octobre 2007

22 oct. 2007

Ratatouille.

Sont chiants chez Pixar. Pénibles les mecs, incapables de produire un navet une fois de temps en temps. Nan c’est vrai quoi, sans blague. Dans leurs films, c’est comme dans le cochon, tout est bon.

Même si çà part d’une idée stupide, comme « Ratatouille » tenez. Je ne veux même pas savoir comment les messieurs Pixar ont fait pour sortir de leur soupière cette histoire de rat gastronome. De toute façon, l’important n’est pas là. Enfin, pas vraiment. Ce qui compte c’est que la mayonnaise prenne.

Rémi, rat des champs devenu rat des villes malgré lui, se découvre, plus qu’une passion, un talent pour la grande cuisine. Les hasards de la vie le menant à Paris, le voici qui investit les cuisines d’un grand restaurant en perte de vitesse et sympathise avec un commis de cuisine incapable de battre des blancs en neige. A eux deux, ils vont tenter de relancer l’établissement et de séduire le terrible critique gastronomique, Monsieur Ego.

A base d’un personnage évoluant dans un milieu qui n’est pas le sien, « Ratatouille » balance, sans en avoir l’air, de sacrées claques dans la figure d’un spectateur pantois et émerveillé. D’abord émerveillé parce que le niveau de l’animation dépasse tout ce que l’on avait pu voir jusqu’ici. Pantois parce que réussir à aborder finement des thématiques aussi bateau que l’amitié, le dépassement de soi et la réussite envers et contre tout, relève de l’exploit. Mais de l’exploit du genre olympique voyez vous.

Parce que Rémi est un rat et qu’on le brocarde à cause de ce qu’il est, sa place n’est pas dans une cuisine, alors même que c’est devant les fourneaux qu’il excelle. Pourtant, comme tout être vivant ayant des passions et des ambitions dans la vie, on devrait le laisser s’exprimer à la hauteur de ce qu’il est, et non de ce qu’il parait.

De même, lorsque « Ratatouille » verse dans la caricature, il le fait dans la finesse. Monsieur Ego (le bien nommé) est un critique lugubre vivant dans un bureau en forme de cercueil et écrivant sur une machine à écrire ressemblant à s’y méprendre à une crâne. Alors forcement, c’est lui le méchant de l’histoire. Lourdingue comme personnage ? Ecrit à la truelle ? D’apparence oui, mais l’ensemble étant amené avec charme et poésie, l’étouffe-chrétien passe comme une lettre à la poste.

De film en film, la qualité de Pixar ne se dément jamais. Si l’animation a fait des progrès de géant depuis « Toy Story », la richesse du contenu et la qualité d’écriture sont des constantes de cette usine à rêves intelligents.

On en reprendrait bien une part d’ailleurs….

Note : ****

J'invite le lecteur souhaitant se distraire les oreilles à passer sur le blog suivant http://roupille.free.fr/blog/index.php/, premièrement parce que vous y trouverez un petit billet sur Ratatouille, deuxièmement parce que Cherry on Ze Cake on y écoute un extrait de la bande originale, et enfin parce qu'il s'agit du blog du grand architecte de l'espace où vous zonez en ce moment. Qu'est ce que vous faites encore ici vous ?

18 oct. 2007

Epuration.

Décidément, le Service Public est formidable. Nan, je vous jure, c’est vrai, parce qu’il ose aborder des thèmes qui font maaaaaal à la France, qui souffre déjà suffisamment comme cela dans sa chair. D’où ce poignant téléfilm, ce mardi sur France 2, sur l’épuration d’après guerre, une réalisation pleine de courage et de prises de positions volontaires.

Roooh, lala, c’est bon, si on ne peut plus rigoler…

D’accord, je crache un peu dans la soupe. Moi qui milite (dans ma salle de bain) pour une représentation de l’histoire plus réaliste et moins manichéenne, je devrais me sentir brossée dans le sens du poil par un tel sujet, montrant du doigt les heures noires de la France, du temps où l’on basculait d’un excès à l’autre avec délectation.

