décembre 2007

31 déc. 2007

A la Croisée des Mondes : La Boussole d’Or (qui a perdu son cap…)

Les adaptations de Noël, çà devrait être interdit par la loi. Les adaptations New Line aussi, et ce de façon générale. Sans rire. Il faut croire que cette boite s’est spécialisée dans le scénariste blond mononeuronal. Incapable de comprendre un livre le mec, sauf si c’est son missel pour aller l’office le dimanche. Et encore…

Aller, fin du suspense, comme disaient Les Nuls, « A la Croisée des Mondes » est une merde. Je suis sans doute un peu dure, mais lorsque l’on considère le matériau de départ, l’envie de s’arracher des poignées de cheveux vient et ne quitte plus pendant toute la projection.

Visiblement, le cerveau supérieur chargé de transformer le premier tome de la trilogie de Philip Pullman en film a juste pigé qu’il lisait un truc d’action. Après, pffff, ben ouais, y’a de la Poussière, on sait pas bien ce que c’est, y’a des religieux, ils sont pas sympa, du coup ou va leur donner des sales têtes, genre celle de Christopher Lee (qui ne fait pas passer et dire deux mots. Salut Chris, comment tu vas depuis le temps ? ), et pi y’a madame Coulter, la bombasse, donc se sera Nicole Kidman, ouais, c’est classe çà, Nicole Kidman (Aaah, Nicole, Nicole… Besoin de payer tes triples injections de botox quotidiennes ? Nicole ne bouge plus du tout du haut du visage. C’est glaçant…), et puis il y a des daemons, ce sont de petits animaux, ils sont mignons, et des enfants qui jouent avec leurs daemons, çà ouais, et y’a Lyra…. Et bla et bla et bla…

Le tout pêle-mêle pendant deux heures emballées par un manchot incapable de faire passer la moindre émotion. Remarquez, le manchot, dans le Grand Nord, çà fait ton sur ton…

Si l’on ne pige rien de rien à l’univers de Philip Pullman, les scènes ont la fâcheuse tendance de s’enchaîner les unes aux autres le tout grâce à des retournements de situations capillotractés. Parfois même, on nous incère une ou deux scènes inutiles, histoire de rallonger la sauce dans l’action(les galipettes de lord Asriel et Stelmaria dans la neige, on s’en fout grave, et je ne parle même pas du combat entre ours polaires qui ne sert à rien de rien, même pas à être impressionnant ou joli, c’est dire…), mais pas dans l’explication. Dommage… Mais il est vrai que l’on regarde un film pour enfant, détail qui a son importance lorsque l’on sait que le livre ne s’adapte pas plus aux mioches que « Dune » de Franck Herbert.

Les personnages déboulent donc tous de façon incongrue, (tiens un gitan, oh une sorcière), le rapport humain/daemon n’a aucune force (et constitue donc une énorme faiblesse dans le scénario, d’autant que Pantalaimon n’est ici qu’un acteur secondaire et souffre d’un traitement par-dessus la jambe très malvenu. Du coup, au moment de l’intercision, la belette, on s’en fout), les enjeux autour de la Poussière et du Magisterium sont flous quand ils ne sont pas incompréhensibles.

Deux bonnes nouvelles, Dakota Blue Richard s’en tire vraiment bien, malgré un doublage français atroce, avec un jeu tout ce qu’il faut de tête à claque et une bouille pas commune dans le paysage cinématographique. Et Eva Green est toujours bien, en toute circonstance, même en jouant à cochon pendu sur ses câbles de sorcière. De toute façon, moi Eva, j’irais la voir même dans un film de Max Pecas alors…

Note : * (vous voulez voir du divertissement bête et qui s’assume ? Retapez vous la trilogie « Pirates des Caraïbes », au moins, vous y trouverez de la poésie…)

Voilà, le film de l'année, c'est "Beowulf".

31 déc. 2007

Je (ne) suis (pas) une légende.

