décembre 2015

23 déc. 2015

L'attaque du clone

J’ai 6 ans, et c’est le matin de Noël, ce 16 décembre 2015. Depuis presque deux mois partout dans ma télé, dans mon supermarché, dans mon internet, les symboles de la fête sont là et lentement mais sûrement, l’attente monte, jusqu’à qu’enfin le calendrier atteigne l’horizon du jour J.

On dira ce que l’on voudra de ce marketing protéiforme autour de la sortie de l’Episode VII de «Starwars» : mercantilisme, agressivité, saturation, stupidité…

Soyons honnêtes, le film était garanti être un succès même avec le ¼ de la promo proposée. «Starwars» n’a pas besoin d’huile de moteur BB-8 ou de couches culottes Kylo Ren pour être un carton en salle.
Cette promo d’une ampleur sans précédent n’est finalement qu’à la hauteur du produit à vendre : « Starwars », LA franchise. Le roi des univers étendus. Le seigneur de la culture populaire. Que la promotion autour du film soit aussi envahissante que celle accordée à un évènement mondial aussi chargé de sens que Noël en dit très long sur la place qu’occupe la saga dans notre société.
A l’heure du lancement d’une nouvelle trilogie située dans l’univers qui infuse depuis les années 70 tout notre imaginaire, les mots « excessif » ou « ridicule » n’ont aucun sens.

Nous n’avons pas assisté à la promotion d’un film, dont le succès était de toute façon garanti hors promotion, nous avons assisté à une célébration. Une communion mondiale (ou presque) autour d’un mythe moderne qui fait sens pour toutes les générations.

Alors est-ce que le taboulé Chewbacca est aussi bon que « Le Réveil de la Force » ? On s’en fiche. La qualité du film en lui-même n’a pas d’importance. Comme n’en a aucune celle de la prélogie au final. Ce qui compte c’est la vénération qu’inspire la trilogie, la détestation collégiale pour les Episode I, II et III et l’enthousiasme généré par l’attente du retour de l’univers sur grand écran. L’important, c’est qu’au fil des décennies, trois films sont devenus des jalons mémoriels, des stèles quasi mystiques, et qu’un véritable culte se soit instauré autour de cet objet filmique, l’un des plus puissants qu’il soit.

Starwars procure ce sentiment à nul autre pareil, que l’on soit face à ses meilleures ou à ses pires heures parce que sans en avoir vraiment conscience lui-même, George Lucas a accouché d’un récit à la hauteur des mythes fondateurs des grandes civilisations. Rien de moins.

Alors je vais chouiner, je vais rouspéter, je vais grogner, mais au final, sincèrement, on s’en fout. Si du point de vue du cinéma « Le Réveil de la Force » est discutable, sur tout le reste, cet inexplicable et impalpable sentiment de retour au bercail dès l’ouverture du générique, il n’y a rien à dire.

Starwars ce ne sont plus des films, des produits dérivés ou du marketing. Starwars c’est une religion.
Et s’il arrive que le prêche ne soit pas à la hauteur du mythe, l’essence, elle, vit en nous, et nous lie en un tout unique.



ATTENTION, CE BILLET A BASCULE DU COTE OBSCUR DU SPOILER

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23 déc. 2015

Ectoplasme mou


A la base, je ne venais pas du tout pour ça, j’avais décidé de voir un autre truc. OUI, LA TRISTE VERITAY c’était que je venais pour un marathon « Hunger Games », la fleur au fusil, sans avoir réservé, m’infliger 6h de film avec une héroïne qui subit, se fait faire des tresses et traine le pire side kick de l’histoire de la fiction.
Mais bon, je ne vous ai jamais publié de billet sur le troisième film, « Mockinjay Part 1. » du coup, comment pourriez-vous savoir/deviner que contre toute attente, la qualité de « Hunger Games » est allée en augmentant, au point que malgré un scénario toujours à la ramasse, cette saga propose désormais un semblant d’intérêt question mise en scène. Chose justifiant donc largement que je puisse envisager d’y passer la moitié d’une journée.