Sauf que non, mon poil ne se sent pas, mais alors là pas du tout flatté du bon côté de la pousse, même qu’il aurait une légère tendance à se hérisser.

Résumé des évènements : Sylvaine (personnage récurent campé comme une endive par Christiana Reali) déboule dans un petit village de Corrèze (que l’on connaît si l’on a vu le premier film de la grande saga de France 2 sur Sylvaine après la guerre de 14-18 qu’était ben malheureuse de point trouver d’homme…) avec sa fille Monica et son futur beau-fils Max.

Jusqu’ici, me direz vous, tout va bien. Niiiiiiiiiiiiiiiiiiiip ! Grossière erreur ! Max est A-LLE-MAND !!! Voui m’ssieurs dames, boche, fritz, schleu et tout ce qui s’en suit ! Evidemment, allemand, mais pas n’importe comment : étudiant en philosophie, fiancé à Monica avant guerre (sinon c’est sale), fils d’un universitaire opposant au nazisme déporté, et frère, parce que c’est beau comme thématique, d’un éminent membre de la Gestapo (gasp…ach…). Ajoutez à cela que le Maxou, il est déserteur et se promène avec une balle allemande dans la jambe et vous obtenez un personnage très peu crédible mais on fera avec…

Deuxième évènement tragique (Max est tragique à lui tout seul, vous l’aurez noté), Momo et Maxou sont obligés de prendre le maquis (autant pour lui, çà se conçoit, autant pour elle, on repassera…) où ils rencontrent Sophie, une sorte de Gavroche qui a le feu où je pense et un méga coup de foudre pour le martyr d’Outre-Rhin. Comprenez que là, çà se gâte parce que Max est comme tout les allemands, il est très rigoureux. Genre la petite Sophie, il ne la regarde même pas, sauf pour lui dire des choses pas très gentilles. Et la petite Sophie, avec ses couettes qu’elles sont très mignonnes et montrent bien au téléspectateurs qu’elle est très jeune, ben elle le prend un peu mal. Pendant 5 ans, elle accumule rebuffades et vexations qui vont bien finir un jour, on le sent venir gros comme un U-Boot, par revenir dans la face du teuton.

A la base, le téléfilm ambitionnait de traiter de l’épuration dans le microcosme d’un village de la campagne profonde. Le résultat s’apparente à un reportage de Jean-Pierre Pernaut. Tout d’abord parce qu’il ne parle pas vraiment de l’épuration, la vraie. Bon, les résistants qui cachaient très bien leur jeu et qui sont passés pour des collabos, oui, bien entendu, cela a existé, c’est très connu. Les authentiques collabos aussi, on ne va pas revenir dessus. Et pourtant, ce ne sont que ceux là dont on parlait dans « Epuration », à savoir la face la moins sombre de ce qui fut, il faut tout de même le rappeler, aussi bien un grand ménage national, qu’un règlement de compte glauque à souhait.

Le téléfilm nous montre des femmes tondues ? Ce sont de courageuses résistantes injustement accusées mais qui faisaient hyper bien leur boulot. On nous parle de collaborateurs ? Ce sont de lâches et infâmes vendus plein de fiel, pétainistes, nazis, fascistes qui s’amusaient à torturer de braves patriotes.

Où sont les innocents que l’on voua à la vindicte populaire juste pour de simples querelles de voisinages ? Ah si, ils sont évoqués, mais dans des cas de dénonciations à l’occupant. Genre, çà n’a jamais existé après le départ des Allemands. Genre, l’épuration c’est pas cool, mais c’est quand même plus réglo que la guerre.

Où sont les femmes tondues pour collaboration à l’horizontale, mais pas celles qui le faisaient par devoir, non, les autres, celles qui en ont profité un peu beaucoup, ou celles qui ont commis la bête erreur de craquer pour les uniformes vert de gris (vous n’allez pas le croire, mais « La Bicyclette Bleue », sur ce sujet là, c’était du grand art en comparaison)? Et toutes celles, violées, et qui parce qu’à l’époque cela arrivait forcement à cause de la femme, se sont vues humiliées une seconde fois par une foule hystérique ?