Des guns, des grosses voitures qui vont vite, des accessoires high-tech, un gros chien qui mort, des gonz…euh non, pas de gonzesses, mais des instruments de muscu et des monstres à buter par milliers, n’oublie pas mon petit soulier qui est une ranger. Délire…

Non, je ne suis pas en train de vous parler de « Fast and Furious vs Zombies », mais bien, et c’est incroyable, de « Je suis une Légende », prétendue adaptation azimutée et écrite, pour un paraphraser un autre, les doigts dans la prise…

Pour évacuer la question d’entrée de jeu, oui, Will Smith y est très bien. Merci pour lui, mais il ne suffit pas à sauver les meubles. Dommage, il se donne du mal tout de même.

En amont de ce film, il y a donc un livre, « Je suis une Légende » de Richard Matheson, racontant l’histoire de Robert Neville, un ouvrier de Los Angeles qui voit déferler sur sa ville et le monde une étrange épidémie qui fait se relever les morts, lesquels sont assoiffés de sang, et vulnérables à la lumière du jour. Bientôt assiégé toutes les nuits dans sa propre maison, il passe ses jours à éliminer les infectés dans leurs refuges et à étudier pour essayer de comprendre ce qui s’est produit.

Un matériau de base suffisamment riche pour voir inspiré diverses adaptations de ce roman dont « Le Survivant », avec Charleton Heston (et dans une moindre mesure « 28 jours plus tard » de Danny Boyle). Jusque là, me direz vous, tout va bien.

Sauf qu’à regarder le film, on se sent comme gêné aux entournures. Mis à part le fait que le scénario ne respecte pas plus de cinq minutes le livre (mais bon, on va dire que la mention « librement inspiré de… » aurait rendu les choses drôlement plus claires), on se sent vite dérouté par ce film jonglant avec les incohérences sans que cela ait l’air de le gêner. Bien évidemment, le héros est un militaire, il a donc tout un arsenal de trucs qui pètent dans son placard. Bien évidemment, il est aussi expert en virologie, ce qui lui permet de faire des recherches dans sa cave pour tenter de trouver un remède. C’est rudement bien pratique, me direz vous. Justement, c’est bien là le problème. Avouez que ce pauvre virus n’a pas de chance tout de même, de tomber sur un type immunisé blindé de diplômes, pile poil fait pour le détruire…

Ensuite, nos amis les infectés eux même. Ils ont résolu le problème de l’épilation définitive. C’est déjà çà. Sinon, ce sont moins des vampires que des zombies. Du coup, le film prend une sérieux air de « 28 jours plus tard » (nous y revoilà) à New York, le tout dans un emballage moins gore afin de plaire au plus grand nombre.

Enfin, la réalisation de Francis Lawrence fait penser à du Wolfgang Petersen période Hollywood : on voit que le mec a appris dans une école comment tenir une caméra. Après, il a raté les séminaires qui parlaient de cadrage et de l’importance de faire certains plans et pas d’autres pour exprimer des trucs. Genre, Robert Neville est tout le temps filmé en gros plan. Super. Pour renforcer l’idée de solitude, ces images sont nulles et non avenues. Les apparitions des vampires font sursauter certes, mais parce que moi, je sursaute pour un rien au cinéma (une portière qui claque, un vieux planqué dans un placard… (Véridique, dans « Sleepy Hollow »)).

De plus, pour tous ceux qui auraient oublié que les Etats-Unis sont une théocratie, « Je suis une Légende » se charge de vous le rappeler : prières tous azimuts, survivants guidés par Dieu (eh, Jeanne d’Arc, on t’a reconnue !)… On se croirait dans une publicité pour l’église méthodiste. Avec le martyr salvateur à la fin et tout…

La fin justement, sans la dévoiler, déglingue en beauté le titre du film en un dénouement hollywoodien archi cul-cul et prévisible qui pourrait presque faire rire si on ne pensait pas à ce qu’un type doué aurait pu faire d’un tel roman d’origine.

Note : ** pour Will Smith et son chien.

Possible critique du livre à venir (c’est lu mais çà se digère).

24 déc. 2007

La Guerre des Mondes (de Steven Spielberg, hein, pas l'autre...)

Non, je ne suis pas accidentellement tombée dans une faille temporelle me revoyant trois ans en arrière. Pas du tout. Juste que faute de grive, on mange des merles et donc, on regarde des dvd. D’où cette critique tardive d’un film tardivement vu « La Guerre des Mondes » by Spielberg.

