veille de la bataille, ou alors après leur arrivée à Winterfell. Connaissant l'amour de son époux pour les chiens, elle aurait pu demander à ce qu'il soit conduit au chenil et là quelqu'un lui dit "en plus, il n'a pas nourri ses bêtes pendant 7 jours", et hop. Mais c'est vrai que dans les conventions de la fiction, il faudrait que l'on voit l'info parvenir à Sansa pour ne pas créer de hiatus, comme c'est le cas ici.

10. Le lundi 27 juin 2016, 21:38 par Marina

De retour de vacances, je reprends ma lecture de vos billets.
Je vous trouve un peu dure concernant Jon et son rôle de commandant. Il a toujours été noté et remarqué comme un bon tacticien dans la garde et j'ai un peu l'impression qu'ils l'ont rendu un peu concon-émotif dans cet épisode pour rendre le sauvetage de LF/Gandalf encore plus impressionnant.

Pour Sansa, j'ai été un peu surprise qu'on lui donne ce rôle de tueuse de Ramsay.
Pas que je lui reproche, àmendoné elle a largement mérité de le faire. C'est juste que je trouve ça hors-personnage et anti-Stark. Je verrais plutôt LF faire ça.

11. Le mardi 28 juin 2016, 01:22 par Strannik

@Chère Dame

Normal que vous l'ayez oublié : cette scène où un homme torse nu combat dans un espace réduit face à des hommes armés et en armure de cuir matelassée, puis qui les fait fuir en lâchant 2 chiens dont ils n'ont en fait rien à craindre grâce auxdites armures... était d'un suprême ridicule. votre subconscient a fait le reste.

Pour le katana : c'est plutôt vrai, toutefois

- un katana est spécialisé pour trancher, et ça marche plutôt bien, si on sait s'en servir : http://www.france5.fr/emissions/on-...

- face à une armure, katana et épée se valent contre une armure de métal : ni l'une ni l'autre ne la percera. https://www.youtube.com/watch?v=EDk...

En fait, dans un combat en armure, le but n'est pas de percer l'armure : mais d'épuiser et renverser son adversaire : [https://www.youtube.com/watch?v=5hlIUrd7d1Q]

bref, le meilleur combo, c'est placage de rugbymen et dague.

Ironiquement, le seul personnage chez Martin qui emploie cette technique pour ses deux seuls combats, c'est .... Dunk, qui n'est pas un chevalier.

12. Le mardi 28 juin 2016, 14:55 par Run

Je fais plutôt parti du groupe des rageux sur cet épisode!

je n'aime pas du tout la mise en scène de la bataille et la manière dont elle est filmée. ça me parait juste ridicule, démesurément long pour finir en une poignée de secondes avec les chevaliers du val. Bref, je vai pas rentrer dans les détails, comme souvent, je reste assez déçu dans ce type d'exercice par GOT.

Même prévenu et rescussité, Jon reste lui même, le gars trop gentil un peu benêt qu'on a envie de claquer de temps en temps.

Le rôle de coeur de pierre a sans doute été un peu réparti dans les différents Stark. Moi, je ne trouve pas ça hors rôle pour Sansa, son personnage a considérablement évolué. Pour Ramsay, la manière de sa fin me parait évidente depuis un moment. Mais maintenant, il y a beaucoup d'éléments mis en place et la série a un peu plus de mal à surprendre une spectatrice avertie comme La Dame, quoique ;)

J'ai apprécié toute la partie historique du billet.

13. Le mercredi 29 juin 2016, 10:54 par Turel

+1 pour le déçu de l'épisode phare de la saison. Déjà les deux lieux différents, et la coupure pour revenir à Meuhhhrine. Ok on a une notion de temps qui passe pour les deux batailles, mais les temps réels sont différents d'un endroit à l'autre, quelques heures pour le snowbowl, plusieurs jours/semaines pour l'arrivée des fils du Kraken.