Où sont ces résistants qui ivres de gloire et de pouvoir ont honteusement profité de leur statut de héros pour se faire une place au soleil ? Une gamine au désespoir peut elle vraiment les brocarder ?

Que dalle… Mesdames, messieurs, vous ne verrez ici qu’une épuration soft, pas toujours juste mais souvent justifiée, une épuration comme cela n’existe pas en vrai, pleine de clichés, de bons sentiments (si, y’a des gens assez doués pour en coller dans un lynchage public).

Le sujet, trop dur, trop complexe, trop vaste, ne méritait pas ce petit machin de seconde zone, qui n’atteint jamais les objectifs affichés. Dans le genre, on n’a pour l’instant pas encore fait mieux que « Black Book » de Paul Verhoeven, même s’il n’aborde pas l’ensemble du problème. Il a cependant le mérite de prendre le taureau par les cornes et de renvoyer nazis et résistants face à face, en les remettant à la place qui est la leur : êtres humains.

15 oct. 2007

Heroes.

Au même moment et partout dans le monde, des personnes que tout sépare se découvrent peu à peu des capacités hors de commun. Un employé de bureau japonais parvient à courber l’espace temps, un policier réalise qu’il peut entendre les pensées des autres, une pompom girl court vêtue occupe son temps libre à se perforer les poumons avec ses propres côtes. Pendant ce temps, à Madras, un généticien indien apprend la mort de son père aux Etats-Unis, et découvre l’objet de ses dernières recherches…

Attention, générique : musique top fashion et voix top fashion aussi made in « Le Roi Soleil ».

« Tindindin ! Les héros, ouais, ils sont super, si t’es le héros d’un autre, tindindin, c’est que t’es pas le mien vu que t’es déjà le héros d’un autre, tindindin, c’est des êtres humains quand même les héros, tindindin, même si c’est des super héros quand même, tindindiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !!!!!!! »

Fin du générique TF1, pardon aux familles de vos tympans, machin tout çà…

Voilà donc la situation de départ de cette série qui se voulait novatrice. Dans le principe, on ne peut pas donner tort aux développeurs de Heroes, qui réussissent, il faut bien le dire, un joli tour de force avec cette histoire de super héros qui n’en sont pas. Propos sombre, personnages ambigus, intrigues souvent sabordées par les failles des protagonistes… Un parti pris aussi original que risqué, qui semble malheureusement s’être heurté à l’incompréhension du public de première partie de soirée. Ni grand show hollywoodien, ni spectacle familial, Heroes reste étrangement hors norme.

On serait tenté de lorgner du côté de X-Men (en particulier dans l’épisode « Cinq ans après ») peut être même des cousins Super et Spider Man, mais finalement, aucune étiquette ne semble réellement coller.

Sans doute parce que beaucoup des héros ne se considèrent pas comme tels, voyant leurs talents comme des malédictions ou des tares pourrissant leurs vies déjà pas si facile que cela. Au cœur du questionnement de Heroes, l’identité à découvrir ou à regagner : Claire tente de retrouver ses parents biologiques pour comprendre ce qui lui arrive, Hiro ne devient un homme à part entière que dans sa quête pour sauver le monde, Nikkie ne peut être elle-même qu’en acceptant Jessica… En filigrane, les complexes rapports de filiation : Hiro a passé toute sa vie à être testé par son père, Claire redécouvre son père adoptif et rencontre son père biologique au prix d’un long cheminement, madame Petrelli tire les ficelles de ses deux marionnettes de fils, Mohinder retrouve la paix en accomplissant l’œuvre de son paternel…

Dans Heroes, le fond vaut autant que la forme, malgré de nombreux errements scénaristiques (on s’interroge encore un peu sur la nécessité de personnages de la serveuse hypermnésique et du voyage dans le temps de Hiro avec elle, sans doute davantage prétexte à faire avaler les progrès fulgurants du Japonais en anglais que pour vraiment servir l’histoire). A mi parcours, la saison 1 de Heroes a de furieux airs de saison 2 de Lost, avec une sauce allongée à l’extrême.