Attention, c’est du lourd. Spielberg n’a rien du réalisateur né de la dernière pluie. Metteur en scène de génie, fin narrateur, et surtout plus dans entertainer (divertisseur, mais çà passe rudement moins bien en français) du moment, voire de tous les temps…

Sa « Guerre des Mondes » a été décriée à sa sortie, la faute à un propos que d’aucuns jugeaient trop simpliste. Comme si la complexité était gage de qualité. Peut être la réputation de Spielberg finit elle par le desservir ? Peut être attend t’on au tournant un chef d’œuvre d’introspection là où il n’y a jamais eu la moindre volonté d’en mettre ? Cela dit, lorsqu’il s’attaque justement à des thématiques plus profondes (« Intelligence Artificielle ») cela ne passe plus non plus… Aller savoir…

Bref, revenons à nos moutons tripodes, s’il vous plait (c’est fou comme vous vous dispersez vous alors…). « La Guerre des Mondes » donc, aurait sans doute moins inquiété si elle n’était pas sortie du même cerveau que « E.T. ». Le fossé entre les « Maaaaison » de l’affreux mais gentil extraterrestre et les vaporisations des envahisseurs de ce dernier film a de quoi surprendre. Ou pas.

Le Spielberg que l’on découvre ici n’est plus le petit garçon émerveillé mais l’homme qui a réalisé la « Liste de Schindler » (les allusions à la Shoah, glaçantes, parsèment « La Guerre des Mondes »), celui qui s’est réveillé dans l’Amérique de l’après 11 septembre. L’humanité semble avoir perdu ses illusions, la réalité apparaît fade et triste (les scènes d’ouvertures dans la maison du héros, les visages fatigués et mélancoliques de ses enfants, femme enceinte désacralisée par le port d’une valise, les codes de l’american way of life volent en éclats), et se retrouve vouée à l’extinction par une puissance étrangère contre laquelle elle ne peut rien. L’impuissance de l’armée et des hommes face à l’invasion et sa sauvagerie décomplexée renvoient immanquablement aux deux pôles évoqués dans « La Guerre des Mondes » à savoir le terrorisme (les extraterrestres sont infiltrés sur Terre depuis longtemps, leurs actions sont planifiées) et la Shoah (élimination industrielle, déshumanisation, recyclage des corps, les cendres…).

Le final, s’il laisse pantois de facilité (et confirme que jamais les extraterrestres ne nous envahiront, ils sont vraiment trop cons les mecs…), s’inscrit dans le désenchantement global. Pas de héros salvateurs, pas de prouesses technologiques. L’homme doit sa survie à la chance, à la plus petite des choses qui soit, mais en aucun cas à lui-même. Il apparaît alors comme voué à l’extinction prochaine, en sursis, fragile et dérisoire, peut être même indigne de sa survie.

Et Spielberg de nous servir tout cela sur un habillage impeccable, en particulier grâce à des plans de délire (le plan séquence sur l’autoroute, juste fabuleux, et cette longue scène à deux pas du sommet d’une colline où rougeoient les feux de la bataille, rien n’est montré, mais tout est dit), reposant souvent sur l’acteur principal, Tom Cruise, l’ego dans la poche (çà fait du bien) et dirigé jusque par les cheveux (merci Steven, de nous éviter Tom en roue de hamster libre). Reste à déplorer l’agaçante Dakota Fanning, le petit singe savant, dressée à faire la belle. Il faut tout de mettre reconnaître qu’entre deux mimiques de mijaurée, elle sauve les meubles. Merci la direction d’acteur, encore une fois…

Voilà donc ce que doit et devrait toujours être le divertissement : du grand spectacle emballé dans une réalisation luxueuse et dirigée par quelqu’un d’assez intelligent pour trouver de la profondeur dans les thématiques les plus simples. Histoire d’en revenir à l’humain et de le décortiquer un peu.

Note : ***

24 déc. 2007

La Guerre des Mondes (de Steven Spielberg, hein, pas l'autre...)