Lockeforever parlait de Homère en le comparant à GRRM pour valoriser son oeuvre. Ok pour l'auteur, et j'ai eu le reflex également pour cette épisode qui se veut épique. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il souffre la comparaison avec l'Illyade par le manque de profondeur des protagonistes secondaire, surtout du côté des bolton. Dommage car on nous avait monté des semblants d'intrigues avec les Ombles, et les Karstark. Dommage de ne pas avoir plus insister sur le climax pré-bataille à l'intérieur de Winterfell, les tensions entre alliés, les doutes, les vantardises, les menaces... A mon sens il y avait de quoi faire sans que ça soit aussi alambiqué que dans le livre.
La bataille de meuhrine aurait pu être traitée plus tôt dans la saison et donner plus de champs au Snowbowl. Dommage Dommage Dommage. On reste centré sur Jon et son Warhammer4000 made in china fait avec des cailloux, sur Jon et son concours de kiki, sur Jon et son Totem d'invincibilité gagné en début de saison, sur Jon et vous avez compris le concept...

Point chiffon yeah!
La petite Mélissandre retrouve sa Kaiserine chéri du coup elle abandonne le cuir de guerre et reprend sa tunique bleue aux couleurs de sa überhauptfürerin.
A bien contrôler dans le billet du S06E10 sa prochaine tenue caméléon.

Grandiose billet sur un très maigre épisode (d'un point de vue narratif, il s'entend)
mais pas un mot sur Moonmoon? ça fait 2 épisodes qu'on ne le voit plus.
Si il n'apparaissait pas durant son tour des grands duc pour ne pas "effrayer" les gros boeufs du nords, son invisibilité durant la bataille est totalement un OutOfCharacter (alors oui CGI...Dragons...Budget tous ça) mais zut à la fin

La semaine prochaine dernier épisode d'ici là que dit-on au Dieu du spoil?
PAS DANS CE BILLET!!!!

14. Le jeudi 30 juin 2016, 12:27 par Elwing

Une connexion Internet approximative m'a empêchée de commenter vos précédents billets... Mais pas de les lire avec enthousiasme! (Et un billet placé sous le signe de Michel Pastoureau, owi!)

Mille fois oui pour le girl power! Et mille fois oui pour le traitement racoleur d'Asha... j'ai l'impression qu'on évoque sa sexualité que depuis cette saison. Dans la version subtile, j'interpréterais cela comme une opposition à Daenerys, qui joue à fond de sa féminité dans l'exercice du pouvoir, alors qu'Asha envoie bouler les stéréotypes, s'habille comme un homme, se comporte comme on l'attendrait d'un homme. Fer-Né du moins. Dans la version moins subtile, c'est soit du queerbaiting, soit du "Agad, agad, y a deux nanas qui se roulent des pelles."

Et concernant l'empressement d'Asha à abandonner l'Antique Voie... elle n'a pas trop le choix. Daenerys impose sa vision du monde, comme d'hab, mais c'est aussi le signe d'une nouvelle ère pour les Îles de Fer.

Pour la bataille des Bâtards : pendant toute la première moitié, je m'étais dit que le réal avait probablement du beaucoup regarder Ran et Kagemusha. Ça fait plaisir, comme les citations des charges de cavalerie du Seigneur des Anneaux. (J'ai aussi passé mon temps à gueuler "Hey, PJ, c'est comme ça qu'on filme une bataille, t'as oublié depuis le SdA?" Mes yeux saignent toujours depuis la Bataille des Cinq Armées...)

J'ai été assez dérangée par la mise à mort de Ramsay. Je me suis demandée comment il allait finir. Sansa pouvait le condamner à mort, en tant que dame de Winterfell, mais je ne la voyais pas manier l'épée. Le rôle aurait pu revenir à Jon, certes. Mais je ne m'attendais pas du tout à ça. Certes, niveau symbolique, c'est très réussi, et ça s'inscrit tout à fait dans le développement sériesque de Sansa. Elle est totalement brisée, donc c'est assez logique qu'elle utilise ce déferlement de violence et de torture. Surtout que les mots de Ramsay (I'm part of you now), s'appliquent totalement à ses actions. Elle ne pourra jamais se débarrasser de ce qu'elle a subi, et son cœur va continuer à se durcir. Mais quelles seront les conséquences pour elle? Parce que j'ai un peu peur que son développement ne s'appesantisse pas trop sur cet aspect des choses. :s

15. Le jeudi 30 juin 2016, 21:18 par sauvageon

Dans les livres Daenerys se met aux filles mais étant donné qu'ils ont tué Irri dans la série, ils veulent peut-être utiliser Asha à la place ?

16. Le vendredi 1 juillet 2016, 06:46 par Turel

@sauvageon: Dans la série Daeny apprend l'amour avec une fille de Lys, avant de gagner le coeur de son Khal.
Jouer avec une fille ne la gêne pas du tout à se moment là

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