Compense une certaine qualité d’écriture, et un casting bétonné souffrant rarement la médiocrité (à quelques exceptions près…)

Et pourtant, malgré tout, le dernier épisode de la saison a goût de trop peu. Pas de grand affrontement, pas de suspens particulier, aucun souffle (à part celui de l’explosion, mouarf….ben quoi ? Roooh, si on ne peut plus blaguer…) et une surprise finale qui n’en est pas une (sans blague, il est pas mort Sylar ? Cà tombe bien, on ne voyait pas comme faire dans la saison 2 sans méchant…) et un traitement par-dessus la jambe du personnage pourtant clé de Nathan Petrelli qui nous sort de sa manche un sacrifice héroïque sans préparation (le côté « c’est moi que v’là » est plus que mal venu à ce moment de la série…).

Dommage après tant de belles promesses d’en finir ainsi. Cela dit, qui osera prétendre de ne vouloir connaître la suite des aventures de Hiro Nakamura et de tous les autres ? Pas moi en tout cas…

Note : ***

10 oct. 2007

Téméraire, les dragons de sa Majesté.

Au chapitre des déceptions, le pauvre Téméraire se pose là, et pourtant j’étais partie dans cette lecture avec un enthousiasme franc et sincère. …

Bon, déjà, pour faire les choses dans l’ordre, Téméraire, qu’est ce que c’est donc que cette chose là ?
Il s’agit de l’œuvre d’une certaine Naomi Novik, une petite dame bien gentille, racontant les exploits « hallucinants » d’un dragon de combat pendant l’ère napoléonienne.
Voui, vous avez bien lu. Dans cette histoire alternative, genre que maîtrisent à la perfection les pays anglo-saxons, les armées du monde entier combattent aussi bien sur mer que sur terre et dans les airs.
Dans tout ce joyeux pataquès, un capitaine de la Navy, William Laurence, capture un beau matin une frégate française transportant un œuf de dragon sur le point d’éclore. Lorsque la coquille se brise, l’équipage n’a d’autre choix que de harnacher le dragonnet, seul moyen de domestiquer durablement la bestiole. Un malheureux concours de circonstances plus tard, et voilà Laurence maître du dragon, baptisé Téméraire (un vrai nom de star…), condamné à quitter la marine pour rejoindre les aviateurs de sa Majesté.

Je parie, que, présenté comme cela, vous aussi, vous hurlez à la mort. Sur le principe, Téméraire semble vraiment génial.
Sur le papier, il a de furieux airs de Eragon pour adultes…

Aux personnages stéréotypés et manichéens, s’ajoutent un style naïf et un scénario culcul la praline comme on n’en voit rarement.
Non seulement, tous les retournements sont archi prévisibles, mais la mièvrerie de l’ensemble plonge très vite dans une profonde léthargie.

Pas grand-chose à sauver, entre Laurence bourré ras la gueule de principes, de bonté, de gentillesse, de sagesse, de pudibonderies de bonne sœur confinant au ridicule, Téméraire, forcement le plus beau, le plus intelligent, le plus rapide, le plus rare des dragons (à tel point que la révélation finale tombe comme un cheval dans la soupe (oui, j’ai bien écrit « cheval »), et les copains convenus : le grassouillet capitaine bourru mais sympatoche, la capitaine fragile et fleur bleue, gnagnagna…

Une accumulation grotesque de clichés agaçants d’autant plus que le style… Mon dieu… Certes, on doit perdre à la traduction. Mais tout de même…
Visez un peu :
« Mieux encore, une semaine après qu’ils eurent repris l’entraînement, un paquet de sir Edward Howe leur arriva par courrier. Il était malicieusement adressé à Téméraire en personne, qui fut enchanté de recevoir du courrier (oui, et en plus, c’est farci de répétitions) à son nom ; Laurence défit le paquet pour lui et trouva à l’intérieur un beau volume de contes concernant les dragons d’Orient, traduit par sir Edward lui-même, venant tout juste d’être publié.
Téméraire dicta une très jolie lettre de remerciements, auxquels Laurence joignit les siens, et les contes orientaux devinrent le point d’orgue de leurs soirées… »