Non, je ne suis pas accidentellement tombée dans une faille temporelle me revoyant trois ans en arrière. Pas du tout. Juste que faute de grive, on mange des merles et donc, on regarde des dvd. D’où cette critique tardive d’un film tardivement vu « La Guerre des Mondes » by Spielberg.

Attention, c’est du lourd. Spielberg n’a rien du réalisateur né de la dernière pluie. Metteur en scène de génie, fin narrateur, et surtout plus dans entertainer (divertisseur, mais çà passe rudement moins bien en français) du moment, voire de tous les temps…

Sa « Guerre des Mondes » a été décriée à sa sortie, la faute à un propos que d’aucuns jugeaient trop simpliste. Comme si la complexité était gage de qualité. Peut être la réputation de Spielberg finit elle par le desservir ? Peut être attend t’on au tournant un chef d’œuvre d’introspection là où il n’y a jamais eu la moindre volonté d’en mettre ? Cela dit, lorsqu’il s’attaque justement à des thématiques plus profondes (« Intelligence Artificielle ») cela ne passe plus non plus… Aller savoir…

Bref, revenons à nos moutons tripodes, s’il vous plait (c’est fou comme vous vous dispersez vous alors…). « La Guerre des Mondes » donc, aurait sans doute moins inquiété si elle n’était pas sortie du même cerveau que « E.T. ». Le fossé entre les « Maaaaison » de l’affreux mais gentil extraterrestre et les vaporisations des envahisseurs de ce dernier film a de quoi surprendre. Ou pas.

Le Spielberg que l’on découvre ici n’est plus le petit garçon émerveillé mais l’homme qui a réalisé la « Liste de Schindler » (les allusions à la Shoah, glaçantes, parsèment « La Guerre des Mondes »), celui qui s’est réveillé dans l’Amérique de l’après 11 septembre. L’humanité semble avoir perdu ses illusions, la réalité apparaît fade et triste (les scènes d’ouvertures dans la maison du héros, les visages fatigués et mélancoliques de ses enfants, femme enceinte désacralisée par le port d’une valise, les codes de l’american way of life volent en éclats), et se retrouve vouée à l’extinction par une puissance étrangère contre laquelle elle ne peut rien. L’impuissance de l’armée et des hommes face à l’invasion et sa sauvagerie décomplexée renvoient immanquablement aux deux pôles évoqués dans « La Guerre des Mondes » à savoir le terrorisme (les extraterrestres sont infiltrés sur Terre depuis longtemps, leurs actions sont planifiées) et la Shoah (élimination industrielle, déshumanisation, recyclage des corps, les cendres…).

Le final, s’il laisse pantois de facilité (et confirme que jamais les extraterrestres ne nous envahiront, ils sont vraiment trop cons les mecs…), s’inscrit dans le désenchantement global. Pas de héros salvateurs, pas de prouesses technologiques. L’homme doit sa survie à la chance, à la plus petite des choses qui soit, mais en aucun cas à lui-même. Il apparaît alors comme voué à l’extinction prochaine, en sursis, fragile et dérisoire, peut être même indigne de sa survie.

Et Spielberg de nous servir tout cela sur un habillage impeccable, en particulier grâce à des plans de délire (le plan séquence sur l’autoroute, juste fabuleux, et cette longue scène à deux pas du sommet d’une colline où rougeoient les feux de la bataille, rien n’est montré, mais tout est dit), reposant souvent sur l’acteur principal, Tom Cruise, l’ego dans la poche (çà fait du bien) et dirigé jusque par les cheveux (merci Steven, de nous éviter Tom en roue de hamster libre). Reste à déplorer l’agaçante Dakota Fanning, le petit singe savant, dressée à faire la belle. Il faut tout de mettre reconnaître qu’entre deux mimiques de mijaurée, elle sauve les meubles. Merci la direction d’acteur, encore une fois…

Voilà donc ce que doit et devrait toujours être le divertissement : du grand spectacle emballé dans une réalisation luxueuse et dirigée par quelqu’un d’assez intelligent pour trouver de la profondeur dans les thématiques les plus simples. Histoire d’en revenir à l’humain et de le décortiquer un peu.

Note : ***