CECI EST UNE MAUVAISE EXCUSE, j’en conviens. Mais peu importe puisque ça ne s’est jamais fait, la séance étant complète, et quand je dis complète je veux dire prise d’assaut par des ado à frange des deux sexes.

«-Du coup, on fait quoi ? Me demande l’ouvreuse, l’air de se demander si elle va me mettre une droite tout de suite, ou essayer d’abord de m’égorger avec un ticket.
-J’avais décidé de me faire un film médiocre de toute façon.
-Correction, tu avais décidé de t’en faire 4.
-Le 3 a certaines qualités.
-Comparé au 1, pour sûr mais ne va pas non plus me faire croire que c’est le young adult de l’année.
-J’ai jamais dit ça.
-Je confirme. Et tu m’as pas dit non plus ce que tu comptais faire à la place de rager sur Peeta.
-… « Spectre » dans 5 minutes… ALEA JACTA EST, ouvreuse ! Edite le goddamn ticket ! »



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17 déc. 2015

Satan m’habite


Attention, feel good movie incoming.
Mais pas dans le sens que vous croyez. 2015 a été un cru assez sympathique, tout bien considéré, ne serait-ce qu’à cause de « Mad Max Fury Road » qui à lui seul a relevé le niveau de l’ensemble de l’année.
Le niveau et le moral de toute personne qui attache un minimum d’importance à ce truc tellement surfait de nos jours : la MISE EN SCENE bon sang de bois, LA MISE EN SCENE.
Négliger cette dernière au cinéma c’est à peu près aussi logique que de négliger la discrétion quand on est espion, la cuisson des viandes quand on participe à « Top Chef » ou la présence d’une paire d’aile sur un avion long-courrier. D’ailleurs, si George Miller n’est pas sacré meilleur réalisateur aux prochains Oscars, je préviens, je hurle. Je hurlerai aussi quand l’Âcâdémie lui sucrera celui du meilleur scénario (j’entends déjà les « ohlol le scénario de « Fury Road » PTDR » d’une partie de mon lectorat. Attendez mon billet vous… ATTENDEZ… (« Ca fait 10 ANS qu’on l’attend !!! » => je peux fermer ma parenthèse ? Merci). Accessoirement, j’estime qu’il lui faut aussi le meilleur film, au moins une nomination pour Tom Hardy (SI.), une statuette pas conquise à grand coup de stratégie honteuse style « j’ai pris 10 kilos pour ce rôle et porté un dentier » pour Charlize Theron, et une pour Nicolas Hoult ou Hugh Keays-Byrne.
Une palanquée de récompenses techniques, rien pour la bande originale et un meilleur film là-dessus.

Et si « Régression » d’Alejandro Amenabar pouvait récupérer au cœur de ce hold up quelques nominations, alors je serai vraiment ravie.
Parce qu’à un tel niveau de maîtrise, l’Ibère du concours mérite tout notre respect. Une fois encore. A chaque film, Amenabar prend de nouveaux risques, modifie sa manière de raconter, se frotte à des nouveaux sujets, tous aussi exigeants les uns que les autres.
« Agora », reste encore maintenant un des plus beaux films que j’ai jamais vu, une œuvre d’une densité folle, qui aujourd’hui plus que jamais s’avère essentielle, tant elle épouse les dynamiques qui nous oppressent.

Après quelques années à manger des tapas en réfléchissant à son prochain chef d’œuvre, Alejandro Amenabar, fer de lance de ce cinéma espagnol que la France entière devrait envier si elle n’était pas littéralement hypnotisée par Kev Adams, revient, avec un film qui se donne presque l’air de n’être rien du tout.
Mais qui, garanti sur facture, s’avère être un sacré tour de force.



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