Même des enfants finiraient par trouver çà neuneu…

Mais à ces défauts encore faut il rajouter les grossières ficelles qui soutiennent l’ensemble :
-les dragons parlent comme vous et moi à la naissance : normal ! Ils apprennent le langage dans leur coquille…
-les dragons peuvent voler côte à côte sans se flanquer des coups d’aile… Trop fort.
-Ils peuvent même se porter en plein vol et continuer à battre de la membrane…Génial…
-les scènes de mondanités dans la bonne société britannique sont pompées directement chez Jane Austen. Heureusement que cette chère Jane est morte…
-Laurence, officier de marine, ne sait rien de rien sur les aviateurs, au point d’ignorer que des femmes y sont capitaines. Fortiche…

En bref, cette future trilogie dragonnière fait encore une fois pâle figure, n’arrivant jamais à la cheville du Cycle de Pern de Anne Mac Caffrey, lorgnant davantage sur Eragon, ce qui, vous le savez maintenant, n’est pas une référence.
Une déception d’autant plus grande que j’en attendais beaucoup, espérant un vrai bon livre mettant des dragons en scène. Forcée de constater que la denrée est rare…
Personnellement, j’attend de voir si Peter Jackson l’adaptera finalement. Parce que cela prouvera deux choses :
-sans un support d’origine digne de ce nom, le gars n’est pas plus doué qu’un autre, et avec une telle histoire, je ne vois pas comment il pourrait ne pas se faire tirer vers le bas, qui reste son penchant naturel.
-si Téméraire l’a emballé, je comprend mieux pourquoi il n’a rien pigé au Seigneur des Anneaux. Trop compliqué… Eh, Peter, tu prendras un doliprane avec ton Retour du Roi ?

Note : * (oui, j’ai a-do-ré le débarquement français à dos de dragons....Pendant deux lignes…)

10 oct. 2007

Harry Potter et l’Ordre du Phénix.

Je le savais, je le sentais, après l’excellent numéro 4, le petit sorcier filmique ne pouvait que se ramasser. Et c’est précisément ce qui est arrivé, et en beauté en plus.

Non pas qu’il n’y ait rien à sauver dans cet Ordre du Phénix, il ne faut pas jeter l’elfe de maison et l’eau du bain, mais sincèrement, je veux la tête de l’incompétent qui a écrit le scénario demain matin au pied de mon lit. Non mais oh…

Petit résumé des épisodes précédents : après un numéro un et un numéro deux encore enfantins et mous du genou, la troisième adaptation potterienne se distinguait par une image plus sombre et torturée, annonçant les troubles à venir, mais souffrant d’un pitoyable scénario adapté. Pourtant, le quatrième su rebondir sur l’esthétique en s’offrant cette fois une belle transcription, simple, concise, efficace et centrée sur Harry, et sur la lisibilité de l’action, pour tout un chacun.

Et bien, croyez le ou non, mais L’Ordre du Phénix renoue avec les balourdises du Prisonnier d’Azkhaban. Et puisqu’on en parle, c’est justement le prisonnier en question qui fait le lien entre les deux épisodes, puisque, première boulette, les rapports entre Syrius et Harry sont effleurés de façon si anecdotique que le non lecteur doit légèrement peiner à piger comme l’étranger d’hier devient le super tonton d’aujourd’hui. L’introduction malhabile de nouveaux personnages (Tonks en tête : mais qui est ce clone de Desireless ?), de nouveaux concepts (les Aurors, évoqués comme des cheveux roses de Tonks sur la soupe…), succèdent aux embrouillaminis d’un scénario centré sur l’évènementiel davantage que sur les sentiments.

Grossière erreur lorsque le lecteur de base (attention, celui qui lit pour le livre, pas pour en faire une adaptation juteuse) peut très vite constater que L’Ordre de Phénix est un passage fondateur de la personnalité d’Harry, qui forge ici son caractère d’adulte. Cependant, cette évolution est si maladroitement évoquée qu’elle ne passe plus du tout à l’écran (encore une fois, je me mets aussi beaucoup à la place du non lecteur).

Le spectacle, toujours aussi beau et riche en rebondissements, apparaît alors comme vide. Tout juste les moues chafouines de Dolores Ombrage font elles finalement mouche, son côté facho en tailleur rose ne faisant plus flipper personne depuis belle lurette.

Je passe sur le traitement PITOYABLE de l’amourette Harry/Cho, traité par-dessus la jambe avec autant de désinvolture qu’un vieux kleenex. Injuste, et insultant, sont deux adjectifs (si, je vous jure) s’accordant donc à merveille à cette cinquième adaptation des aventures du sorcier à hublots. Tout y va trop vite, trop d’information sont apportées (le tri n’est jamais vraiment fait entre ce qui est indispensable et ce qui ne l’est pas…), et l’atmosphère et les sentiments laissés de côté.

Un dernier mot sur les méchants de l’histoire : même Raaaaaaaalf Fiennes est mauvais comme un cochon dans le rôle de Voldemort. Quant au prétendu prestigieux recrutement de Helena Bonham Carter dans l’équipe des mangemorts, il faudra repasser, tant celle-ci fait preuve de médiocrité de jeu, incarnant une Bellatrix Lestrange hystérique et mal peignée pas crédible pour deux sous.

Comme dirait Hermione, ce film a la capacité émotionnelle d’une petite cuillère… Et ce n’était pas sur celui là qu’il fallait se permettre de lésiner sur le volume…

Note : * (parce que il y a foutage de gueule manifeste.)

05 oct. 2007

Here and back again.

Ni enlevée par des terroristes tchétchènes, ni engloutie par un monstre marin, ni partie en villégiature dans la station spatiale internationale, ni devenue amnésique après une collision contre un plat de choucroute, ni émigrée en Libye, ni coincée dans une faille temporelle, me voilà donc de retour, une fois de plus, prête à reprendre du service.

Une longue absence, certes, mais on ne va pas non plus me reprocher d’avoir une vie (si ?), j’ai affronté des hordes de touristes qui ne comprenaient pas comment un bunker pouvait ne pas être mieux conçu pour accueillir des visiteurs, des sous-marins en folie (biiiiiiiip !!!!! biiipbip ! biiiiip !), des soirées pyjamas, quelques nuits blanches, un braqueur potentiel, un homme qui a inventé le mouvement perpétuel de la langue, des chaussures qui font mal au pied, Paris pendant la coupe du monde de rugby, les quolibets des amateurs de foot, et pour finir, Harry Potter himself.

Evidemment, avec tout cela, pas le temps de venir mettre à jour mes billets, déjà écrits en plus, d’autant que la rentrée fut aussi délirante que juillet et août. Entre la course au doctorat et les revirements de dernière minute, me voilà donc officiellement lancée dans la course au CAPES (Seine-Saint-Denis, cache tes enfants, j’arrive….mouhahahaha !!!!), à l’agrégation et à la thèse en même temps, ou plutôt, concernant cette dernière, à l’année prochaine, mon futur directeur étant pour 2007-2008 en surcharge d’étudiants.

Les plus perspicaces d’entre vous se doutent que les concours risquent de me prendre pas mal de temps, voire une très grosse partie de mon temps, ce qui va évidemment entraîner une cadence de billets ralentie en comparaison de la grande époque. Autre facteur de ralentissement, mon amputation récente. Difficile en effet de me déplacer jusqu’à un cinéma sans ma carte UGC. Je me suis trop habituée au luxe de ne pas payer. Et puis maintenant, il faut choisir ce que l’on veut voir, au risque de se tromper pour regretter amèrement d’avoir claquer 8euros dans un truc pareil. Et moi, je n’aime pas ne pas avoir le choix. Du coup, le cinéma, c’est de plus en rare de nos jours, ma pauvre dame.

Ce qui ne m’empêche pas de louer des dvd, qui ont ceci d’avantage que l’on peut les g…. Hmmm, je n’ai rien dit du tout. Rien du tout, du tout….

Bref, une nouvelle saison commence, trêve de longs discours, et comme on dit au Tibet, « on the road again, again !!! »